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L'hiver s'annonce rude pour les Français. Alors que 25 réacteurs nucléaires français sont actuellement à l'arrêt pour opérations de maintenance suite notamment à des problèmes graves de corrosion, les chantiers de cinq de ces réacteurs peuvent être impactés par une grève.  Selon les informations de l'agence de presse Reuters, ce mouvement de grève, serait à l'initiative de la Fédération syndicale CGT des Mines et de l'Energie (FNME). Parmi les sites de maintenance à l'arrêt : Tricastin (Vaucluse-Drôme),  Cruas (Ardèche) et Bugey (Ain) qui avait déjà fait grève les 13 et 29 septembre, et le 6 octobre, pour protester contre la faible revalorisation des salaires. Les sites de Cattenom, et de Gravelines (où avait déjà eu lieu un arrêt de travail le 6 octobre 2022) ont également voté pour une grève reconductible à partir du 13 octobre (ce préavis de grève intervient juste avant le début de l'opération de maintenance sur le réacteur quatre qui devait intervenir ce vendredi 14 octobre).

La revendication des grévistes est simple : une augmentation de salaire d'au moins 5% alors que l'inflation dépasse les 6%. Au niveau de la branche, après des mois de bras de fer, le patronat des industries électriques et gazières et les syndicats sont parvenus le 6 octobre à un accord soumis à signature jusqu'à lundi, qui prévoit notamment une augmentation de 3,6 % du salaire national de base sur 2022 et 2023, dont 2,3 % au titre de 2023. " Il n'y a « pas de tendance qui se dégage pour l'instant » de la consultation de la base par les syndicats pour savoir si cet accord sera ratifié a conclu Fabrice Coudour le secrétaire fédéral de la CGT-FNME.

« Le contexte favorise la convergence des luttes », pointe Virginie Neumayer, responsable CGT chez EDF. Ces grèves ne sont pas à la seule initiative du syndicat contestataire. En Moselle, FO a également appelé à la grève et dans la centrale du Tricastin, c'est l'ensemble des syndicats d'EDF qui sont à l'initiative du mouvement.

Pour Réseau de Transport d'Électricité (RTE), les coupures d'électricité qui pourraient survenir cet hiver sont les conséquences d'une addition de plusieurs facteurs : "dont le rythme de redémarrage des réacteurs nucléaires français." à l'arrêt pour des opérations de maintenance ou suite à des problèmes de corrosion. La mise à l'arrêt des travaux complique fortement la production d'électricité prévue cet hiver.

Franck Redondo secrétaire F.O. du CSE, annonce que " cette grève pourrait fortement impacter la production d'électricité de cet hiver en région Hauts-de-France" et ailleurs.  Pour Fabrice Coudour  la grève se fait dans l'intérêt des Français. "L'idée n'est pas de se mettre l'opinion publique à dos, au contraire, nous agissons dans l'intérêt des ménages. Car sans salaires décents, sans la préservation des régimes spéciaux des agents de l'énergie, le métier n'attire pas, et la réalité, c'est que nous manquons de bras. Sans un nombre de travailleurs suffisant, on ne peut pas travailler correctement pour faire en sorte que l'hiver se passe bien."

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du côté de la presse:
https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/une-gr-c3-a8ve-perturbe-la-maintenance-de-cinq-r-c3-a9acteurs-nucl-c3-a9aires/ar-AA12STnU
https://www.midilibre.fr/2022/10/12/la-maintenance-de-5-reacteurs-affectee-en-soutien-aux-grevistes-des-raffineries-la-cgt-etend-la-greve-au-nucleaire-10730951.php
https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/nucleaire-la-greve-se-prolonge-chez-edf-et-accroit-les-risques-pour-cet-hiver-1868337