__

Samedi 12 janvier, neuvième temps forts du refus de l'asservissement du peuple et du mépris des castes dirigeantes, a été marqué par plusieurs regroupements et manifestations dans le Vaucluse. A Avignon en matinée et à Carpentras en après-midi les antinucléaires  étaient présent.es et porteur.es de l'exigence de l'arrêt immédiat du nucléaire. Là, une banderole "Ecologie oui, mensonges et rackett non", plus loin un chant "Dignité des travailleurs" ou un slogan "Libérez Christophe on vous donne Benalla". Une forte présence de femmes de toutes conditions ouvrières, déterminées et sous-payées, une peu plus loin des travailleurs d'origines étrangères. Des "décroissants" aussi. Ce mouvement est ce que chacun-e en fait. Pas de chef ni de leader auto-proclamé. Ca discute, ça débat, ça se confronte, ça s'engueule (rarement), ça veux en finir avec ce vieux monde. Certes Avignon n'est pas Carpentras et les présents sont à l'image de ce qui se passe dans les territoires.

2019-01-12_gilets-jaunes_Avignon_arret-immediat-nucleaire.jpgBien loin de la propagande d'Etat relayée par les médias aux ordres du capital visant à criminaliser le soulèvement pour mieux asseoir sa répression et empêcher toute perspectives d'émancipation, la diversité des manifestant.es - tant dans leur composition sociale qu'en terme d'expérience de luttes - a révélé une dynamique nouvelle. Loin des a-prioris et des pensées toutes prêtes à calquer sur une réalité en effervescence, les échanges comme la détermination révèlent l'expérimentation d'un mouvement se construisant au présent, créant de nouvelles solidarités et fraternités, se construisant au jour le jour, s'expérimentant lui-même.

Mais la violence institutionnelle d'Etat, sociale et culturelle, se traduit aussi depuis plusieurs semaines par des rafles préventives d'opposants, des gardé.es à vue, des déféré.es devant l'appareil judiciaire, des interdits de territoires par milliers à travers tout le pays. Elle se couple aussi à des bastonnades policières, des tirs de grenades, des coups et blessures engendrant des mutilations sévères parmis les manifestants : mains et pieds arrachés, brûlures sur les corps, yeux crevés, morts. L'appareillage de propagande est décuplé aussi par les forces économiques dominantes. Il faut faire peur. A ceux et celles qui restent chez eux comme à ceux et celles qui résistent et luttent sur le terrain.

2019-01-12_gilets-jaunes_Avignon_arret-immediat-nucleaire_02.jpgCes derniers mois et depuis plusieurs années, le pouvoir avait eu l'occasion de se faire la main contre les opposants au projet délirant de poubelle nucléaire à Bure (1, 2, 3) contre les porteurs de vie émancipée à Notre-Dame des Landes, contre le opposants au barrage fou de Sivens, contre les antinucléaires traînés en justice sans que grand monde ne réagisse, contre les syndicalistes rebelles. A présent c'est à toute la société que le pouvoir des banques, des actionnaires, des militaristes nucléocrates s'en prend. Il a déclaré la guerre à l'espoir et à l'avenir.

Que les biens-pensants, les appeurés, les conservateurs de tous poils, les petits possesseurs étriqués de biens, les spectateurs de salons et juges de la pensée, les puristes de la révolution pré-formatée, les adeptes névrosés du sur-consumérisme, les obscurantistes du nucléaire ou les antinucléaires bon teint, les écologistes institutionalisés se libèrent de leurs schémas réducteurs pour saisir à bras le corps la vie qui bouillonne et viennent, enfin, se parer de la couleur du soleil. Le nucléaire nous tue : tuons le nucléaire.

La forge bruisse de mille échos, la pulsion de vie renverse l'ordre des choses. On n'arrête pas l'éruption de la faim ni l'aspiration à la Liberté et à la dignité.

J.R

__

(1) Atteinte d'Etat aux libertés fondamentales : défendons-nous ! Aujourd'hui Bure demain : vous ( 2 mars 2018 )

(2) Macron la matraque : le gouvernement envoie 500 militaires contre les opposants à la poubelle nucléaire de Bure ( 22 fevrier 2018)

(3) Rafles et perquisitions contre les antinucléaires : l'Etat réprime et monte une nouvelle affaire "Tarnac" pour tenter de briser toute résistance (24 juin 2018)