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Il y a 72 ans, les 6 et 9 août 1945, deux bombes atomiques anéantissaient les villes d'Hiroshima et de Nagasaki, faisant près de trois cent mille morts. Le premier crime atomique de l'histoire venait d’être perpétré par les Etats-Unis.

2017-08-06_Hiroshima-Nagasaki_CAN84_Avignon_commemoration.jpgA l'appel du Collectif antinucléaire de Vaucluse une cérémonie s'est déroulée à Avignon, ce dimanche 6 août 2017, pour rendre hommage aux victimes, réclamer l'abolition des armes nucléaires et pour que la France s'engage activement dans le processus d'abolition des armes nucléaires notamment en rejoignant le traité que la majorité des pays de la planète vient d'adopter à l'ONU.

Ce 6 août fut aussi l'occasion de rappeler qu'il n'est pas possible de séparer le nucléaire militaire d'un nucléaire dit civil tant ils sont imbriqués  et que l’arrêt immédiat du nucléaire civil et militaire en France est un devoir de santé publique et de simple défense de la vie. e CAN84 à donc appelé chaque municipalités de Vaucluse à rejoigne les réseau x mondiaux « Abolition 2000" et  "Maires pour la Paix" ("Mayors for Peace").

Aujourd'hui, près de 20 000 armes nucléaires sont suspendues au-dessus de nos têtes et 5 pays terroristes nucléaires (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine rejoints par le Pakistan et Israel) menacent tous les peuples de la planète.

Après l'allocution d'un antinucléaire (voir ci-dessous), une minute de silence est observée puis une antinucléaire chante à capella "Il y avait une ville" de Claude Nougaro.

Allocution et rappel historique

    Le 6 août 1945 à 2 h 45 (heure locale), la folie criminelle du complexe militaro-industriel-atomiste atteint son apogée et pose le premier acte du crime nucléaire. Le bombardier états-unien B-29 baptisé Enola Gay du nom de la mère du pilote de guerre, décolle de la base de Tinian conquise par les USA, avec à son bord une bombe atomique à l'uranium 235.

    Les USA ont décidé de larguer sur la population japonaise cette bombe nucléaire pour affirmer leur domination sur le monde en train de finir une guerre meurtrière. Leur bombe de destruction atomique d'une puissance de 15 tonnes, est surnommée Little Boy. Tout ce qui est dégueulasse porte un jolie nom ! En France leurs noms sont aujourd'hui : Areva, Astrid, Atméa, Phébus, Célestins, Rapsodie, Iter, EPR, Iceda,...

    L'équipage composé de douze hommes comporte aussi quatre scientifiques alors que 2 autres B-29 gorgés d’instruments scientifiques vont analyser les effets de l'explosion atomique sur le vivant, la population, les territoires.

    Car pour les dominants, il s’agit bien sûr de science. Une science pervertie, une science sans conscience. Celle qui aujourd’hui impose aux peuples de la planète la terreur nucléaire civile et militaire.

    La bombe atomique états-unienne larguée à 8 h 15 - à près de 9 000 mètres au-dessus de la ville d’Hiroshima à la verticale de l’hôpital Shima situé au cœur de l'agglomération – pulvérise toute la ville 43 secondes plus tard :

. 75 000 personnes sont tuées sur le coup par l'explosion, la chaleur, et l'incendie,

. plus de 50 000 personnes supplémentaires meurent dans d’atroces souffrances dans les semaines qui suivent,

À cela s'ajoutent les décès apparus par la suite en raison de divers types de cancers (334 cancers et 231 leucémies sur la population suivie, moins de 2000 au total) et de nombreuses autres pathologies handicapantes. Le nombre total de morts serait de l'ordre de 250 000 mais seuls les USA retiennent la vérité et la minorent. Sur les 90 000 bâtiments de la ville, 62 000 sont totalement détruits. Il ne reste aucune trace des habitants situés à moins de 500 mètres du lieu de l'explosion.                   

    Une énorme bulle de gaz incandescent de plus de 400 mètres de diamètre se forma en quelques fractions de secondes, émettant un puissant rayonnement thermique. En dessous, près de l'hypocentre, la température des surfaces exposées à ce rayonnement s'est élevée un bref instant, très superficiellement, à peut-être 4 000 °C.

nunca_mas.jpg.jpg    Des incendies se déclenchèrent, même à plusieurs kilomètres. Les personnes exposées à ce flash furent brûlées. Celles protégées à l'intérieur ou par l’ombre des bâtiments furent ensevelies ou blessées par les projections de débris quand quelques secondes plus tard l'onde de choc arriva sur elles. Des vents de 300 à 800 km/h dévastèrent les rues et les habitations.

    Les personnes proches de l'hypocentre dont les parties du corps furent exposées au flash ont été instantanément carbonisées jusqu’à l'hypoderme. Elles agonisèrent de quelques minutes à quelques heures. Le long calvaire des survivants ne faisait que commencer alors que le champignon atomique, aspirant la poussière et les débris, débutait son ascension de plusieurs kilomètres.

    Un énorme foyer généralisé se déclencha rapidement avec des pics de température en certains endroits. Si certaines zones furent épargnées lors de l'explosion, elles devaient par la suite affronter un déluge de feu causé par les mouvements intenses des masses d'air.

    Cette « tempête de feu » fut similaire à celles observées lors des bombardements incendiaires sur les villes allemandes. Cette tempête de feu dura 16 heures et dévasta 11 km2, ce qui ne laissa que peu de chances aux victimes, souvent déjà blessées, qui y étaient piégées. Le monoxyde de carbone entraîna aussi l'asphyxie de milliers de personnes au milieu du foyer. Peu de rescapés.

    Quelques heures après l'explosion, le nuage atomique ayant atteint un développement vertical important provoqua des chutes de pluie.     Celle-ci contenait des particules radioactives et les cendres lui donnaient une teinte proche du noir. Les gouttes de pluie tueuses étaient aussi grosses que des billes.

. 65 % des survivants d'Hiroshima et Nagasaki, ont été atteints par le flash lumineux responsables de près de 50 % des décès

. Brûlures de la peau par le rayonnement thermique émis pendant une fraction de seconde au moment de l'explosion.

. Brûlures du premier degré jusqu’à 5 km de l'hypocentre

. Brûlures du troisième degré mortelles sur la peau nue jusqu'à 2,5 km

Les personnes proches de l'hypocentre ont été instantanément  carbonisées jusqu’à l'hypoderme. Elles agonisèrent de quelques minutes à quelques heures. Pendant le vol retour, les aviateurs verront pendant encore 500 kilomètres le champignon atomique qui, en deux minutes, a atteint 10 000 mètres d'altitude. Des 64 kg d'uranium de la bombe un demi-gramme a été transformé en énergie de mort.

    Trois jours plus tard, le 9 août 1945, les Etats-Unis récidivent leur crime sur la ville de Nagasaki. A 11 h 02 du matin, le B-29 états-unien « Bockscar » largue une autre bombe atomique qui explose à 580 m d'altitude, à la verticale du quartier Urakami. Cette bombe était une bombe au plutonium d'une puissance de 17 kilotonnes, différente de celle à l’uranium 235 d’Hiroshima. Le scénario d'Hiroshima se reproduisit, meurtrier :

. 75 000 des 240 000 habitants de Nagasaki furent tués sur le coup,

. au moins autant d'habitants décédèrent des suites de leurs maladies ou de leurs blessures, non seulement des Japonais mais aussi 13 000 Coréens (travailleurs forcés pour la plupart) et 200 prisonniers de guerre alliés.

    Le président américain Harry S Truman se félicita de sa décision d’avoir lancer les bombes atomiques sur le Japon. Les Etats-Unis règneront en mettre sur le monde, le Japon deviendra une base avancée dans la lutte contre l’émancipation des peuples et contre l’URSS, tout un pays devra être reconstruit par les entreprises américaines, le business va tourner à plein.

    Hiroshima, à l'initiative de son maire, Shinzō Hamai, fut proclamée « Cité de la Paix » par le parlement japonais en 1949. Le Parc du Mémorial de la Paix, s'étend aujourd’hui sur 12 hectares où chaque année, le 6 août, une cérémonie commémorative est organisée. Nous sommes ici, en France, en Vaucluse, à l’unisson de nos amis japonais-es. Ce parc abrite de nombreux monuments à la mémoire des victimes de la bombe. Le cénotaphe contient le nom de toutes les victimes connues de la bombe ; une flamme de la paix y brûle, destinée à rester allumée tant que des armes nucléaires existeront.

Macron : un homme dangereux pour la Paix

    Dans ce contexte d'horreur internationale, aujourd'hui, en France, le président pro-états-uniens nouvellement élu, a remonté le jour de son élection les champs Elysées sur un « command-car » un engin militaire symbole martial fort, effectué son premier déplacement auprès des forces militaires françaises au Mali, embarqué durant quatre heures à bord du sous-marin nucléaire « Terrible » depuis l'Île Longue dans la rade de Brest. C'est la base opérationnelle des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins où le chef de l’Etat y a visité la soute des missiles et le poste de commandement missiles. Une séquence de lancement simulé était aussi au programme. Emmanuel Macron en a profité pour marquer sa soumission à la dissuasion nucléaire, «clé de voûte de la sécurité» de la France. Il a rendu visite aussi le jeudi 20 juillet à la base aérienne 125 d'Istres, l'un des maillons clefs de la dissuasion nucléaire, et à cette occasion a promis aux militaires que le budget de la Défense sera porté à 34,2 milliards d'euros en 2018 en précisant qu'"aucun budget autre que celui des armées ne sera augmenté" cette année-là (il suffira de tailler un peu plus dans les budgets de l'enseignement et de la santé...).

    Tant que le nucléaire c'est à dire le principe même de la destruction atomique existera : la négation du vivant et la terreur règneront. C'est pourquoi la seule attitude pour se libérer de l'ordre atomique passe par l'Arrêt immédiat, inconditionnel et définitif du nucléaire qu'il soit militaire ou dit « civil ».

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la presse en parle :

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