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Après son redémarrage le 27 décembre 2019 et un arrêt prolongé de plus de 5 mois de réfection au cours duquel le réacteur n°1 du Tricastin se préparait à une visite décennale (VD4) censée être la vitrine de la prolongation au-delà de 40 ans de tous les réacteurs nucléaires français : la presse institutionnelle et régionale relayait alors une fake-news de EDF affirmant que le réacteur avait obtenu le feu vert de l'ASN pour sa prolongation alors que le contrôle ne doit intervenir que fin 2020.

Las! la fausse nouvelle est dévoilée. Moins de quinze jour plus tard, le 08/01/20 à 05:33, EDF/RTE annonçe que la puissance disponible n'est plus que de 20MW (10 fois moins que cinq jour plus tôt le 3/01) pour une puissance normale de 915MW. Ca ne tourne pas rond. Toutefois l'électricien nucléaire affirme que la prochaine montée en puissance atteindra, après cette défaillance inavouable, les 440MW. Manque de pot, à 09:07 le réacteur n'en est qu'à 330MW (110MW de moins que prévu). Pourtant EDF, toujours aussi blagueur, annonce un prochain palier à hauteur de 900MW (presque le plein pot) et une fin de l'arrêt pour le 10/01/20 à 00:00. Ca bricole.

IR_Centrale_Nucleaire_Tricastin_Reacteur_1_26_12_2019.jpgMais pour connaître cette réalité il ne faut ni attendre ni s'en remettre à la communication-propagande officielle de EDF. Il faut s'informer par ailleurs et chercher d'autres sources et les recouper.

Ainsi cinq jours plus tôt, la situation n'était pas plus claire et toute aussi confuse : le 03/01/20 à 08:22 la puissance disponible était supérieure de 10 fois (200 MW) à celle du 8/12 et à celle de 12:17 de 375 MW. A l'époque EDF proclamait la fin de l'arrêt pour le 06/01/20 à 10:00. Donc, ça monte et ça descend sans arrêt et sans jamais atteindre ni les paliers de production prévue ni les dates programmées de "bon" fonctionnement.

Illustration : le 31/12/19 à 08:15 le réacteur était totalement à l'arrêt et sa puissance nulle à 0 MW. EDF hésite alors et espère pouvoir relancer son réacteur pour trois jours plus tard le 02/01/20 à 22:00. Mais 7 minutes après, l'électricien se ravise et annonce la fin de l'arrêt pour le 01/01/20 à 08:15.

Il est vrai que déjà le 29/12/19 à 19:38 alors que la puissance disponible n'était que de 10 MW, et que le prochain palier visé devait être de 375 MW, EDF prévoyait la fin de l'arrêt pour le 02/01/20 09:30. Des optimistes car neuf heures plus tôt à 10:52 la puissance disponible était nulle (0 MW). Tout comme elle l'était à 04:22. Ou encore le 28/12/19 à 11:02  avec une prévision de fin d'arrêt, elle, pour le 30/12/19 à 23:00.

Et ce n'est pas tout. Déjà le 27/12/19 à 12:07 une défaillance avait entraîné l'arrêt du réacteur, faisant tomber sa puissance à 0 MW. EDF espérait alors, en invoquant le dieu atome, la fin de l'arrêt pour le 29/12/19 à 23:00. Pourquoi pas, soyons fou, puisque, avec une puissance nulle sans perspective de remontée (pas de prochain palier prévu), ce 25/12 depuis 12h35 on prévoyait la fin de l'arrêt et le plein pot de 915MW pour le 30/12/19 à 23:00. Une heure plus tôt à 11:12 on avait annoncé la fin de l'arrêt pour le 28/12/19 à 23:00. Pas simple de suivre... d'autant qu'à 02:37 dans la même situation de défaillance et de puissance disponible nulle on prévoyait la fin de l'arrêt pour le 26/12/19 à 02:30.

Si EDF affirme dans sa publicité qu'elle nous doit plus que la lumière c'est certainement qu'elle nous concocte sa catastrophe nucléaire tricolore. Et ses défaillances ou SCRAM (arrêts d’urgences automatiques) chroniques ne cessent notamment de libérer dans l’environnement, via les cheminées de rejets des effluents gazeux radioactifs, principalement de l’iode 131.

Pas rassurant du tout donc ce yoyo permanent qui traduit pour le moins une grande difficulté à maîtriser la bête. Et des tentatives désespérées et sans grand succès d'y parvenir. On ne fait pas du neuf avec du vieux, du très vieux. Initialement le redémarrage du réacteur nucléaire n°1 de Tricastin était prévu pour le 25/12/19 à 18:30 avec une remonté en puissance dès le 23/12. A ce moment là, la situation était telle que finalement le redémarrage était reporté deux jours plus tard au 27/12/19 à 23:00.

Pourtant la veille le 24/12/19 04:57 la puissance disponible était de 370 MW, certes au lieu des 380 MW prévus, et EDF avait programmé une montée à 800 MW puisqu'à 03:42 elle était à 250 MW. Normal sauf qu'à 02:22 la puissance disponible de 250 MW faisait envisager une fin de l'arrêt pour le 27/12/19 à 21:30. Dix heures plus tôt, la veille le 23/12/19 à 12:22, la puissance atteinte de 220 MW entraînait un peu d'euphorie dans le landerneau et EDF annonçait une fin de l'arrêt pour le 26/12/19 à 08:10. Pourtant le réacteur était en baisse puisqu'à 11:23 la puissance avait atteint les 250 MW et laissait présager une fin d'arrêt pour le 25/12/19 à 20:10. D'autant que deux jours plus tôt le 23/12/19 à 07:27 on avait atteint, poussivement, les 190 MW et annoncé la fin de l'arrêt pour le 25/12/19. Mais pour une heure et demi plus tôt à 18:30. A 04:02 le réacteur ne produisait cependant que 10 MW.

C'est dans cette situation de tests et de tentatives répétées de relance d'un réacteur, qu'à Tchernobyl en 1986, s'était produit l'explosion du réacteur atomique et la catastrophe nucléaire dispersant ses radionucléïdes mortels sur l'ensemble de l'Europe. Il parait qu'à l'époque, selon les autorités et les exploitants nucléaires tricolores, tout allait bien et la France avait été épargnée. Chacun-e sait que les nuages s'arrêtent à la frontière politique et administrative d'un pays ou d'un département.

Il faut en finir avec cette destruction de l'atome, notamment pour chauffer de l'eau.