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Gilles Reynaud, salarié d’Orano (ex-Areva en faillite)  et président de l’association Ma Zone Contrôlée, défend les conditions de travail des sous-traitant-es du nucléaire. En 2018, le 17 mai, Gilles est auditionné sous-serment à l’Assemblée Nationale par la Commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires. L’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958 relatif au fonctionnement des assemblées parlementaires impose aux personnes auditionnées de déposer sous serment. Elles doivent jurer de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Cette audition est publique, très largement diffusée au grand public. On trouve le compte-rendu en ligne sur le site de l’assemblée nationale.

Le mois d’après, convoqué en entretien préalable pouvant aller jusqu’au licenciement, la sanction disciplinaire tombe : il est mis à pied par Orano. l lui est reproché ses engagements associatifs, politiques* et syndicaux jugés « déloyaux ». La filière nucléaire en pleine tourmente et chaos financier et technologique mène une guerre acharnée contre la transparence.

L'Omerta maffieuse nucléariste originelle

areva-vampire.jpgLe patronat d'Orano-Areva qui piste les activités et engagements du salarié lui reproche pêle-mêle d'être en fait un citoyen à part entière. La litanie des dominants est éloquente :
. le blog associatif « Ma Zone Contrôlée » a osé publié une photo du générateur de vapeur  - une pièce de 465 Tonnes et 22 mètres de long - tombé sur la dalle de protection du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Paluel (Normandie). Comme d'autres médias et sites internet l'on fait.
. Gilles Reynaud ose soutenir un salarié licencié suite à une inaptitude médicale créée par un cancer développé après des expositions à radiations (Cette affaire judiciaire est toujours en cours depuis quelques années et n’est toujours pas tranchée définitivement).
. Il lui est reproché d’avoir rendu public un rapport sur la fusion programmée des sociétés devant former à terme l'entité "Orano Démantèlement & Services" une nouvelle filiale d’Orano. Gilles Reynaud faisait le lien entre conditions de travail et sûreté nucléaire.
. Le syndicaliste utilise le terme de « nucléaire low-cost » pour décrier la sous-traitance décidée, mise en place et organisée par les entreprises nucléaristes. Orano le lui reproche, les salariés doivent s’estimer heureux de leur sort. Le terme « abuser de la liberté d’expression » est même lâché. Le lobby nucléaire n'aime pas la transparence.

Or qui sait que 80% des activités de maintenance dans le nucléaire sont réalisées des sous-traitant-es ? Que pourtant, les conditions de travail sont très déséquilibrées entre les employés statutaires et ceux de la sous-traitance ? Gilles Reynaud, parcours la France pour éclairer la population sur cette situation vécue par les premiers de corvée des  travailleurs du nucléaire et notamment la pénibilité des conditions de travail des sous-traité-es. Il participe aussi à des actions antinucléaires. Dès qu’il le peut, il fait sauter le verrou et en parle avec sincérité et engagement, ce qui n’est pas du goût d’Orano qui s’en tient à des communications lisses, maîtrisées. C’est bien cette démarche qui est au cœur de cette sanction disciplinaire.

Taisez-vous !

Areva-Tricastin-fuite-uranium_30kg.jpgCette attaque patronale,  au-delà du cas particulier, illustre que pour les entreprises nucléaristes - organisées sur le modèle militaire originel - la transparence est synonyme de « déloyauté ». La sanction infligée par Orano se veux un message adressé à tous les salariés du secteur qui seraient tentés de rompre le silence et le secret cultivé entre les murs de l’industrie du nucléaire. Engagés, lanceurs d’alerte ou simple syndiqué. Mais la loi n’a pas prévu d’interdire et sanctionner les intimidations et les sanctions contre des salariés auditionnés par une commission d’enquête.

Gilles a contesté la sanction d’Orano devant le Conseil de Prud’hommes de Nanterre. L’audience est programmée ce mercredi 17 mars 2021 à 13h30 après un rassemblement à 12h et conférence de presse à 12h30. Des organisations syndicales, des associations et organisations politiques apportent leur soutien à Gilles Reynaud. La Coordination antinucléaire de sud-est également. (communiqué commun de soutien à Gilles Reynaud : http://www.sudenergie.org/site/2021/03/communique-commun-de-soutien-a-gilles-reynaud/  ). Une pétition de soutien est aussi ouverte à signature (1)

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* Gilles a été candidat suppléant Insoumis aux législatives de 2017
(1) https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/soutienyagillesreynaud-4589.html