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3ème grande journée de manifestation dans le cadre de la grève générale reconductible lancée début décembre contre le plan gouvernemental de casse des régimes de retraites par répartition . Près de 10 000 personnes ont défilé ce mardi 17 décembre à Avignon des allées de loulle à la préfecture, autant si ce n'est plus que le 5 décembre.

A côté des syndiqué-es (CGT, FO, FSU, Solidaires, CGC,...) du secteur public (hospitaliers, agents territoriaux, cheminots, électriciens et gaziers,...) et du secteur privé (St-Gobain, SEPR,...) , de gilets jaunes, de jeunes et étudiants, de partis de gauche (France Insoumise, Parti de Gauche, Parti Ouvrier Indépendant, NPA, PCF,...) les militant-es antinucléaires ont exprimé l'urgence de défendre ce bien commun qu'est la vie. Leur banderole adaptée à la situation nationale et locale proclamait  "nucléaire : quand ça pète, il n'y a plus de retraite"...

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Discussions et échanges brefs entre les combattant-es du vivant contre la destruction atomique et les salariés syndiqués du nucléaire (Areva, EDF) du Tricastin. Deux positionnements antagonistes : les premiers défendant l'exigence d'émancipation des travailleurs, de la libération de la logique de prédation du système productiviste capitaliste de domination, de la santé et de la vie; les seconds défendant l'emploi et - sur la même ligne que leur patronat - la poursuite du nucléaire. Terrible constat d'aujourd'hui où la majorité des syndicats n'agissent plus pour la libération des travailleurs de leur exploitation mais pour négocier la longueur de leurs chaînes et les conditions de l'aliénation salariale quitte à détruire la planète et à hypothéquer les générations futures.

Alors que la planète craque de toute part, que le système est à bout de souffle et, telle la bête blessée, de plus en plus agressif et autoritaire, que la fin du mois et la fin du monde relèvent de la même nécessité de résistance et de luttes de dignité, les antinucléaires regroupé-es dans le CAN84 poursuivent leurs actions pour l'arrêt immédiat, inconditionnel et définitif du nucléaire militaro-civil. Seule attitude responsable, rationnelle et humaniste hors de toute compromission intellectuelle et idéologique.

Comme le confirme l'édition 2019 du "World Nuclear Industry Status Report", présenté ce mardi à Paris : "l’urgence climatique exige que les décisions d’investissement favorisent impérativement les stratégies de réponse les moins onéreuses et les plus rapides. L’option nucléaire s’est constamment révélée comme la plus chère et la plus lente... Les options non nucléaires permettent d’économiser plus de carbone par dollar […] et par an» que l’atome (1). Et la construction de nouvelles installations nucléaires est «en déclin pour la sixième année consécutive» et la moyenne d’âge du parc nucléaire mondial dépasse désormais pour la première fois les 30 ans, accentuant les risques de catastrophes nucléaires.

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(1) Une capacité record de 165 gigawatts de renouvelables a été raccordée aux réseaux dans le monde en 2018, alors que la capacité nucléaire en exploitation n’augmentait que de 9 gigawatts. La production d’électricité éolienne a augmenté de 29 % en 2018 et celle du solaire de 13 %, contre 2,4 % pour celle du nucléaire, imputable pour les trois quarts à un seul pays, la Chine. Mais aucun réacteur commercial chinois n’a été mis en construction depuis décembre 2016. Et la part de l’atome dans la production d’électricité dans le monde «poursuit son lent déclin», passant d’un record historique de 17,5 % en 1996 à 10,15 % en 2018. ( https://www.liberation.fr/planete/2019/12/17/le-nucleaire-une-option-de-plus-en-plus-fumeuse-contre-le-rechauffement_1769816 )