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Alors que les libéraux belges francophones du MR, un des sept partis de la coalition formée par les socialistes, les écologistes et les libéraux tentaient de freiner la sortie du nucléaire en Belgique arguant que la transition par le gaz conduirait à augmenter les émissions de CO2 et qu'il fallait poursuivre dans la voie nucléariste avec de plus petits réacteurs type SMR (small modulable reactor) le cap arrêt du nucléaire est maintenu pour l'horizon 2025.

Toutefois décidé en 2003 Doel 1 et 2 devaient s'arrêter dès 2015 mais suite à une manipulation politicienne le parlement belge, sans consultation publique ni étude d'impact environnemental comme l'obligent normalement les conventions internationales d'Espoo et d'Aarhus dans les contextes transfrontaliers, avait reculé de dix ans l'échéance.

2021-10-25_Belgique_fermeture-horizon-2025.jpgLes deux centrales nucléaires de Belgique qui regroupent sept réacteurs atomiques construits au cours des années 70 fermeront donc définitivement si de nouvelles manipulations des nucléaristes ne viennent pas, encore une fois, prolonger le crime. Ces centrales sont obsolètes et périmées tout comme celles, en France, construites dans les mêmes années : Tricastin (Drôme-Vaucluse), Cruas (Ardèche), Bugey (Ain), Saint-Alban (Isère) et aussi Saint-Laurent-les-Eaux (Loir et Cher), Gravelines (Nord), Dampierre (Loiret), Blayais (Gironde).

Avec quatre réacteurs nucléaires, Doel dans le nord du pays et Tihange, dans l’Est, avec trois réacteurs n'impactent pas négativement que la Belgique (1). L'Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg voisins se sentent menacés et atteints par l'activité nucléaire belge qui produit 40% de l'électricité du pays. La France est totalement impliquée en Belgique puisque EDF possède 50 % de Tihange 1, et Engie (ex-GDF Suez) tout le reste, via sa filiale belge Electrabel qu’elle détient à 100 %.

Engie et EDF : deux stratégies, l'une d'avenir, l'autre d'enfermement fanatique

Engie s'inscrit déjà dans ces arrêts et développe les énergies renouvelables (2) tandis que EDf fait des pieds et des mains pour se soustraire à la loi. Mais une étude de la Commission belge de régulation de l'électricité et du gaz (CREG) menée pendant l'hiver 2014-2015 avait montré que l'approvisionnement électrique du pays n'était pas menacé par l'arrêt de ces deux réacteurs (3).

Pour Christophe Schoune, secrétaire général d'IEW (Inter-Environnement Wallonie) l'attitude de EDF révèle la volonté du nucléariste : "c'est tout le blocage de la transition énergétique qu'on voit ici. L'argent qui pourrait être investi pour la sécurisation et la mise aux normes de ces centrales n'ira, bien sûr, pas dans le développement des énergies renouvelables. Sans parler de la question du risque et de la sécurité nucléaire.» Peut-être par ce qu'aussi le véritable coût du démantèlement minoré par EDF explosera au grand jour montrant que l'électricité nucléaire coûte cher, très cher; et qu'aucune entreprise nucléaire au monde, EDF compris, ne sait mener un démantèlement de site nucléaire.  La ministre de l'Energie belge, Tinne Van der Straeten, précise que le démantèlement des réacteurs belges serait « l'un des chantiers les plus longs, les plus chers et les plus délicats », chiffré à environ 14 milliards d'euros.

Belges (ou françaises) ces poubelles de destruction atomique ont toutes connu de nombreux incidents et accidents. Deux réacteurs de Doel (Doel 1 et 2) ont atteint leur limite d'âge tandis que deux autres ont dû être arrêtés pendant près de deux ans (Doel 3 et Tihange 2) du fait de milliers de fissures dans la paroi de leurs cuves découvertes en 2012. La dernière décennie a vue les problèmes de sécurité s'accentuer (fuite d'eau dans un générateur, problème d'alternateur, incendie, pannes…) et menacer encore plus les populations riveraines, les territoires alentours et les pays voisins. Multipliant les atteintes à la santé et à l'environnement par leurs rejets quotidiens de radioactivité et les fuites à répétition.

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(1) Doel est situé à quelques kilomètres de la frontière néerlandaise. Tihange, à 40 km de la ville néerlandaise de Maastricht et à 60 kilomètres de Aix-la-Chapelle en Allemagne. Ces deux agglomérations ont déposé une plainte devant le Conseil d’Etat belge, et une autre devant une juridiction bruxelloise pour demander l’arrêt de Tihange. Tout comme l'a également fait l’association Nucléaire Stop, ainsi qu’un groupe de citoyens belges. En décembre 2015, la ministre allemande de l'Environnement, Barbara Hendricks, avait qualifié de «rafistolage» la gestion d'Electrabel. Début janvier 2016, le ministre de l'Environnement du Land allemand de Rhénanie-du-Nord-Westphalie parlait lui du réacteur de Tihange 2 comme «tombant en ruine», estimant que le gouvernement belge jouait à «la roulette russe».
(2) https://www.levif.be/actualite/belgique/prolonger-les-centrales-nucleaires-est-impossible-selon-engie/article-news-1500493.html?cookie_check=1640626142 et https://www.lalibre.be/economie/entreprises-startup/2021/12/08/jean-pierre-clamadieu-president-du-ca-dengie-signe-la-fin-du-nucleaire-en-belgique-dans-une-lettre-au-premier-ministre-2SVUWKE5RRBSLKY3HEFDKN3GGI/
(3) http://www.creg.info/pdf/Etudes/F1454FR.pdf