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Il y a sept ans, en 2010, le CAN84 appelait les vauclusiens et vauclusiennes à défendre leur santé, leur vie et leurs territoires en interpellant leurs élu-es à tous les niveaux pour la fermeture définitive des sites nucléaires de la région. Deux ans plus tard le Collectif antinucléaire de Vaucluse déposait auprès du Conseil Général de Vaucluse et de son Président socialiste Claude Haut (aujourd'hui "macroniste") une pétition signée par près de 7 500 habitants de Vaucluse exigeant la fermeture de la centrale nucléaire du Tricastin. Les élu-es, toutes tendances confondues, se murent dans le silence et le déni de réalité. Pour briser la complicité tacite des élus avec l'omerta mafieuse nucléariste, les militants du Collectif antinucléaire de Vaucluse décidaient alors l'occupation du Conseil Général lors de sa première réunion en janvier 2012. A la clef en direction de chaque élu-e : un épais dossier argumentaire technique et sanitaire justifiant l'urgence de la mise à l'arrêt immédiat et définitif des installations atomiques de la région. Mais le conformisme petit-bourgeois et la bien-pensance dominatrice mâtiné d'idéologie guerrière et productiviste continua à engluer les dignitaires départementaux. Aussi afin de rendre palpable l’invisible et obliger les élus départementaux à prendre conscience de la réalité du nucléaire et de ses atteintes quotidiennes à la santé, les militants du CAN84 encerclaient en mars 2012 le Conseil Général. Les élu-es fuirent courageusement une fois de plus, préférant leur petit confort, fort(es) de leur statut de roitelets. Mais les informations qui parvenaient aux antinucléaires se faisaient de plus en plus alarmantes : rejets de radioactivités dans l'air et l'eau, fuites radioactives, augmentations des victimes de maladies radio-induites, délabrement des installations nucléaires, mutisme complice de l'ASN,... Aussi le 21 décembre 2012 à la veille de Noël les antinucléaires cernaient à nouveau le siège du Conseil Général pour interpeler encore une fois les élu-es sur les contaminations radioactives de l'air et de l'eau du département perpétrées par les installations nucléaires du Tricastin. Un mois plus tôt le CAN84 avait aussi adressé une alerte à tous les élu-es du département du maire au sénateur pour les abjurer de cesser de fermer les yeux devant le massacre sanitaire en cours.

Les années ont passé, les malades et les morts de la radioactivité se sont multipliés, rien n'est réglé tout a empiré.

Après l'aveu de l'ASN sur l'un des risques majeurs qui menacent toute la Provence et au delà ( la décrépitude et l'obsolescence de la digue du canal bordant le site nucléaire du Tricastin) et la mise à l'arrêt forcé de la centrale atomique, le Collectif antinucléaire exige l'arrêt immédiat, définitif et inconditionnel du site du Tricastin. Le CAN84 interpelle les élu-es du département et les sénateurs de Vaucluse en leur proposant d'adopter un vœu en direction du gouvernement pour la fermeture inconditionnelle du site nucléaire. (Une même démarche va interpeller les Conseillers Départementaux de la Drôme).

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la lettre aux élu-es

Madame, Monsieur le Conseiller Départemental,

L'Autorité de Sûreté Nucléaire vient d'imposer la mise à l'arrêt immédiat des 4 réacteurs atomiques de la centrale du Tricastin pour menace et risque de catastrophe nucléaire (cf presse nationale et départementale, site internet de la CAN-SE*) sur toute la région.

Le Conseil Départemental et ses élu-e-s ne peuvent demeurer dans le silence et simple spectateur des atteintes à la vie, à la santé, à la chaîne alimentaire, aux activités économiques et à la vie sociale que représente l'existence du site nucléaire du Tricastin. 1 million 600 000 personnes sont directement menacées dans un simple rayon de 80km autour, bien plus si nous savons qu'en moins de 2 heures la radioactivité s'abat jusqu'à Marseille.

Nous vous demandons instamment, à vous élu-es vauclusien-nes, de protéger la population et  d'adopter sans tarder un vœu ou une motion demandant la mise à l'arrêt immédiate, définitive et inconditionnelle du site atomique du Tricastin.

Nous vous joignons à cet effet une proposition de texte et nous nous tenons à votre disposition pour toute rencontre nous permettant de vous livrer des informations tangibles et vous expliciter la situation dramatique dans laquelle notre département et ses habitants se trouvent.

Recevez, Madame Monsieur le-la Conseiller-e Départemantal-e nos salutations vigilantes,

Le Collectif antinucléaire de Vaucluse


PJ : projet de vœu-motion à présenter et adopter par le Conseil Départemental


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le projet de motion que les Conseillers Départementaux sont appelés à adopter :

Vœu/Motion du Conseil Départemental de Vaucluse Pour l’Arrêt immédiat du nucléaire en Provence et en France

0_logo_pdf.png- Vu les atteintes quotidiennes sur la santé publique et sur l’environnement (seul garant de la sécurité alimentaire) que le nucléaire engendre par ses rejets contaminants mortels chaque jour et chaque nuit,

- Vu les contaminations par les installations nucléaires de la vallée du Rhône et notamment de l’eau du robinet dans plusieurs communes de Vaucluse ainsi que dans les rivières, fleuves et nappes phréatiques,

- Vu la récente enquête épidémiologique de l’INSERM mettant en évidence une augmentation des leucémies, notamment chez l’enfant, du fait des activités nucléaires au quotidien en France,

- Vu qu’aucune compagnie d’assurance au monde ne veut garantir le risque nucléaire, laissant aux contribuables et aux institutions, telles les municipalités, : les préjudices financiers, humains, économiques ; les « enveloppes » de dédommagement obligatoires étant dérisoires au regard des coûts astronomiques matériels et humains, privés et publics,

- Vu que sur les 58 réacteurs en service en France, 26 ont déjà dépassé 30 ans d’âge - dont ceux du Tricastin, délabrés et obsolètes, qui atteignent dangereusement les 36 ans - et un nombre importants d’autres installations nucléaires sur les sites de Cadarache et de Marcoule, et qu’ainsi les risques de contaminations, d'irradiations et de catastrophes nucléaires s’accroissent,

- Vu que depuis les accidents de Three Mile Island (USA 1976), de Tchernobyl (Ukraine 1986) et de Fukushima (Japon 2011) la Direction de l’IRSN et la Présidence de l’Autorité de Sûreté Nucléaire ne nient plus la probabilité d’un accident nucléaire majeur en France,

- Vu les centaines de milliers de morts provoquées par les accidents nucléaires majeurs américain, russe et japonais,

- Vu que l’existence et l’activité de la destruction atomique a provoqué depuis 1945 près de 60 millions de morts,

- Vu la densité du parc nucléaire français, qui fait qu’un accident atomique est inéluctable en France et qu’un tel accident nucléaire majeur toucherait tout le monde et toutes les activités économiques et l’emploi,

- Vu que la radioactivité se moque bien des frontières administratives, politiques, idéologiques, religieuses, de genres et d’âges,

- Vu que depuis plus de 5 ans, 90 % des centrales sont arrêtées au Japon sans pour autant que ce pays ne soit “revenu à la bougie” et « à genoux »,

- Vu que le problème du traitement des déchets n’est toujours pas résolu, après plus de soixante ans de recherches et ne pourra pas l'être pour des milliers d'années. 1 Million 300 m3 de déchets - radioactifs pour 300 ans jusqu’à 200 000 ans - sont accumulés dans l’hexagone et le double est prévu en 2030 si il n’y a pas d’arrêt du nucléaire ,

- Vu que les risques de prolifération de l'arme nucléaire augmentent tous les jours,

- Vu que la France est complètement dépendante de l’étranger pour alimenter en uranium ses réacteurs et que parler "d’indépendance énergétique" est un mensonge éhonté,

- Vu que le nucléaire ne fournit que 3% de l’énergie finale dans le monde,

- Vu que de nombreux pays ont fait le choix d’abandonner cette énergie mortifère et développent une expertise en démantèlement et en énergies renouvelables (géothermie, hydraulique, solaire, bio-masse, bio-gaz, houloélectricité, charbon-décarboné, mini-éolien,…)

- Vu le coût pharamineux envisagé par la Commission Nationale pour le démantèlement des centrales françaises : de l’ordre de 750 milliards d’euros,

- Vu le coût pharamineux pour maintenir en état de fonctionnement le parc nucléaire français (plusieurs centaines de milliards d’euros),

- Vu les risques et coût pharamineux (déjà largement en dépassement de budget initial) des projets titanesques et illusoires comme ITER, EPR, Astrid, Atmea,…

- Vu les rejets quotidiens de radio-contaminants par les installations nucléaires civiles et militaires du Tricastin, de Marcoule et de Cadarache,

- Vu les rejets quotidiens de Gaz à effet de serre sous forme de vapeur d’eau et de C02 du cycle nucléaire et des installations nucléaires du Tricastin, de Marcoule et de Cadarache qui mettent en danger toute la planète,

- Vu que notre région est la plus nucléarisée de France et d’Europe,

- Vu que tous les sites nucléaires de la vallée du Rhône/Durance sont situés sur des failles sismiques et exposés aux risques d’inondations, et menacent la Provence et au-delà,

- Vu le nombre important d’incidents nucléaires dans les installations nucléaires de France (plus de 1000 par an en 2010) recensés par l’ASN,

- Vu le nombre important d’incidents nucléaires dans les installations nucléaires de Provence (plus de 250 en 2010 qui ont fait des morts, des blessés, des irradiés) recensés par l’ASN,

- Vu le rapport de l’ASN portant Evaluations Complémentaires de Sûreté en date de décembre 2011, notamment qu’aucune installation de Provence n’est en mesure de résister à un séisme,

- Vu que c’est l’avenir de nos enfants et des générations futures qui aussi est menacé et atteint,

- Vu la Constitution Française relative à l’environnement, et vu le code de santé publique


Le Conseil Départemental de Vaucluse se prononce pour la mise à l’Arrêt Immédiat et inconditionnel des installations nucléaires, demande instamment au ministre de la Santé, au au ministre en charge de l’Environnement, au ministre en charge de l’Industrie, au ministre en charge de la consommation, au ministre en charge de l’emploi, aux députés et sénateurs de notre circonscription et au Président de la République l'arrêt immédiat du nucléaire, la fermeture des sites nucléaires notamment du Tricastin et la réorientation des investissement dans les énergies renouvelables génératrices de centaines de milliers d’emplois.

Fait à :                                               Le :