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logo_pdf.pngla Mise en demeure au Président de l'ASN  . logo_pdf.png la réponse de l'ASN à la Mise en demeure par des citoyen-nes  . 

logo_pdf.png La réponse d'un "main-acteur" au Président de l'ASN

" Monsieur,

Vous m'avez fait une réponse générique suite à notre lettre. Il est temps et pas trop tard  de rentrer au fond des choses, car vous ne semblez toujours pas saisir l’enjeu de cette démarche. Vous arrivez à la fin de votre « mandat » fin 2017 ?, ce peut-être l’occasion de dire l’ampleur du désastre et de la menace aux français. Faire enfin placer le bien commun devant « l’esprit de corps », « l’intérêt de classe » dénoncés il y a longtemps par Marc Bloch dans cette « étrange défaite » confirmée par « le choix de la défaite » d’Annie Lacroix-Riz.

On peut reprendre point par point tous vos arguments car ils peuvent être démonté facilement sans grande connaissance de « spécialistes » si la démarche juridique était appelée à se poursuivre. Ces points seraient donc  repris avec précision dans un tribunal. Mais s'agissant de la première démarche je vais  y répondre succinctement en tant que manifestant « vigie devant l'OMS » (www.independentwho.org), en tant que technicien (cf CV), en tant qu'homme, français, ayant grandi dans le milieu paysan avec des principes, des valeurs. Ce dernier mot lui aussi dévoyé pour des intérêts particuliers comme le mot socialiste... 

Et je vois que ces beaux principes s'affaissent mondialement dans un effondrement tout aussi bien moral que physique. « Rien ne se perd rien ne se crée, tout se transforme » mais tout part en poussières et ce n’est pas de la bonne. Dans notre cas elle est radioactive et la nocivité du césium 137 et autres isotopes radioactifs est  sans commune mesure avec celle de l’enfumage du CO 2 et autres gaz à effet de serre qui cachent surtout la pollution de la terre par la société industrielle depuis trop longtemps, notre « société » qui ne fait pas société.

Tout se transforme aussi en pertes (entropie) et profits pour les arnaqueurs et autres assoiffé de volonté de puissance qui dans leur schizophrénie ne se rendent même plus compte qu’ils ne peuvent non plus malgré tout leur argent et  scientisme, ne peuvent pas se protéger efficacement de la pollution radioactive. 

Alors en ce mois d’avril 2017, rappelons que  nous sommes en période d’effondrement. (Cf « l’événement anthropocène » Et rappelons que Tchernobyl a eu lieu en période d’effondrement de l'empire soviétique. Il n’est pas trop tard.

Je profite de ce courrier pour signaler une anecdote intéressante : ce 18 février 2017, lors de la énième manifestation de Bure, des grilles (après les murs en été) de l’Andra sont tombées comme les masques. Lorsqu’un jeune RG photographiait les  « munitions » près d’une barricade de fortune, il a omis de  photographier les « Tag » qui avaient été fraîchement dessinés sur la route ; parmi les tag habituels caractérisant la poésie française... « Andra barre- toi » etc... il y avait aussi un sigle particulier ; c’était un grand V dont partait de sa base une croix. C’est assez cocasse lorsqu’on pense que De Gaulle est le premier instigateur de l’hégémonie nucléaire en France. Mais, cette fois ci, c’est Vichy nucléaire que ces jeunes résistant ont en face d’eux. Ils ont d’ailleurs l’âge qu’avaient des personnes comme Léon Landini. Il faudra en parler à Gérard Longuet...

Jeune j’ai été séduit par le titre de ce livre « Ces chênes qu’on abat », je n’avais pas capté à l’époque que le  talent de Malraux permettait de calfeutrer l’expression « hégémonie de la France » derrière l’expression « grandeur de la France ». Hégémonie qu’avait bien vu la philosophe Simone Weil, c’est pour cela qu’elle s’est éloigné de « l’homme de la Bombe » juste après l’avoir rejoint en 1943 avant de décéder à Londres.

Le nucléaire n’a été développé que pour ses capacités meurtrières, c’est en second lieu, pour amortir le forfait, dans les deux sens du terme, que la caste technocratique des mines a imposé l’hégémonie de « l’énergie nucléaire » alors que c’est la façon la plus meurtrière et la plus absurde de faire bouillir de l’eau. Il n’est pas trop tard pour arrêter la machine absurde à broyer les hommes et le vivant.

Voici mes réponses à chacun de vos paragraphes :

- La controverse sur les faibles doses sont le point majeur d'attaque de notre collectif, il y a suffisamment de données scientifiques disponibles pour montrer la nocivité des faibles doses. Des organismes comme la CIPR, l'AIEA etc sont juges et partis, ils sont loin d'être fiables concernant la protection des personnes mais assurément fiables pour assurer le développement commercial du nucléaire civil et militaire, il y a aussi de la documentation à ce sujet.  

- Le niveau Alara « aussi faible que raisonnablement possible »,  ce sophisme a été inventé pour justifier l'injustifiable, faire accepter l’inacceptable. Il n'y a pas seuil de contamination en dessous duquel il n'y ait pas de problème de santé. Les effets sur l'environnement et sur la santé des populations sont justement « significatifs » même à faible dose, c'est pour cela que les autorités  depuis 70ans  ont étouffé et minimisé car cela remettait en cause l'existence même de l'industrie nucléaire. Les rejets dits « légaux » sont nocifs. (voir la documentation). « Les meilleurs techniques disponibles » ne sauraient suffire à empêcher un enfant d'avoir une leucémie dans un rayon de 5km autour d'une centrale. (voir doc)

- La réglementation qui autorise les rejets a été cousu main par le lobby nucléaire. Les exploitants nucléaires ont ainsi obtenu un permis d'empoisonner, un permis de tuer comme ils ont obtenu la garantie ne ne pas être inquiété en cas de catastrophe et qu'aucune assurance n'accepte de couvrir les dommages. Cela est inadmissible et criminel depuis le début. (La documentation est aussi sur internet et dans les bonnes librairies)

- De savoir la quantité de poison autorisé à être déversé chaque année dans un « rapport »est intéressante mais sans commune mesure avec le fait que c'est l'autorisation le plus gros problème, et Edf n'a pas le monopole des rejets (Armement, centre de recherche, centre de stockage, mesure etc).

- L'argumentation de 1mSV/an ne tient pas au regard de ce qui a été dit plus haut (pas de seuil), l'exposition artificielle c'est en plus de la radioactivité naturelle et le corps humain n'y ait pas du tout adapté. Les applications médicales des rayonnements ionisants sont aussi sujet à caution. (voir doc) 

- « Conformément à la loi » : Comme déjà mentionné plus haut la loi est faite par le lobby. Et l'ASN n'a pas les moyens ni la volonté d'assurer sa mission. Si l’ASN n’était pas membre du lobby et avait les moyens d’assurer sa mission de protéger les personnes, elle arrêterait immédiatement toute activité nucléaire.

- Les dommages à l'environnement et au génome sont tels qu'aucun responsable n'est en mesure d'assurer sa responsabilité ni en fonctionnement dit normal et encore moins en cas d'accident ou de guerre nucléaire.

- L'ASN ne peut qu'effectuer un contrôle relatif sur ces 127 INB et 50000 autres installation, elle ne vit pas à l'intérieur, elle ne voit pas comment le matériau vieilli et vit, etc et l'ASN ne maîtrise pas la conjonction de facteurs qui font qu'on peut se retrouver avec un accident majeur à tout instant.

- La décision de suspension est courageuse pour Fessenheim mais comme déjà dit le décideur au final n'est pas l'ASN. Les problèmes des générateurs ne sont que la pointe émergée de l'iceberg. C'est la totalité du parc nucléaire civil et militaire qui doit être suspendu définitivement.

- Comme déjà dit « la sûreté et la radioprotection » ne peuvent être assurées ni par l'ASN ni par quiconque au monde. C'est un devoir d'arrêter ces installations dans les plus brefs délais c'est à dire immédiatement.

Voilà pour votre lettre complètement vide de sens et de courage, mais il n’est pas trop tard...

Au bout de 10 ans, la manifestation permanente des vigies devant l’OMS s’est achevée ce 26 Avril 2017 par l’inauguration d’une stèle à la mémoire des victimes du nucléaire. Victimes non reconnues par les gouvernements et institutions prétendument « civilisés » « droit de l’hommiste » etc . On a beaucoup parlé de la « barbarie » ces dernières années mais la « barbarie » s’est arrêtée le 8 Mai 1945 et c’est le 6 Août de la même année qu’elle  a repris le pas. On peut même parler de processus  de «  non réaction en chaîne » ; en effet, aucune leçon n’a été retenue de Fukushima parce qu’aucune leçon n’a été retenue de Falloudjah, parce qu’aucune leçon n’a été retenue de Tchernobyl, parce qu’aucune leçon n’a été retenue de Hiroshima, parce qu’aucune leçon n’a été retenue de l’holocauste, parce qu’aucune leçon n’a été retenue de Wounded Knee, etc...

C’est la monstrueuse hypocrisie onusienne et gouvernementale. C’est un très grand crime, le crime contre le génome. C’est aussi un crime de bureaucrates, un crime de cols blanc comme … avec leur stylo, ils envoient des millions de personnes vers la mort ou la mauvaise santé en toute impunité. Lorsque c’est l’État qui tue, il ouvre la porte à tous pour tuer. Et on s’étonne de la « haine de l’Occident ». Or, il y a la haine de l’occident parce qu’il y a la honte de l’occident. Il y a la haine du français parce qu’il y a la honte du français. La production d’arme marche avec le crime nucléaire et il faut les stopper de toute urgence.

Sur la plaque de la stèle est bien aussi mentionné les victimes d’hier d’aujourd’hui et de demain, c’est sans fin mais on peut encore limiter les dégâts, il n’est pas trop tard...

Restant à votre disposition pour plus d'amples confrontations, je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes salutations.

Jean-Yves Peillard

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Pour en savoir plus et s'associer à l'action citoyenne de "mise en demeure" : le site du MAIN  http://m-ain.org/