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(extrait) . rapport complet en anglais ici

Pour être considérée comme “durable” dans la taxonomie, une activité doit contribuer de manière significative à au moins un des six objectifs environnementaux fixés, sans nuire de manière significative à aucun autre objectif (principe de “ne pas nuire de manière significative” ou DNSH).

CIRES_interieur-Alveole_stockage-dechet-radioactif_vrac.jpgL’énergie nucléaire fait peser des menaces importantes sur divers objectifs environnementaux (notamment regardant l’utilisation de l’eau, la prévention de la pollution et la santé des écosystèmes). Outre les risques d’incident, la question du stockage des déchets nucléaires est un obstacle majeur à l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie. En outre, d’autres sources d’énergie “faiblement carbonée” sont facilement disponibles, plus rapides à déployer et moins chères.

Le lobbying au bulldozer

Des centaines de personnes ont été employées par les entreprises et groupes industriels liés au nucléaire pour faire pression sur l’UE. Ensemble, ces acteurs du nucléaire et du gaz, ont dépensé jusqu’à 78 millions d’euros par an, avec des contributions importantes de majors pétrolières comme Shell, BP Exxon et TotalEnergies et EDF.

La stratégie nucléaire : États, experts et organisations bidons “de la société civile”

Le secteur nucléaire est composé de beaucoup moins d’entreprises et d’organisations que le secteur gazier. Son opération de lobbying c'est :
. 7,9 millions d’euros par an,
. 119 personnes appointées et 27 organisations actives.

La fréquence des réunions entre les commissaires européens et les lobbyistes du nucléaire a considérablement augmenté, passant de 1,2 à 2,59 réunions par mois.

Le secteur a largement bénéficié du soutien d’États, et notamment de la France, pays dépendant du nucléaire, plaidant avec véhémence pour son inclusion. Alors qu’elle faisait équipe avec des pays de l’Est notoirement favorables au gaz pour promouvoir l’inclusion du nucléaire, la France a sensiblement adouci sa position sur l’inclusion du gaz.

Tricastin_reacteur_fissure.jpgL’entreprise publique française EDF a été le plus grand lobbyiste nucléaire individuel. Le rapport souligne également le rôle joué par des groupes “astroturfés”, créés pour imiter des groupes de la société civile, ainsi que par l’expertise et l’influence de l’industrie nucléaire qui s’étendent jusqu’au Centre Commun de Recherche (CCR) de la Commission européenne.

Le destin du nucléaire est maintenant entre les mains de la Commission européenne et devrait être décidé dans une prochaine série d’actes délégués.

Contre la prédation des industriels du nucléaire et du gaz, bannir leurs lobbyistes des institutions européennes

Reclaim Finance souligne que la taxonomie a été initialement pensée comme une liste basée sur la science, mais que les pressions économiques et politiques ont poussé la Commission à édulcorer celle-ci. Elle avertit que l’inclusion du gaz et du nucléaire à la taxonomie de l’UE la viderait de toute la crédibilité qui lui reste.

L’ONG appelle la Commission, le Parlement Européen et les États membres à exclure le gaz et l’énergie nucléaire. Alors que l’UE définit son agenda environnemental pour les décennies à venir, elle plaide également pour que les lobbyistes des énergies fossiles soient bannis des institutions européennes.

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source: https://reclaimfinance.org/site/2021/07/22/la-science-abandonnee-comment-les-lobbies-du-gaz-et-du-nucleaire-gagnent-la-bataille-de-la-taxonomie/

le blog : https://twitter.com/ReclaimFinance/status/1418130623269646339