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Exelon, le premier exploitant nucléaire américain, a annoncé la fermeture anticipée de deux centrales nucléaires non-rentables. L'exploitant nucléaire et les autres entreprises du secteur atomique dénoncent la concurrence (déloyale) des énergies renouvelables et la chute des cours de l’électricité. Cette annonce pour cause de non-rentabilité est un symbole fort face aux autres énergies de moins en moins chères et de plus en plus rentables.

USA_parc-nucleaire-americain-repartition-geographique.pngLe plus grand électricien américain en tirant un trait sur ces centrales atomiques de "Clinton" (le 1er  juin 2017) et de "Quad-Cities" en 2018 avoue que ses pressions sur les organismes fédéraux de régulation, ses interventions sur les marchés spéculatifs financiers, ses sollicitations appuyées envers les décideurs politiques et les autres parties liées au nucléaire (cf : l'armée) n'ont pas abouties. Les nucléocrates états-uniens souhaitaient qu'une nouvelle législation beaucoup plus favorable à leurs intérêts soit adoptée. Cela n'a pas été le cas à l'inverse de la France où ce sont les contribuables qui paient en permanence cette non-rentabilité.

Le pdg d’Exelon, Chris Crane, avoue que rien que ces deux centrales nucléaires ont cumulé des pertes atteignant 800 millions de dollars en à peine sept ans.

Cette décision ne devrait pas être isolée

BLM US NUCLEAR« Cela va précipiter sûrement d’autres fermetures », indique l'agence de notation financière internationale Fitch. Elle prévoit que les autres centrales atomiques d'Exelon, celles de la sinistre "Three Mile Island" et de Nine Mile Point, Byron et Ginna pourraient aussi fermer leurs portes, et ce, dans un avenir proche. Exelon , avec 64% de sa production issue de la destruction atomique, doit revoir tout son schéma d'avenir.

Et ce n'est pas un cas isolé. Ni de mauvaise gestion ou de délit d'initiés ni de détournement de fonds. D'autres entreprises du nucléaire font le même constat et sont dans la même logique. Telles "Dominion Resources" et "Entergy Corp" qui ont annoncé l'arrêt de leurs propres centrales nucléaires de "James A. FitzPatrick" en Nouvelle-Angleterre (début 2017) et de "Pilgrim Nuclear plant" dans le Massachussets envisagée pour fin 2019.

De son côté l’Institut américain de l’énergie nucléaire y voit une tendance "alarmante ». Car au pays du profit-roi et de l'implacable loi du marché les chiffres d'accumulation de plus-value comptent bien plus que la vie humaine et la sécurisation qu'ils savent par ailleurs impossible à réaliser.

Les autres énergies et notamment le gaz naturel très abondant sur le marché américain concurrencent systématiquement les réacteurs nucléaires à l'occasion des appels d’offres lancés par les Etats fédérés. Car ici l'Etat central ne décide pas de tout et laisse à l'équivalent de nos régions le choix de ses orientations énergétiques et des fournisseurs.

Ces fermetures anticipées de centrales nucléaires et les coûts d'un éventuellement démantèlement des réacteurs que, là aussi, les exploitants avaient refusés d'intégrer dans leur "rentabilité" révèle une santé financière maladive qui raye des objectifs l’avenir de l’atomisme aux Etats-Unis. Comme en France et dans le reste du monde malgré quelques tentatives de fuite en avant comme en Chine.