A propos de l’exercice de sûreté nucléaire organisé sur le site de Marcoule les mardi 5 et mercredi 6 juin,

Un exercice de sûreté nucléaire est engagé sur le site de Marcoule sur deux jours, les 5 et 6 juin. Officiellement, Il s’agit de mettre en œuvre un test de fonctionnement et d’organisation des différents organismes impliqués dans la gestion « d'une situation d'urgence radiologique » impliquant l'installation Atalante touchée par un « événement fictif » et la société voisine, Melox. La journée du mardi 5 juin sera mise en action “la circulation de l'information qui ne devra pas laisser les réseaux sociaux prendre la main” *.

Le Collectif Halte Aux Nucléaires Gard (Chang) tient à ce sujet à exprimer son point de vue et relève dans la communication officielle des annonces à commenter :

- Il s’agirait donc de la gestion d’un « événement fictif »résultant « d'une situation d'urgence radiologique » . Quelle belle expression rassurante pour le grand public, qui camoufle en fait que dans les usines Melox et Atalante, on conditionne et on traite les éléments radioactifs de la chaine du nucléaire de loin les plus dangereux, le plutonium et ses voisins les « actinides mineurs » de vie très longue et très radiotoxiques! Et ce n’est pas d’une simple « urgence » que sont menacées les populations voisines, mais bien d’une catastrophe atomique ingérable introduisant ces atomes radioactifs dans notre environnement, pour des centaines de milliers d’années. Les mesurettes prévues resteraient alors inefficaces et de toutes façons inapplicables. La seule « urgence » étant de fuir au plus vite…. Et définitivement.

-Il est intéressant de noter qu’une préoccupation majeure de la Préfecture est de maîtriser l’information et de « ne pas laisser les réseaux sociaux prendre la main”. En effet l’expérience a montré que l’information officielle en cas de crise nucléaire cherche à minimiser les conséquences, elle prétendra sans surprise que « la situation est sous contrôle ». Elle n’est pas connue pour être objective (très nombreux sont ceux qui paient dans leur santé et leur vie les conséquences des retombées de Tchernobyl sensées ne pas avoir touché la France, il en est à nouveau de même depuis la catastrophe atomique de Fukushima). En situation catastrophique, pour savoir ce qu’il en est chacun recherchera plutôt à saisir des informations auprès des associations (si leur communication n’est pas neutralisée!) ou des médias étrangers plus objectifs que la langue de bois officielle française.

Rappelons que les populations du Gard, du Vaucluse, de la Drome, de l’Ardèche vivent dans l’une des régions les plus nucléarisées du monde avec les centres nucléaires de Marcoule, Cadarache, Tricastin, et la centrale de Cruas-Meysse. C’est donc en permanence que la menace d’une catastrophe atomique pèse sur l’ensemble de la région et bien au-delà.

Plusieurs causes peuvent enclencher un processus irréversible de fusion, d’explosion et de dispersion de matériaux radioactifs : un séisme tel que celui de Lambesc en 1907, une crue du Rhône noyant les équipements de sécurité en particulier du Tricastin, la vétusté des équipements vieillissants avec par exemple les fissures dans les enveloppes métalliques des cœurs de réacteurs ou des échangeurs de chaleur, enfin des erreurs humaines, voire des actes terroristes.

Pour le collectif Chang, cet exercice de crise sur site paraît dérisoire face aux risques réels encourus pour les populations voisines qui auront à fuir ou a être évacuées en extrême urgence en cas de catastrophe. Quels sont les moyens prévus pour le déplacement de centaines de milliers d’habitants, pour les accueillir, les nourrir, les soigner. Voilà les vraies questions qui se posent.

Face à ces problèmes insolubles, la seule réponse raisonnable est l’arrêt du nucléaire, énergie mortifère, comme on le voit à Tchernobyl et à Fukushima, qui ne sert qu’à faire bouillir l’eau nécessaire à la production d’électricité, ce qui n’assure finalement que 10 % de l’électricité produite dans le monde, et 2 % de l’énergie totale consommée.

*D’après Michel Garrel, chef de bureau du Service interministériel de défense et de protection civile chargé d'assister le préfet dans la prévention et la gestion des crises et des risques, cité par le Midi Libre.

http://www.midilibre.fr/2018/05/06/un-exercice-de-surete-nucleaire-en-juin-a-marcoule,1666976.php