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2019_12-13_Japon_contamination_village-olympique_02.jpgLes Jeux Olympiques de Tokyo 2020 sont un enjeu pour la nucléocratie internationale. Il s'agit de faire croire au monde avec la complicité des Comités d'organisation sportifs des différents pays que la catastrophe de Fukushima n'a pas existé ou au pire est définitivement réglée. Face à ce déni piloté par le gouvernement de Shinzo ABE qui met en scène ce grand spectacle sportif pour banaliser la radioactivité et « normaliser » la situation au nom de la reconstruction et de la finance : la mobilisation internationale des peuples est nécessaire.

Le JOC (comité japonais des JO) a prévu un budget astronomique de 1.800 milliards de yen (16 milliards d'euros) pour seulement deux semaines de Jeux. Pour les réfugiés de Fukushima, qui sont dans une situation matérielle extrêmement précaire (qu'ils soient partis volontairement ou pas), ce gaspillage d'argent public est une insulte insupportable ! Ces milliards devraient servir à la sécurisation de la centrale endommagée et à indemniser les personnes déplacées afin qu'elles puissent mener une vie décente.

La situation n'est pas sous contrôle, loin s'en faut

2019_12-13_Japon_contamination_village-olympique.jpgLa décision d'accorder les JO à Tokyo a été prise sur la base de la déclaration-engagement du premier ministre Shinzo Abe devant l'assemblée générale du Comité international des JO (IOC) : à l'en croire, la situation de Fukushima serait totalement sous contrôle. Cette déclaration est tellement mensongère que l'on peut se demander si les membres du IOC ont été seulement manipulés ou s'ils ont été achetés par la filière mafieuse.

En réalité, le site de Fukushima-Daiichi est toujours dans une situation critique : 1573 lots de combustibles dorment encore dans les piscines installées au sommet des bâtiments des réacteurs 1, 2 et 3 dont les structures ont été sérieusement fragilisées par le séisme du 11 mars 2011.

Plus encore : selon les prévisions, Tokyo devrait être touché prochainement par un grand séisme vertical. Si, malheureusement, un tel autre séisme important devait se produire, les conséquences en seraient incommensurables : les piscines des centrales nucléaires se casseraient et, en l'absence d'eau de refroidissement, le processus de fusion s'amorcerait, sans qu'on ait les moyens de l'arrêter. Et il n'y a pas de plan d'évacuation !

Il n'y a qu'une seule explication possible pour le soutien irréfléchi à Tokyo de la majorité du CIO et c'est la corruption, comme cela avait été prouvé dans les précédentes offres olympiques de Sydney et de Salt Lake City. Il est bien connu au Japon que les caisses noires secrètes sont couramment utilisées pour gagner de tels événements à gros prix. Le Japon est à nouveau en train de corrompre la communauté internationale avec sa diplomatie habituelle de chéquier. En échange, les délégués du Comité olympique ont convenu d'ignorer les rejets incontrôlables de radiations dans l'océan Pacifique, le courant-jet et les nuages ​​qui dérivent sur Tokyo. Comme le dit Yoichi Shimatsu, écrivain scientifique basé à Hong Kong et ancien rédacteur en chef du Japan Times Weekly à Tokyo : " inviter les athlètes du futur, leurs familles et leurs spectateurs sur un territoire inondé de radiations, où un gouvernement corrompu n'a pas misérablement échoué à contenir une catastrophe en cours, est une action pénale équivalant à un homicide involontaire et même un meurtre prémédité. Le Comité olympique a trahi la confiance du public et devrait être complètement purgé et réorganisé ou les Jeux devraient cesser."

Le sport et les sportifs ne doivent pas accepter de se prêter à cette sinistre mascarade

Shinzo Abe en digne représentant des intérêts des lobby, notamment  celui du nucléaire, voudrait absolument faire croire à un retour à la normale, sous prétexte que les JO sont des événements nationaux et internationaux d'un grand intérêt pour le pays. En occupant le devant de la scène, les images grandioses des JO lui permettraient de tirer le rideau sur la triste réalité de Fukushima. Et également de prétendre que le pays a achevé sa « reconstruction ».

Il n'y a pas de spectacle plus efficace pour effacer des esprits les traces du désastre. Le monde entier croira que le Japon, tel le Phénix, se relève des cendres de la catastrophe. Dans cet esprit, le JOC est allé jusqu'à proposer au CIO de faire passer le porteur du feu sacré sur une route nationale de Fukushima, en zone contaminée. Et aussi d'organiser les matchs de baseball à Fukushima, ville contaminée mais qui devrait être considérée comme une zone de contrôle administrée acceptable. Une proposition finalement cyniquement validée.

Le Comité Français emboîtent cyniquement et idiotement le pas de ce petit monde de criminels et prend la décision suicidaire d'envoyer de jeunes athlètes dans les retombées radioactives de Fukushima. Risquer la vie des jeunes et de leurs partisans est plus qu’une faute éthique, c’est un crime d’homicide coupable.

Le village olympique est contaminé

"J-Village" qui est le point de départ du relais de la flamme olympique de Tokyo 2020, est toujours contaminé avec notamment des "points chauds" dans le parking et les forêts voisines du complexe sportif de la préfecture de Fukushima. D'ailleurs, le 12 décembre 2019, le ministère japonais de l'environnement a annoncé que le hotspot radioactif de haut niveau identifié par Greenpeace un mois plus tôt et un hotspot nouvellement identifié auraient été supprimés par la Tokyo Electric Power Company (TEPCO). Malgré ces propos rassurants (mais mensongers) les nouvelles mesures réalisées dans les zones publiques dans et autour de J-Village les jours suivants (13 et 14 décembre) présentent toujours une contamination radioactive. 71 microSieverts par heure (µSv / h) près de la surface et 32µSv / h à 10 cm : tels sont les niveaux de  rayonnements extrêmement dangereux rélevés le 26 octobre.

C'était écrit car les procédures standard de décontamination  jusqu'à 20 mètres de la voie publique n'ont pas été respectées par TEPCO, seuls les points chauds spécifiques ont été supprimés sur une superficie d'environ 1 mètre carré. Pourtant l'environnement autour présentait aussi des niveaux de rayonnement élevés. "Cette radioactivité peut se propager et se reconcentrer lors de fortes pluies », comme l'a précisé  le physicien nucléaire et spécialiste des radiations, Heinz Smital, qui se trouve actuellement à Fukushima.

2020_JO-Tokyo_itineraire_course-flamme-olympique.jpegLe 13 décembre, une équipe d’enquête de Greenpeace a constaté que les niveaux de rayonnement du même endroit voisinaient les 1 µSv / h à 10 cm alors que juste au nord de ce hotspot, une parcelle de terrain adjacente au parking atteignaient 2,2 µSv / h à 10 cm et  près de l'entrée de ce même parking 2,6 µSv / h à 10 cm et 1 µSv / h à 1 mètre. A l'orée de la forêt au nord du parking, des points chauds de rayonnement de 2,6 µSv / h à 10 cm ont aussi été identifiés tout comme dans une deuxième forêt située à 300 mètres au nord des niveaux constants de 0,6 μSv / h à 10 cm et de 0,4 µSv / h à 1 mètre étaient découverts. Presque le double de l'objectif de décontamination du gouvernement.

Comment des niveaux de rayonnement aussi élevés (71 µSv / h près de la surface) n'ont-ils pas été détectés lors de la décontamination antérieure par TEPCO? Pourquoi les points chauds les plus alarmants ont-ils été traités et non les zones plus larges? La capacité des autorités à identifier avec précision et cohérence les points chauds de rayonnement ne peuvent qu'être sérieusement mise en doute.

Si en 1964, le Japon avait pu montrer sa capacité de résilience en édifiant des stades et des enceintes sportives destinées à symboliser la « reconstruction nationale » après une longue période marquée par la défaite de la Seconde Guerre mondiale et les bombardements atomiques états-uniens, en 2020, ce ne sera pas la même chose. Que les sportifs et les téléspectateur-trices boycottent ces Jeux de la mort, ne se rendent pas sur place, refusent d'acheter les produits ou services de chaque entreprise commanditaire, à commencer par Toyota Motors, s'insurgent auprès de son Comité Olympique national et exigent le non-envoi des sportifs en zone contaminée.

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CIO : https://www.olympic.org/the-ioc /  Olympic Museum of Lausanne : https://www.olympic.org/fr/musee