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Place de l'Horloge déserte à Avignon ce mercredi 11 mars 2020. Pour cause de coronavirus les gens se terrent chez eux. Préfiguration glaçante de la catastrophe nucléaire à venir dans la région à deux pas du site atomique du Tricastin.

Depuis le 11 mars 2011 et la catastrophe atomique de Fukushima qui se poursuit, le Japon est toujours sous l'Etat d'Urgence. La vie "démocratique" est suspendue mais tout est fait pour que le business continue alors que la radioactivité n'est toujours pas confinée.

Pendant presque deux ans entre mai 2012 et août 2015, dès la catastrophe de Fukushima-Daïchi,  les 54 réacteurs nucléaires répartis dans 19 centrales atomiques ont été totalement arrêtés. Pendant cette période, le Japon a réduit sa surconsommation électrique et utilisé des centrales au charbon et au fuel, l'augmentation de consommation de charbon n'ayant pas dépassé 10 % et celle du gaz naturel +9%.  L'augmentation de la production solaire a fait un bond considérable : 45 milliards Khw qui dépasserait à présent celle de l'électronucléaire (17 milliards).

Ils tentent de diluer leur crime et leur responsabilité en contaminant tout l'océan

2020-03-11_Fukushima_Avignon_CAN84_03a.jpgPrêtant son infâme concours à l'opération d'occultation et d'omerta le Comité International Olympique va organiser à Tokyo les prochains jeux olympiques n'hésitant pas à vouloir sacrifier les athlètes et le public international sur l'autel de la destruction atomique.  Nous exigeons l'annulation des JO au Japon.

Les lobbys atomistes japonais et français travaillent de conserve pour accréditer le mythe de la sécurité face à la radioactivité et prévoient un  prochain séjour de lycéens à Fukushima. Le lobby atomiste japonais et le lobby français Areva-Orano - impliqué dans la catastrophe en ayant fournit le "Mox" du réacteur n°3 qui a explosé.

A ce jour : les terres contaminées sont stockées dans 16 millions 50 000 sacs répartis dans 1100 dépôts temporaires et 137 000 dépôts sur sites; les eaux contaminées dépassent aujourd'hui 1000 billions de Bq radioactifs de tritium, césium 137, césium 134 et strontium, et représentent 1 120 000 tonnes stockées dans 1000 réservoirs. La société nucléaire TEPCO gestionnaire de la centrale de Fukushima-Daïchi et les autorités japonaises préconisent d'en rejeter la majeure partie dans l'Océan Pacifique. Ils tentent de diluer leur crime et leur responsabilité en contaminant tout l'océan et les populations qui s'y alimentent et en vivent.

Les enfants victimes de la radioactivité

A l'hôpital municipal de Minami-Soma (non loin de Fukushima), le nombre des cas de cancers de la thyroïde est 29 fois supérieur au niveau d'avant l'accident, les cas de leucémie 10,8 fois, de cancers du poumon 4,2 fois, de cancers d'enfants 4 fois, de pneumonie 3,98 fois.  Mais le gouvernement vient d'autoriser la réutilisation des déchets radioactifs de moins de 8000 Bq/kg ! et voudrait supprimer les indicateurs publics rendant compte de la contamination. Pourtant la radioactivité n'est toujours pas confinée, l'accident continue.

Selon le rapport remis par le gouvernement japonais à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), 1,5 x 10​x16 Becquerel (une quantité de césium137 équivalant à 168 bombes atomiques du type d'Hiroshima) ont été libérés dans l’atmosphère à la suite de cet accident. Aujourd'hui le niveau de radioactivité dans un des réacteurs détruit de Fukushima-Daïchi est de 20 Sv par heure , sachant que le maximum du seuil admissible  pour un être humain est de 8 Sv. Sur le chemin du réacteur, les rayons ont atteint des taux maximum de 530 Sv à 650 Sv. L’endroit où les niveaux de radioactivité sont les plus élevés est à l’extérieur des réacteurs.

La population résiste aux criminels de l'atome.

L'industrie nucléaire et le gouvernement libéral de Abe ont redémarré 9 réacteurs nucléaires sur 4 sites (Ikata, Kawauchi, Takahama, Ooi) et ce contre l'avis des populations . Leur stratégie démoniaque s'inscrit dans la continuité du projet "Ethos" qu'ils ont mis au point et appliquent en Belarus, pour faire revenir les habitants en zone contaminée, suite à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl du 26 avril 1986.

Tricastin sera le prochain Fukushima

Rappelons que le dimanche 3 février 2019 à 2h30 sur le réacteur n°2 de la centrale nucléaire du Tricastin un des 157 assemblages de produits de fission radioactifs (immense tube-crayons combustible usé hautement radioactif) en cours de retrait reste accroché et coincé à 9 mètres sous l'eau borée  suspendu au-dessus des autres assemblages présents dans le cœur du réacteur nucléaire. Sa chute aurait pu entrainer des ruptures de gaines et un relâchement de substances hautement radioactives. L'intervention n'a eu lieu, par une équipe et un robot venu d'ailleurs, que 10 jours après. C'est la troisième fois en onze ans qu’un tel incident se produit à la centrale atomique du Tricastin sur le réacteur n°2.

2020-03-11_Fukushima_Avignon_CAN84_02a.jpgDéjà le 8 septembre 2008, 2 assemblages de combustible étaient restés coincés pendant plus de sept semaines avant qu'une solution technique puisse permettre d'éviter le pire. A l'époque, la raison officielle invoquée par l'exploitant nucléaire était qu’une bille, tombée du pont de manutention lors du rechargement précédent, avait décalé la position de certains assemblages et lors de la remise en place de la structure supérieure du cœur, EDF avait dû « forcer » pour emboîter les structures. Un an plus tard, le 5 novembre 2009, un assemblage s’était encore retrouvé coincé.  Là, depuis, aucune explication n'a été fournie réellement.

Et le site atomique du Tricastin a été implanté par les meilleurs ingénieurs au monde sur une zone sismique avec un risque de tsunami du fait que le site est sous le niveau du canal de Donzère. Un réacteur est implanté sur des marnes instables (pompées en permanence pour éviter l'affaissement). La vétusté de plus de 38 ans n'améliore pas la situation alors que les réacteurs nucléaire ont été conçu pour une durée de fonctionnement de 30ans. Malgré leur obsolescence EDF veut prolonger leur exploitation au-delà de 40 ans avec une volonté d'imposer ces vieilles casseroles jusqu'à au moins 50 années.

Au quotidien les Installations Nucléaires de Base (INB) rejettent de la radioactivité dans air et eau, des milliers de Becquerels mortels. Ainsi le nucléaire hypothèque tout projet individuel et collectif présent et d'avenir. La seule attitude rationnelle est l'Arrêt immédiat du nucléaire avant la catastrophe qui va rayer de la carte la France et la Provence. La région est la plus nucléarisée d'Europe et les installations atomiques portent atteinte non seulement à la santé et à la vie des populations françaises mais aussi de celles des pays limitrophes. La mise à l'arrêt des sites atomiques du Tricastin (Vaucluse-Drôme), de Cruas (Ardèche), de Marcoule (Gard), de Cadarache (Bouches du Rhône) est une nécessité urgente.




NB : En dessous d’un certain seuil, il est communément admis qu’après qu’une personne a reçu une dose de radioactivité, il existe un temps de latence avant de pouvoir observer les premiers signes cliniques de la plupart des maladies radio-induites. Lorsqu’il s’agit des leucémies, on estime par exemple qu’il existe une période de latence pouvant aller jusqu’à 20 ans[3]. Dans le cas de nombreux cancers solides[4], le délai varie de 10 à 40 ans.

Les données disponibles dans le Registre du cancer Japonais, qui écrit que « dans la préfecture de Fukushima, des biopsies de la thyroïde ont révélé des cellules cancéreuses chez 205 enfants » et que « 167 de ces enfants ont dû être opérés en raison du développement extrêmement rapide de la tumeur, de la présence de métastases ou de la menace sur des organes vitaux »[8]. 
Selon IPPNW[9], « la répartition géographique des cas de cancers de la thyroïde chez les enfants coïncide avec le degré de contamination à l’iode radioactif-131 dans les différentes régions de la préfecture de Fukushima. »

En 2011, des chercheurs du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) signent néanmoins une avancée majeure, en prouvant un lien de causalité irréfutable entre les retombées de Tchernobyl en Ukraine et en Biélorussie, et de nombreux cas de cancers de la thyroïde. « Ils ont ainsi pu mettre notamment en évidence une signature de 106 gènes permettant de classer les tumeurs radio-induites de la thyroïde développées par les enfants vivant à proximité de la centrale de Tchernobyl au moment de l’explosion. »[12]

Les chiffres médicaux de certains territoires d’Ukraine et de Biélorussie indiquent une augmentation de l’instabilité génomique héréditaire après Tchernobyl. Certaines mutations génétiques des brins d’ADN d’une personne se transmettent de génération en génération, sans que l’on constate d’amélioration des désordres génétiques antérieurs, ni que la descendance ait été elle-même exposée aux radiations.
Par exemple, dans certaines localités, le taux de malformations invalidantes va croissant : un doublement durant les 20 premières années suivant 1986, comme publié par Dmitri Lazjuk, le responsable de ce dossier en Biélorussie en 2006[21]. Une des hypothèses serait la mutation des cellules germinales des parents induites par l’irradiation, et transmises à l’enfant.[22]

Autre motif d’inquiétude : le réacteur 3 de la centrale nucléaire de Fukushima. Il contenait un cœur constitué de MOX[30]. Plus radioactif et plus chaud que les combustibles d’oxyde d’uranium pur[31], le MOX contient du plutonium, qui reste dangereux pendant 24 000 ans. Actuellement, ce combustible a fondu et creusé le radier[32] sous la cuve du réacteur, sans que l’exploitant Tepco ne soit encore parvenu à identifier où il se situe précisément. Au total, les trois cœurs de réacteurs qui ont fondu et percé les cuves pèseraient 880 tonnes.[33]
De la même manière, si les autorités ont mis en place des dispositifs plus ou moins efficaces pour piéger les infiltrations d’eau radioactive, décaper les sols et laver les bâtiments, les travaux de décontamination des vastes forêts polluées au césium-137 patinent, faute d’accès suffisant pour les engins de chantier. Pourtant, ces zones boisées représentent 75 % des surfaces touchées par les retombées radioactives de l’accident nucléaire.[34] Si un feu venait à se déclencher – comme cela s’est produit dans la « forêt rousse » autour de Tchernobyl en 2016 – une nouvelle dispersion de particules radioactives se produirait mécaniquement. Il subsiste donc d’importants risques radiologiques.

Mais au-delà du rayon d’évacuation de 20 kilomètres, l’analyse de la cartographie de la contamination radioactive réalisée par Minna-no-data Site – une base de données compilant les mesures de la radioactivité effectuées par un réseau de laboratoires indépendants japonais – révèle une contamination « tachetée » de l’archipel : on constate des hotspots radioactifs particulièrement préoccupants[35], d’autant qu’aucune mesure de santé publique n’est prise dans ces zones.

Particulièrement dangereuses, des microbilles de césium-137 et césium-134 – facilement ingérables par le nez ou la bouche – ont par ailleurs été retrouvées à 230 kilomètres de la centrale nucléaire accidentée.

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la presse en parle :

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