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Le 26 avril 1986, le cœur du réacteur numéro quatre de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose et prend feu, projetant et répandant son panache radioactif mortel sur toute l’Europe. Poussières, aérosols et gaz radioactifs (dont le césium et l’iode) sont projetés dans l’atmosphère. Le quatrième réacteur, conserve toujours dans son ventre gainé de plomb et de béton armé, près de vingt tonnes de combustible nucléaire. Tchernobyl, en Russe, se traduit par absinthe, l’herbe de l’oubli…

Trente ans après, quelles leçons retient-on de cette explosion ? Des citoyens mus par la conscience se sont rassemblés à Avignon pour que l'absinthe ne triomphe pas et empêcher qu'un drame similaire se produise en France, en Provence.

Après une minute de silence et avant une lecture par Michèle - une mère de famille - d'extraits du livre "La supplication" de Svetlana Aleksievitch (prix Nobel de littérature), la CAN-SE a donné, ce 26 avril 2018 à Avignon, des informations sur la situation actuelle à Tchernobyl et le désastre monstrueux qui se poursuit en Biélorussie, Ukraine, Russie et qui ravage aussi de ses impacts sournois les autres pays européens.

Tchernobyl : Ni oubli, ni pardon

2018-26-04_Tchernobyl.jpg.jpg Ce réacteur atomique n'avait que 4 mois de fonctionnement. La majorité des réacteurs français a dépassé les 30 ans. 32 ans après l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine (26 avril 1986), la situation sanitaire dans les territoires les plus touchés par la catastrophe continue d'empirer.

Une grande partie des substances rejetées lors de l'explosion atomique resteront radioactives pendant des siècles et des siècles. Elles s'infiltrent peu à peu et régulièrement dans les sols et vont continuer à contaminer les produits agricoles par les racines. Lors du passage du nuage radioactif, les populations ont absorbées et été en contact malgré elles de ses substances mortelles. Conséquence : le nombre de victimes et la fréquence de certaines maladies ont été démultipliés. Et les générations qui n'étaient pas encore nées en 1986 mais sont nées depuis sont à leur tour de plus en plus touchées, démontrant morbidement le caractère héréditaire et dégénératif de certaines pathologies.C'est à un crime de masse auquel nous assistons.

Une instabilité génomique transgénérationnelle

Tchernobyl_centrale-nucleaire-detruite_intervention-helicoptere.jpgLes nouvelles données recueillies dans la région de Minsk, à 475 km de Tchernobyl, révèlent que les malformations cardiaques congénitales dans la population enfantine sont de 10 à 20 fois plus fréquentes que la normale et que le nombre d'enfants rendus invalides par une maladie cardiaque y a doublé entre 2014 et 2017.

À Stolyn, à 200 km de Tchernobyl, 60 % des femmes en âge d'enfanter et plus de 84 % des femmes enceintes ont une pathologie. La naissance d'un enfant en parfaite santé est un événement rare, 90 % des nouveau-nés ont des maladies.

On a observé, dans une région où la radioactivité a pourtant notablement diminué, que des oiseaux ont développé des malformations, anomalies génétiques et tumeurs en nombre plus élevé que prévu. Les chercheurs émettent l'hypothèse que la "dose initiale", l'exposition aiguë au moment de l'accident, a un effet sur les descendants des oiseaux irradiés lors de l'accident de 1986. En d'autres termes, les anomalies actuelles seraient transmises de génération en génération depuis l'accident. Les doses reçues à l'époque de l'accident auraient donc induit une instabilité génomique transgénérationnelle.

Des conséquences écologiques et sanitaires odieuses et sans limite

Tchernobyl_centrale-nucleaire-detruite_sarcophage-et-habitations-desertees.jpgLa contamination de vastes territoires frappe toujours l'Ukraine, la Biélorussie et la Russie, continue de porter atteinte à la santé de milliers d'européens et de français (3 millions de français ont une atteinte de la thyroïde et sont contraint d'utiliser du "levothyrox" pour réguler leur vie). Trente deux ans après, les niveaux de contamination notamment par les éléments radioactifs à durée de vie longue tel le césium 137 ont des conséquences écologiques et sanitaires odieuses et sans limite.

On ne se remet jamais d'une catastrophe nucléaire, la chaîne alimentaire est contaminée durablement, les territoires sont impropres à la vie, la santé du vivant est altérée et la qualité de vie est atteinte, les enfants à naître voient leur ADN déstructuré, les maladies et cancers des muscles-os-poumon-coeur-cerveau-et autres organes s'accumulent et sèment la mort.

Tchernobyl : Ni oubli, ni pardon

Les populations européennes, françaises et du monde sont soumises aux risques et aux atteintes nucléaires sans y avoir consenti. Les responsables, les nucléocrates de tous pays doivent être traduit en justice pour crime contre le vivant et écocide et jetés en prison.

2018-04-26_Tchernobyl-commemoration_CAN84_Avignon_01.jpgTchernobyl, c'était il y a 32 ans... Et les réacteurs du Tricastin ont dépassé, eux, les 38 ans. Ils sont à bout de souffle, fissurés et délabrés... et leurs rejets quotidiens de radioactivité dans l'eau et dans l'air nous tuent à petits feux.

Les 35 installations nucléaires du CEA, de Areva-Orano, d'EDF des sites atomiques de Cadarache (Bouches du Rhône), Marcoule (Gard), Cruas (Ardèche), Tricastin (Vaucluse-Drôme) nous contaminent et contaminent nos enfants et les terres agricoles. Leur fermeture, c'est pour quand ? Avant ou après notre mort ?

Reprendre le chemin de la lutte

Il est temps de reprendre le chemin de la lutte contre les meurtriers et fanatiques de la destruction atomique. Cela dépend de chacun-e. Il est temps d'arrêter de faire l'autruche ou de se donner bonne conscience en signant une énième pétition ou en exprimant une énième position de principe. Le temps de l'action déterminée et concrète contre nos bourreaux est venu pour l'arrêt immédiat, inconditionnel et définitif du nucléaire.

La presse en parle :

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