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2016-08-06_FR3_Hiroshima-Nagasaki_CAN84_Avignon_02.jpgAprès un rappel de l'horreur de la destruction atomique et de l'ignominie (1) qui conduisit des in-humains à prendre la décision de larguer sur des populations civiles 2 bombes atomiques ces 6 et 9 août 1945, un mot du maire d'Hiroshima, M. Kazumi Matsui, également Président des Maires pour la Paix, est lu :

« Le 6 Août 1945, une seule bombe atomique a transformé Hiroshima en une vaste plaine brûlée et des dizaines de milliers de victimes périrent dans les flammes. A la fin de l’année 1945, 140 000 êtres irremplaçables avaient disparu. Pour ceux qui survécurent, leurs vies grotesquement déformées, ce ne fut que souffrances physiques et morales, séquelles de la bombe, de la discrimination et des préjugés. Les armes nucléaires sont le mal absolu et le parfait modèle de l’inhumanité.
« Ce mal absolu perdure sous la forme de plus de 15 000 armes nucléaires disséminées à travers le monde, faisant ainsi peser une lourde menace quant à la survie de l’humanité. Aussi longtemps que de telles armes existeront, chacun de nous pourra devenir un hibakusha (un survivant des bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki). Il faut éliminer la totalité des armes nucléaires
."

Puis, avant la minute de recueillement, Michèle, entonne a capela "il y avait une ville... " de Claude Nougaro, devant un groupe de cinquante touristes japonais et les promeneurs sur la place de l'horloge d'Avignon :

" Que se passe-t-il ? / J'y comprends rien / Y avait une ville / Et y a plus rien

Je m'souviens que j'marchais / Que j'marchais dans une rue / Au milieu d'la cohue / Sous un joyeux soleil de mai / C'était plein de couleurs / De mouvements et de bruits / Une fille m'a souri / Et je m'souviens que j'la suivais / Je la suivais / Sous le joyeux soleil de Mai / Chemin faisant j'imaginais / Un mot gentil pour l'aborder / Et puis voici / Que dans le ciel bleu de midi / De plus en plus fort j'entendis

2016-08-06_FR3_Hiroshima-Nagasaki_CAN84_Avignon_01.jpgComme arrivant de l'infini / Ce drôle de bruit / Ce drôle de bruit

Je m'souviens que les gens / S'arrêtèrent de marcher / Et d'un air étonné / Tout le monde a levé le nez / Vers le ciel angélique / Couleur de paradis / D'ou sortait cette musique / Comme accordée sur l'infini / C'était étrange / Est-ce qu'il allait neiger des anges / Les gens guettaient dans un mélange / D'inquiétude et d'amusement / Et brusquement, / Il y eut un éclair aveuglant / Et dans un souffle incandescent / Les murs se mirent à trembler

Que s'est-il-passé ? / J'y comprends rien / Y avait une ville / Et y a plus rien

Y a plus rien qu'un désert / De gravats de poussière / Qu'un silence à hurler / À la place ou il y avait / Une ville qui battait / Comme un coeur prodigieux / Une fille dont les yeux / Etaient pleins du soleil de mai / Mon Dieu, mon Dieu / Faites que ce soit / Un mauvais rêve

Réveillez-moi / Réveillez-moi / Réveillez-moi "

Puis, après un long silence, Michèle interpelle chaque français et chaque française : Réveillez-vous !

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la presse en parle :

2016-08-09_LeDauphine_commemoration_bombardement_Hiroshima_Avignon_CAN84.jpg Le Dauphiné Libéré   2013-08-06_FR3_video_CAN84_Hiroshima_Nagasaki.JPG

FR3

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(1) La bombe atomique états-unienne larguée à 8 h 15 - à près de 9 000 mètres au-dessus de la ville d’Hiroshima à la verticale de l’hôpital Shima situé au cœur de l'agglomération – pulvérise toute la ville en 43 secondes. 75 000 personnes sont tuées sur le coup par l'explosion, la chaleur, et l'incendie, plus de 50 000 personnes supplémentaires meurent dans d’atroces souffrances dans les semaines qui suivent. À cela s'ajoutent les décès apparus par la suite en raison de divers types de cancers (334 cancers et 231 leucémies sur la population suivie, près de 2000 au total) et de nombreuses autres pathologies handicapantes. le nombre total de morts serait de l'ordre de 250 000 mais seuls les USA retiennent la vérité et la minorent. Sur les 90 000 bâtiments de la ville, 62 000 sont totalement détruits. Il ne reste aucune trace des habitants situés à moins de 500 mètres du lieu de l'explosion.

Une énorme bulle de gaz incandescent de plus de 400 mètres de diamètre se forma en quelques fractions de secondes, émettant un puissant rayonnement thermique. En dessous, près de l'hypocentre, la température des surfaces exposées à ce rayonnement s'est élevée un bref instant, très superficiellement, à peut-être 4 000 °C. Des incendies se déclenchèrent, même à plusieurs kilomètres. Les personnes exposées à ce flash furent brûlées. Celles protégées à l'intérieur ou par l’ombre des bâtiments furent ensevelies ou blessées par les projections de débris quand quelques secondes plus tard l'onde de choc arriva sur elles.

Des vents de 300 à 800 km/h dévastèrent les rues et les habitations. Les personnes proches de l'hypocentre dont les parties du corps furent exposées au flash ont été instantanément carbonisées jusqu’à l'hypoderme. Elles agonisèrent de quelques minutes à quelques heures. Le long calvaire des survivants ne faisait que commencer alors que le champignon atomique, aspirant la poussière et les débris, débutait son ascension de plusieurs kilomètres. Un énorme foyer généralisé se déclencha rapidement avec des pics de température en certains endroits.

Si certaines zones furent épargnées lors de l'explosion, elles devaient par la suite affronter un déluge de feu causé par les mouvements intenses des masses d'air. Cette « tempête de feu » fut similaire à celles observées lors des bombardements incendiaires sur les villes allemandes. Cette tempête de feu dura 16 heures et dévasta 11 km2, ce qui ne laissa que peu de chances aux victimes, souvent déjà blessées, qui y étaient piégées.  Le monoxyde de carbone entraîna aussi l'asphyxie de milliers de personnes au milieu du foyer. Peu de rescapés.

Quelques heures après l'explosion, le nuage atomique ayant atteint un développement vertical important provoqua des chutes de pluie. Celle-ci contenait des poussières radioactives et les cendres qui lui donnaient une teinte proche du noir. Les gouttes de pluie étaient aussi grosses que des billes.

65 % des survivants d'Hiroshima et Nagasaki, ont été atteints par le flash lumineux responsables de près de 50 % des décès, Brûlures de la peau par le rayonnement thermique émis pendant une fraction de seconde au moment de l'explosion. Brûlures du premier degré jusqu’à 5 km de l'hypocentre, Brûlures du troisième degré mortelles sur la peau nue jusqu'à 2,5 km, Les personnes proches de l'hypocentre ont été instantanément carbonisées jusqu’à l'hypoderme. Elles agonisèrent de quelques minutes à quelques heures. Pendant le vol retour, les aviateurs verront pendant encore 500 kilomètres le champignon atomique qui, en deux minutes, a atteint 10 000 mètres d'altitude. Des 64 kg d'uranium de la bombe un demi-gramme a été transformé en énergie de mort.

Trois jours plus tard, le 9 août 1945, les Etats-Unis récidivent leur crime sur la ville de Nagasaki. A 11 h 02 du matin, le B-29 états-unien « Bockscar » largue une autre bombe atomique qui explose à 580 m d'altitude, à la verticale du quartier Urakami. Cette bombe était une bombe au plutonium d'une puissance de 17 kilotonnes, différente de celle à l’uranium 235 d’Hiroshima.

Le scénario d'Hiroshima se reproduisit, à peine moins meurtrier : 75 000 des 240 000 habitants de Nagasaki furent tués sur le coup, au moins autant d'habitants décédèrent des suites de leurs maladies ou de leurs blessures, non seulement des Japonais mais aussi 13 000 Coréens (travailleurs forcés pour la plupart) et 200 prisonniers de guerre alliés.

Le président américain Harry S Truman se félicita de sa décision d’avoir lancer les bombes atomiques sur le Japon. Les Etats-Unis règneront en maître sur le monde, le Japon deviendra une base avancée dans la lutte contre l’émancipation des peuples et l’URSS, tout un pays devra être reconstruit par les entreprises américaines, le business va tourner à plein.