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Coup de tonnerre sur le monde feutré des affairistes de l'énarchie tricolore et de leur complicité avec l'atomisme. Eurostat, la direction générale de la Commission européenne chargée de l'information statistique à l'échelle communautaire - qui produit les statistiques de l'Union européenne notamment en agrégeant les données publiées par les instituts nationaux (Insee en France) - estime que les 2,5 milliards d'euros apportés par l'Etat français à "Orano", la nouvelle marque d'Areva, auraient dû être comptabilisés dans le déficit public 2017 de la France. Au même titre que les 2,3 milliards, liés à l'ancienne holding Areva SA.

areva-orano-France.jpgLa restructuration du groupe nucléaire Areva, dans lequel l'Etat français a injecté au total 4,8 milliards d'euros d'argent publique en 2017 ont en effet été minorés dans les comptes officiels publics français. Si la France avait respecté la "loi" le déficit national français aurait été augmenté de pas moins de 0,1 point de PIB s'approchant alors des 2,7%. Mauvais pour l'image de marque de l'ancien ministre de l'économie devenu Président de la République.

Le bricolage a consisté à comptabiliser en dépense publique seulement la moitié concernant la reprise des dettes de la holding Areva SA et à "omettre" les 2 milliards 500 000 millions injectés directement dans Orano (1). Nos experts énarques en gestion financière et comptable d'Etat n'ont pas hésité ainsi a clamer que comme des investisseurs privés - la Japan Nuclear Fuel Limited-JNFL et Mitsubishi Heavy Industries Ltd. MHI (2) - ont apporté eux conjointement dans les mêmes conditions 500 millions d'euros et bien l'argent de l'Etat (des contribuables) ne pouvait pas être assimilé à une... dépense publique.

Pour masquer que le nucléaire, produisant soit-disant "la moins chère au monde des électricités", plombe la France aussi financièrement (en plus de porter atteinte à la santé et à la vie de la population et de contaminer le pays et la planète) : on bricole, on manipule à tout va. Il faut entretenir le mythe auprès des gogos pour que le business puisse continuer. D'autant que malgré le pompage de cette masse d'argent public l’endettement financier net total du groupe Orano (ex Areva) s’élèvait encore à 5 milliards 105 millions d’euros au 31 décembre 2017 (3).

Et ce n'est pas fini. Se présentent aussi à présent aux citoyens les factures des déchets mortels pendant des milliers d'années et du démantèlement des installations atomiques; et les exigences démentielles de financement des nucléocrates pour qu'ils poursuivent leur oeuvre de mort avec des projets délirants comme la relance de la filière au plutonium des surgénérateurs (Astrid) et la chimie des actinides (Atalante) ce qu'ils nomment sans retenue aucune... le "nucléaire durable", la création de poubelles souterraines de déchets atomiques (Cigeo), la création d'installations pour conditionner et entreposer provisoirement des dizaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs de déconstruction (Iceda) dont ils ne savent que faire, l'implantation de nouveaux réacteurs de destruction de l'atome (EPR) producteurs de dangers et de nouveaux déchets terrifiants, la création de super-structures dévoreuses de finances publiques visant à tenter de reproduire en laboratoire ce que le soleil nous offre gratuitement (ITER),...

Le noyautage de l'appareil d'Etat par la nucléocratie, la soumission des politiciens à la secte des adorateurs de la destruction atomique militaire et civile représentent un danger permanent pour notre existence et celle des autres peuples. Ce fanatisme mystique doit être combattu sans mollesse. Il en va de notre présent et de l'avenir des humains et espèces vivantes.

J.R

(1) - Le capital d’Orano est désormais détenu par l’Etat à hauteur de 45,2%,  le  CEA  à hauteur de 4,8 %, AREVA  SA à hauteur  de 40 %, JNFL à hauteur  de 5%, MHI à hauteur de 5%

(2)- communiqué de presse d'Orano

(3)- http://www.orano.group/informations-sur-la-dette/

PS : Eurostat a exprimé une autre réserve sur les comptes publics de la France. L'Agence française de développement (AFD), le bras financier de la France à l'aide au développement, n'est pas classé en administration publique par l'Insee or Eurostat constate qu’au regard de sa gouvernance, l’AFD doit être classée comme telle d'autant que son conseil d’administration est composé majoritairement de représentants des-dites administrations publiques. Certains considérant que nous frisons-là un détournement de fonds publics, l'Insee a accepté que les prêts à condition avantageuse accordés par l'Etat français à l'AFD comme Ressource à condition spéciale (RCS) en fonds propres, soient requalifiés en transfert en capital avec incidence sur le déficit public. Et ce depuis la création de l'AFD en 1998!