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2022-02-25 11_23_36-Radiological maps in Ukraine online_ radiation monitoring - SaveEcoBot.pngLe chantage à l'utilisation de l'arme nucléaire par la Russie, la prise de contrôle des centrales nucléaires ukrainiennes de technologie soviétique par l'armée russe, sa prise de contrôle du site atomique de Tchernobyl (actuellement, plus de 20 000 m3 de déchets solides et liquides sont entreposés sur le site)* où depuis 1996 perdurent des traces mortelles de radioactivité et où la réaction atomique n'est pas totalement sous contrôle alors que tout autour des zones entières continuent d'être toxiques y compris dans la région de Kiev ainsi que là où ont lieu les négociations entre Ukraine et Russie : nous montrent à quel point le nucléaire militarocivil menace les peuples et les territoires, la vie, l'environnement.

Les risques et menaces du nucléaire

Cette guerre alerte sur les risques et menaces du nucléaire civil et militaire. Les armes nucléaires d'aujourd'hui même si elles peuvent cibler des objectifs « localisés » entraînent inéluctablement la mort, la désolation et l'hiver nucléaire. Les 16 réacteurs atomiques ukrainiens des centrales nucléaires de Zaporizhzhia, Rivne, Khmelnytsky et Ukraine du Sud menacent au quotidien par leurs rejets radioactifs permanents la santé et la vie du peuple ukrainien, contaminent le bassin aquatique du Dnipro, tout comme les piscines et stockages de déchets nucléaires. En 2017, 2204 tonnes de "combustible" usé mortels étaient entreposées sur le site - 855 tonnes à l'intérieur des piscines et 1349 tonnes en stockage à l'air libre.

2022-03-01_Ukraine_carte_sites-nucleaires_2.jpgDe plus, l'eau de refroidissement des réacteurs de Zaporizhzhia est pompée dans ce bassin aquatique et cinq autres réservoirs sont situés en amont de la centrale nucléaire qui dépend entièrement d'eux. Toute rupture de ces barrages pourrait avoir un effet négatif sur l'approvisionnement en eau de refroidissement des réacteurs, risquant de provoquer de très graves conséquences. Les réacteurs nucléaires de Zaporizhzhia ont été conçus et construits entre les années 1970 et 1990. Ils sont à bout de souffle et ont connu de multiples problèmes de sécurité ces dernières décennies. Tout comme ceux du Tricastin et de Cruas en France. Et les générateurs diesel d'urgence de secours АС-5600 ne sont pas sûr de fonctionner en cas de besoin, tout comme ceux de France.

La tentation permanente de domination du monde par les USA et l'OTAN face au nationalisme expansionniste de la Russie

Depuis l'indépendance de l'Ukraine en 1991 suite à la disparition de l'URSS, le pays est en proie à des affrontements entre mouvement pro-européen/OTAN et mouvement pro-russe. Présidents et gouvernements de l'un et de l'autre bord alternent sans fin sur fond d'influences étrangères (le gouvernement américain a financé à hauteur de 5 milliards de dollars depuis 1991 des projets de développement économique, le libéralisme, la démocratie et le rapprochement avec l'Union Européenne tandis que la Russie manœuvre pour garder dans sa sphère d'influence le pays ).

La contradiction au plan de la législation internationale entre respect de la souveraineté des pays et droits des peuples à disposer d'eux-mêmes explose en 2014 d'une part avec le soulèvement (révolution ou coup d'Etat?) de la place Maïdan qui conduit à la destitution du Président en place et d'autre part  avec la proclamation d'autonomie-indépendance par la population russophone de la région du Donbass située à l'Est du pays (1). Comme ce fut le cas en Yougoslavie de 1991 à 2001 où l'occident conduit par les USA intervenant militairement sous pavillon de l'OTAN – reniant ses propres statuts - reconnu l'auto-proclamation d'indépendance des Albanais du Kosovo,  Bosniaques, Macédoniens, Slovènes, Croates. Plus de 150 000 morts à la clef et une pollution-contamination terrible des sols et de l'air par les armes à l'uranium, le démantèlement du pays.

L'affrontement militaire entre l'armée ukrainienne et les russophones du Donbass soutenue par la Russie a pour conséquences, là encore : des milliers de blessés et morts, des milliers d'exilés, des bombardements contre les populations par l'armée ukrainienne, la destruction de lieux de vie et d'habitations, l'inondation de nombreuses mines de charbon empoisonnant l'eau potable et le sol, la pollution grave de l'atmosphère par les armes lourdes, puis utilisation d'armes à sous-munition interdites pourtant depuis 2010 par une convention internationale.

Comme toujours la guerre ne profite qu'aux puissants, aux marchands d'armes et aux capitalistes-oligarques et nationalistes de tous bords. Le nationalisme exacerbe les tensions au détriment de solutions négociées respectueuses des intérêts des peuples. L'impérialisme et les rêves de puissance politico-économique dominatrice déstabilisent et meurtrissent la Terre et le vivant. Que ce soit de la part de la Russie ou des USA pilotant l'OTAN et les pays membres qui, malgré leur engagement, n'ont ni désarmé ni respecté la non-expansion de l'OTAN vers l'Est au-delà des frontières allemandes. (2)

Une planète, un peuple, une diversité : solidarité

Cette guerre asymétrique en tant qu'Etats, du petit au grand, est une guerre qui montre que si les frontières sont la résultante historique de conflits antérieurs et de constructions arbitraires idéologiques et culturelles qui peuvent être à tout instant remises en cause : c'est toujours dans un rapport de force toujours préjudiciable aux peuples. Les peuples n'ont jamais rien à gagner d'un affrontement guerrier. On croit mourir pour un pays, on meurt pour un drapeau et les industriels de l'armement.

2022-03-06_langues-regionales-d-ukraine_avant-2020.pngSi Poutine nie l'existence historique, culturelle, linguistique de l'Ukraine : ce n'est pas l'avis d'une grande part de la population d'Ukraine qui, depuis son indépendance tente de se constituer en peuple et culture. Y compris au travers d'organisations nationalistes violentes extrémistes que nul ne peut soutenir.

La suppression à l'initiative du pouvoir ukrainien en mars 2020 de l'enseignement de la langue russe comme langue régionale officielle d'Ukraine utilisée par près d'un tiers de la population telle que votée en 2012 par le parlement à l'initiative du « parti des régions » (ainsi que des autres langues régionales utilisées chacune par au moins 10% de la population tel le sourjyk (30%), le ruthène (20%), le roumain, le hongrois, …) a représenté une volonté « d'ukrainiser » toute la société à marche forcée. L'interdiction de l’enseignement en russe dans les écoles dès septembre 2021 décidée par le gouvernement du Président Zelinsky a représenté pour une grande partie de la population d'Ukraine une mesure vexatoire, une atteinte à sa diversité culturelle. 121 écoles et plus de 45 collèges/lycées ont été contraints de fermer leurs portes. Ne nous faisons pas d'illusion sur le personnage Zelinsky, multi-propriétaire à sociétés offshore lié aux oligarques ukrainiens, présenté par les pouvoirs occidentaux et les médias oligarchiques de l'Ouest comme un héros. Ce personnage qui soutien un mega-projet touristique titanesque destructeur de 14 000 hectares de forêts en Transcarpathie et contre lequel les écologistes luttent ardemment. Rappelons que Zélinsky n'est pas l'Ukraine loin s'en faut (le dernier sondage indiquait que seuls 21% de la population le soutenait).

Un peuple constitué de multiples filiations culturelles et linguistique

Le peuple ukrainien existe dans ses multiples filiations culturelles et linguistiques (notamment russe, ruthène et ukrainienne). Le mouvement armé de résistance à l'invasion reprend-il aujourd'hui les traditions de lutte, de résistance et d'auto-organisation dont l'armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne - la Makhnovchtchina - avait développé contre les Allemands, les Russes blancs tsaristes puis contre la trahison des bolcheviks ou bien au contraire se laissera-t-il glisser sur la pente d'un nationalisme mâtiné de pro-européanisme: nul ne peut le dire aujourd'hui. Raison de plus de soutenir les forces ukrainiennes qui se réclament de l'émancipation. Ce soutien aux ukrainien-nes n'est ni celui du pro-nucléaire Macron (et des autres chefs de file-candidats pro-nucléaires de tous bords), ni celui de l'Otan. C'est celui des peuples solidaires qui résistent à la barbarie, aux menaces et chantages, aux manipulations, aux propagandes.

Notre soutien doit aussi aller à ceux et celles qui, en Russie, rejettent la politique de Poutine parce qu'ils et elles se battent pour la paix, la solidarité entre les peuples, contre le nationalisme et l'extrême droite. De grandes manifestations se sont déroulées dans des dizaines de villes de Russie. Plus de 6500 arrestations ont eu lieu. Le mouvement féministe se mobilise tout comme la jeunesse, les artistes, les journalistes ou les intellectuels.  Un mouvement anti-guerre est en train de naître dans ce pays qu'il nous faut soutenir notamment en accueillant les déserteurs de l'armée russe à bras ouvert. Ceux et celles qui se battent contre Poutine avec courage et détermination sont nos frères et sœurs.

La fin de l'invasion et de la guerre en Ukraine ne peut être garantie que si la sécurité de la Russie est elle-même garantie.

Une guerre dont sont victimes et seront victimes tous les peuples

Cette guerre se mène aussi entre les États capitalistes dont le principal objectif est l'accroissement des profits pour quelques-uns au détriment du bien de tous, la domination du monde. Elle aura des conséquences en France, notamment sur les classes populaires. Les sanctions économiques prises contre la Russie si elles sont justifiées aux yeux des nantis et politiciens occidentaux se répercuteront principalement sur la population et le peuple russe. Elles entraîneront aussi dans nos pays une hausse des prix des produits de premières nécessités, du gaz, du pétrole et encore un peu plus de l'électricité déjà asservit par la nucléocratie française.

Ce n'est pas aux citoyen-nes de payer leur crise, c'est aux grands distributeurs et au CAC40, à Engie et Total, aux nucléaristes EDF et Areva-Orano qui ont reçu depuis des années des centaines de millions d'euros pris dans les poches des contribuables pour les sauver de la faillite au détriment du bien commun et des services publics (de santé, éducation, culture, social,...). Cette crise ne rend que plus urgent la nécessité pour la population et les salarié-es de ces entreprises d'en prendre le contrôle social et de réorienter leurs finalités et processus décisionnels.

Négociations internationales de paix et arrêt du nucléaire

La reprise des négociations - actuellement au point mort - sur la maîtrise des armements et le désarmement nucléaire est un objectif que les peuples doivent exiger de leurs gouvernements respectifs en parallèle à la solidarité avec les peuples ukrainien et russe qui subissent la violence.  Soutenons l'organisation d'une Conférence Internationale de sécurité européenne sur la base de la Charte de Paris pour une nouvelle Europe signée en 1990 par 34 chefs d''États et la Charte de sécurité européenne de l'OSCE signée en 1999 ainsi que la réouverture dès que possible des négociations OTAN- Russie qui consacre l'engagement à assurer une sécurité égale et à ne pas rechercher la sécurité au détriment de celle de l'autre.

Manifestation du samedi 30 novembre 2019  Centrale Nucléaire de Cruas-MeysseIl s'agit encore et toujours d'agir pour l'arrêt de tout déploiement de forces nucléaires en Europe et dans le monde - quelles que soient les raisons invoquées - et d'exiger le démantèlement des bases nucléaires en Biélorussie et en Russie ainsi que celles installées par l'OTAN en Pologne et en Roumanie tout comme celles déployées dans les autres pays européens et en France. Sur 27 pays membres de l'Union Européenne 21 sont aussi membres de l'OTAN, ce qui montre les limites d'une soit disante autonomie de l'Union Européenne et d'une hypothétique future défense commune, plus facteur de guerre que de paix.

Pour que la diplomatie l'emporte sur la guerre, les peuples doivent conquérir leur autonomie décisionnelle et sortir de la délégation de pouvoir à quelques sachants et experts, agir pour leur propre sécurité par l'arrêt immédiat du nucléaire et la mise en pré-démantèlement et sécurisation passive des réacteurs nucléaires existants, notamment en France.

Soutien total à la résistance des peuples, Non à l'impérialiste et au nationalisme, Non aux fauteurs de guerre, Paix pour tous-tes, Désarmement-démilitarisation-dénucléarisation général, Ni Poutine ni Otan, Indépendance et non-alignement de la France.

J.R

*  les installations nucléaires de la zone d'exclusion de Tchernobyl comprennent les installations nucléaires suivantes : - une centrale nucléaire, avec une tranche (numéro 4) endommagée en 1986, placée dans un sarcophage/structure de confinement et trois tranches (numéros 1 à 3) en cours de démantèlement qui ne contiennent plus de produits de fission atomique (combustible nucléaire) ; - une installation humide d'entreposage du combustible nucléaire usé (ISF-1) contenant plus de 20000 assemblages ; - une installation d'entreposage à sec du combustible nucléaire usé (ISF-2) contenant environ 2 000 assemblages ; - diverses installations de gestion des déchets, y compris les stockages et les installations de stockage en surface situés sur différents sites de la zone d'exclusion.
Entre le 26 avril 1986 (jour de l'accident de Tchernobyl) et la mi-mai 1986, le panache radioactif en provenance de la centrale de Tchernobyl (2300 kilomètres de Paris) a disséminé des éléments radioactifs tels que l'iode 131, le césium 134 et le césium 137 sur la plupart des pays d'Europe. Le césium 137 est encore présent dans certains sols de l'Est de la France plus de 30 ans après l'accident. Au sein des masses d'air contaminées, les radionucléides non gazeux ont été transportés sous forme de particules, appelés aérosols. Au fil du temps, ils ont fini par retomber au sol sous forme de dépôt. L'Ukraine, la Biélorussie et la Russie ont été les pays les plus affectés : ils ont reçu environ 60% de la radioactivité totale rejetée. En France, les dépôts ont été les plus importants dans les départements du nord-est, de Franche-Comté, du sud des Alpes et de la Corse, selon les analyses de l'IRSN.

(1) le Dombass dont les mineurs furent les premiers à se rendre nombreux sur le site nucléaire en perdition de Tchernobyl en 1996 et dont des milliers ne revinrent pas ou moururent dans les années suivantes

(2) 2021-12-20_AG-ONU_votes-lutte-contre-nazification.jpgLe 16 décembre 2020, lors de l'Assemblée générale des Nations unies (46ème session pleinière), une résolution de l'ONU vise à "combattre la glorification du nazisme, du néonazisme et d'autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée" : 130 votes pour, 2 contre, et 49 abstentions. Les deux seuls pays qui ont voté contre sont les États-Unis et l'Ukraine. Et tous les membres de l'OTAN, s'ils n'ont pas voté contre, se sont abstenus telle la France. Une prise de position étonnante, qui semblait déjà incohérente avec le discours anti-nazi tenu par les gouvernements occidentaux. Rétrospectivement, au vu du conflit russo-ukrainien qui a explosé fin février dernier, ces votes apparaissent encore plus... éloquents. Notons que les pays qui soutiennent le pouvoir ukrainien dans ce conflit armé sont aussi les membres de l'OTAN ( https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/N20/367/68/PDF/N2036768.pdf?OpenElement  et https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/N20/373/68/PDF/N2037368.pdf?OpenElement ).
les États-Unis étant également sous le feu de  critiques du fait de la présence de nombreux laboratoires (de guerre) biologiques américains en Ukraine.

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---> A quelques jours de la date anniversaire de la triple catastrophe nucléaire de Fukushilma-Daïchi du 11 mars 2011 la CAN-SE appelle tous ceux et toutes celles qui refusent l'engrenage de la violence et du nucléaire à se rassembler le vendredi 11 mars 2022 pour anniversaire de la triple catastrophe nucléaire de Fukushilma-Daïchi du 11 mars 2011 le CAN84 et la CAN-SE appellent tous ceux et toutes celles qui refusent l'engrenage de la violence et du nucléaire à se rassembler le  vendredi 11 mars 2022 à Avignon à 18h30 devant l'hôtel de ville. pour manifester notre solidarité avec les populations victimes des radiations atomiques,. exiger l'abandon immédiat et définitif du nucléaire civil et militaire, . refuser l'implantation de nouveaux réacteurs EPR au Tricastin ou ailleurs, . refuser le chantage nucléaire des puissances impériales, . exiger la dénucléarisation de l'Europe

(lors des choix électoraux prochains: pas une voix pour les candidats pro-nucléaires)