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D'ici quelques mois, selon le journal patronal "Les Echos" (1), la bombe à retardement du nucléaire risque d'exploser pour des raisons financières et fiscales. Il s'agit d'un tour de passe-passe comptable lié au démantèlement des centrales atomiques et des 58 réacteurs nucléaires tricolores. Précisément du coût des déchets nucléaires au coeur des réacteurs lors de leur arrêt définitif. Car tout à une valeur marchande et un coût, même la merde.

Les produits de fission atomique (combustible) restant dans le coeur du réacteur ne sont évidemment pas réutilisables, quoiqu'en disent régulièrement les fameux experts d'Areva-Orano lorsqu'ils affirment que 99% des déchets sont recyclables alors que seuls 1% sont effectivement recyclés en Mox encore plus dangereux que le "simple" uranium.

EDF inclus donc dans ses charges liées au démantèlement ce coût de dernier "coeur" mais, subterfuge, il les a étalé sur la totalité de la durée de vie du réacteur, ce qui lui permet chaque année de bénéficier d'une réduction de son impôt sur les sociétés. Et plus le nucléariste fera durer ses réacteurs (en multipliant les atteintes sanitaires et les risques) plus il profitera de l'argent public.

L'administration fiscale conteste logiquement cette méthode comptable préjudiciable au bien commun. Et comme le Conseil d'Etat a donné tort à EDF, le nucléariste a du provisionner 520 millions d'euros dans ses comptes 2020.

Un litige entre EDF et l'administration fiscale qui, devenu contentieux, menace d'exploser d'un jour à l'autre. Vers un redressement fiscale d'EDf comme une vulgaire boîte privée du CAC40 tentant de faire sécession du reste de la nation en détournant la loi et la règlementation à son unique profit ?

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(1) https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/pourquoi-le-fisc-reclame-plus-de-500-millions-deuros-dimpots-a-edf-1291999