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Ici en France, pays le plus nucléarisé au monde par habitant, à chaque minute chacune des 125 installations nucléaires civiles (INB) dont les 58 réacteurs atomiques des centrales électriques, des installations nucléaires militaires-secrètes (INBS), des ICPE nucléaires (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement) rejette des substances radioactives mortelles :

. dans l'air que nous respirons,

. dans l'eau que nous buvons et avec laquelle nous cuisinons, dans laquelle nous nous baignons ou pêchons et avec laquelle les agriculteurs arrosent les cultures,

. sur la terre que nous parcourons.

Chaque minute chaque installation atomique « civile » ou « militaire » disséminée sur le territoire génère des déchets radioactifs mortels dont certains le seront pour un million d'années imposant aussi à nos enfants et petits-enfants, et ce pour plus de 1000 générations à venir, la maladie et la mort.

C'est humainement monstrueux, c'est éthiquement dégueulasse, c'est immoral. Le nucléaire est moralement et socialement inacceptable. Il faut que ça s'arrête immédiatement et sans aucune autre considération financière, économique, technique,  bureaucratique, de pouvoir, d'égo. On ne pactise pas avec le crime, on le l'accompagne pas, on ne le gère pas.

A danger immédiat : arrêt immédiat, inconditionnel et définitif

L'arrêt immédiat du nucléaire est la seule exigence cohérente, la seule pertinence face aux agressions quotidiennes de la radioactivité sur la santé et la vie. Il n'est plus question de scénarios mais de ce qui doit être mis en œuvre pour arrêter le nucléaire immédiatement, qu’il soit dit militaire ou dit civil. Rappelons que La raison d’être du nucléaire n’est pas énergétique (moins de 2% de consommation d’énergie dans le monde) mais militaire.

Si au début des années 2000, on pouvait peut-être encore réfléchir sur la manière de « sortir » du nucléaire avec des stratégies de petits pas et des scénarios à 5, 10 ou 20 ans : aujourd'hui les temps ont changé. Nous savons, nous connaissons la monstrueuse réalité des cancers radio-induits de la peau, du cerveau, du cœur, des organes génitaux, du système lymphatique ou osseux, des enfants atteints de leucémie et de dysfonctionnement de la thyroïde, de handicap moteur et physique, de fœtus atrophiés, de femmes contraintes d'avorter, de modification de notre ADN.

La vétusté des installations atomiques arrivées en fin de course et leur désagrégation physique et matérielle accroissent la menace sur nos vies, notre santé, nos lieux de travail et d'habitat, et toute la chaîne alimentaire. Malgré les centaines de millions d'euros injectés dans des réparations illusoires (« grand carénage ») qui augmentent la dette que nos enfants auront à régler à notre place. Et le chantage énergétique de l’industrie nucléaire ne marche plus auprès de la population.

En finir maintenant avec l'atomisme, avant la catastrophe

L’arrêt immédiat du nucléaire exige : l’arrêt des importations d'uranium issues de la politique colonialiste perpétrée dans les pays africains, l'arrêt des exportations d'installations nucléaires, l’arrêt des usines de production d'éléments de fission atomique (injustement appelés « combustible »), l'arrêt de l'extraction du plus mortel des produits créé par l'être humain  à partir des déchets radioactifs (injustement appelés « retraitement des produits valorisables ») : le plutonium.

. Le fiasco financier, commercial et technique d'Areva et de son maléfique EPR,

. le surendettement d'EDF en quasi-faillite et qui exige encore et encore l'augmentation des tarifs d'électricité nucléaire pour faire tourner se ses vieilles centrales nucléaires tout en détruisant son propre parc de centrales thermiques et qui continue le développement de son projet démentiel (Iceda),

. le CEA qui aspire et augmente les dépenses publiques colossales pour la recherche et le développement du nucléaire civil et militaire et de ses projets fous tels ITER (fusion nucléaire) ou Astrid (surgénérateur atomique),

. l'Andra qui veut planquer sous terre les déchets mortels (Cigeo)

se font, au détriment du pays et de tous les autres secteurs et domaines de recherches (dont celles des solutions énergétiques alternatives qui sont pourtant mises en œuvre dans tous les autres pays de la planète). Le parasitisme nucléaire doit cesser immédiatement comme le dit, elle-même, dans son langage châtié, la Cour des Comptes.

Le pouvoir politicien, l’État et le lobby nucléaire nous préparent à la catastrophe

L'ancien président de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (André-Claude Lacoste) a déclaré devant une commission de l'Assemblée Nationale qu'on ne pouvait plus exclure à présent en France une catastrophe nucléaire. L'actuel président de l'ASN (Pierre-Franck Chevet) est sur la même longueur d'onde. Mais aucun, du plus haut sommet de l’État aux groupes de pressions économiques et de castes élitistes, ne veut en tirer la seule conclusion rationnelle et réaliste : la mise à l'arrêt immédiat de la cause de la barbarie.

Pire, l’État, les conseils d'administrations des entreprises atomiques, les institutions sensées réguler le secteur de la destruction atomique organisent un écran de fumée sordide : la distribution de pastilles d'iode, censées être miraculeuses, dans un rayon de 10km autour des centrales nucléaires. 10Km ! alors que le nuage radioactif à Fukushima a parcouru 400km passant par Tokyo en fonction des conditions climatiques et que celui de Tchernobyl poussé par le vent a parcouru plus de 1200km. Et l'eau est contaminée et impropre à la consommation jusqu'en Amérique du nord.

Et, ces pastilles d'iode ne peuvent éventuellement protéger … que uniquement la thyroïde. Mais pour autant qu'elles soient ingérées dans les instants … précédents la catastrophe ! (bonjour la rationalité et vive les voyant et autres devins). Et sans protéger pour autant nos autres organes (cœur, cerveau, yeux, poumons,...) pas plus que nos os ni la peau,

Les autorités et le clan atomiste ont même élaboré un plan sinistre de gestion des populations lors de la catastrophe nucléaire qui arrive : l'armée sera déployée contre les tentatives de fuite des habitants, les parents devront abandonner leurs enfants s'ils se trouvent en dehors du lieu d'habitat, chaque personne devra intégrer le troupeau humain et se soumettre aux ordres policiers et préfectoraux soit en restant prisonnier dans les zones radioactives soit en étant définitivement expulsé de son lieu de vie et de travail ou d'école. Abandonnant donc tout ce qui fait la vie et les projets de vie de chacun et de la collectivité : le secteur agricole nourricier, les établissements scolaires, l'habitat, le cimetière des anciens, le commerce et l'entreprise, le secteur touristique,...

L'échec du « mouvement antinucléaire » actuel

Si avant 2010, le réseau Sortir du nucléaire (rsdn) rassemblait encore majoritairement les antinucléaires, en parallèle à d'autres organisations et groupes indépendants, ce n’est plus du tout le cas actuellement. Il est devenu, à l'image d'une ONG institutionnalisée et marchande, de plus en plus coupé de sa base militante. Cette structure n'est plus une fédération mais une simple association administrée par des représentants ou individus plus ou moins intéressés par des rentes de situations et où la bureaucratie et l'appareil ont pris le pouvoir.

Cette organisation est entrée dans un cycle incestueux : en attirant le plus de monde possible, les dons affluent (1 million d'Euros) sans être redistribués aux groupes actifs de terrain et, professionnalisée à l'excès sur le modèle d'une banale entreprise capitaliste, le poste de chacun (15 salariés qui absorbent près de 70% des dons) est sécurisé. Pourquoi arrêter alors le nucléaire ? Le greenwashing destiné à séduire le plus grand nombre est en marche. Il faut donc présenter l'image d'une ONG respectable luttant tranquillement contre le nucléaire – d'où les quelques actes bisounours-pompe à fric et de bonne conscience style « chaînes humaines  environnementalistes »-  et annoncer des scénarios de sortie sur une durée plus ou moins longue, voire sans fin, qui ne remettent pas en cause la logique du système.

Pour le rsdn, le nucléaire n'est sans doute pas si malfaisant puisqu'on peut se permettre d'attendre avant de demander aux institutions de bien vouloir s'en débarrasser, peut être un jour. Ce positionnement permet à cette organisation de devenir politiquement acceptable pour les autres organisations et partis  environnementalistes et, potentiellement, de participer aux « grands débats nationaux » organisés par le pouvoir politique et économique aux ordres des intérêts nucléaristes.

Évidemment, dans ce positionnement de collaboration et d'accompagnement du système, tout discours ou toute position pouvant être perçus en cohérence avec la situation de crime sanitaire est taxé de radical. Et évacué voire combattu car présentant un risque de compréhension du réel par le « grand public » et les médias ; d'où des glissements de la lutte antinucléaire sur des questions "climatistes", énergétistes et technophiles pour noyer l'enjeu fondamental.

C'est un constat d'échec cinglant

- alors que le nucléaire bat de l'aile et se trouve en faillite, cette fédération n'est pas parvenue à des résultats tangibles contre la monstruosité atomique malgré l'engagement et le dévouement de centaines de militants de base,

- le rouleau-compresseur du lobby de la destruction atomique à poursuivi son œuvre de mort et le développement de ses installations mortifères (plus aucun habitant ne se trouve en France à plus de 190km d'un site nucléaire),

- le poison mental d'un nucléaire finalement pas si dangereux que cela a été introduit dans les têtes au nom du monopole nationaliste et par les sucettes consuméristes,

- la fausse séparation entre nucléaire militaire et nucléaire civil voulu par les États-Unis (« atome for peace ») a colonisé la France,

- les élu-es et centres décisionnels délégataires et administratifs n'ont jamais été aussi englués dans la soumission idéologique et passéiste à la mort et à la domination sur les peuples.

Vu le nombre de tentatives d'amélioration, de refondation, de réorganisation internes au rsdn avortées depuis des années et quel que soit le bricolage trouvé et tenté : force est de constater que cette organisation n'est plus réformable, incapable de se mobiliser et dépourvu de synergie. Nous ne pouvons qu'en dresser, de fait, l'acte de décès.

Comment s'organiser contre la dictature atomiste et la catastrophe nucléaire ?

Il est temps de s'émanciper. L'expérience nous montre qu'une structure, quelle qu'elle soit et notamment nationale ou internationale, finit toujours à un moment de son existence par prendre le pas sur l'objectif initial et devient bouffeuse de l'énergie de ceux-celles qui luttent sur le terrain.
Organisant, au-delà de stratagèmes de comités de réflexion, de conciliation, de participation, de retour d'expériences, etc... la mutilation concrète de la libre expression analytique et critique des uns et des autres (cause toujours tu m'intéresses), clivant sur le principe du pouvoir monarchique du chef, sur la délégation de pouvoir, sur une majorité niant la réalité et le droit créatif et à l'existence de minorités et de la singularité, empêchant toute évolution de fond et transformation, s'inscrivant dans la durée alors que l'essence de l'antinucléaire est justement à l'opposé : que ça cesse.

Nous annonçons donc  la naissance d'une nouvelle dynamique antinucléaire nationale

qui affirme l'exigence morale et sanitaire de l'arrêt immédiat, sans aucune condition et définitif du nucléaire « civil » et « militaire », et qui s'engage dans une lutte n'excluant aucun moyen d’action à l’exception de toute violence aux personnes.

L'exigence de démocratie directe de proximité et non-délégataire, ou de mandats impératifs à durée limitée, est de nature à générer de nouvelles dynamiques et perspectives. Nous affirmons que chacun-e peut avoir confiance en ses propres forces et capacités de réflexion et d'actions, qu'elles soient individuelle ou collective, et en cela nous refusons le système pyramidal.

Vers le renouveau de la lutte antinucléaire pour la vie : se relier sans se nier

Ce regroupement informel pour l'arrêt immédiat du crime atomique, tourne la page à l'accompagnement du système nucléaire et des stratégies politiciennes à la remorque des partis et de la logique dominante.

Afin d'éviter l'holocauste atomique, il vise à redonner enfin la parole et la possibilité de s'engager à chaque habitant de nos territoires, sans chef et sans délégation de pouvoir à autrui sauf à soi-même, et place la conscience humaine et le bien commun au-dessus des intérêts financiers et scientistes, des groupes de pressions.

Cette dynamique n'a pas vocation à être ou devenir un centre de décision ni de proposition supérieur. Elle repose sur l'organisation autonome des personnes, groupes et collectifs quels que soient leur forme et structure indépendante. Pour des actes et actions de terrain diversifiés et multipliés. Ces « résistant-es antinucléaires » du genre humain pourrons se relier transversalement, d'une région à l'autre ou localement, grâce aux contacts directs et aux outils de communication internet. Ils pourront se coordonner pour des actions concertées de niveau régional, national et international tout en gardant leur totale liberté d'initiatives indépendantes.

L'arrêt immédiat, inconditionnel et définitif du nucléaire se matérialise par :

. l'arrêt immédiat de la production d'électricité d'origine nucléaire,

. l'arrêt des programmes d'enfouissement en grande profondeur des déchets nucléaires et de dissémination des matières radioactives,

. l'arrêt de tous les projets d'installations nucléaires et de recherche nucléariste,

. l’utilisation de tous les moyens de production électrique disponibles en substitution, dont les capacités de production des centrales thermiques existantes pendant la période transitoire,

. la mise en place d’une politique sociale de l’énergie, et la réappropriation par la population  de ses besoins énergétiques,

. la décentralisation des moyens de production et leur réappropriation par les citoyens,

. le développement, adapté aux réels besoins fondamentaux, de toutes les sources d’énergie alternatives,

. la mise en place d’une politique radicale d’économie de l’énergie électrique,

. le passage du gaspillage à la sobriété énergétique,

. l'abandon de l’électricité pour des usages thermiques tel le chauffage d'origine électrique,

. la reconversion des salariés de la production nucléaire dans les emplois nécessaires à la transition énergétique et à l’arrêt des installations nucléaires et à leur surveillance,

. l'arrêt immédiat de l'exploitation de l'énergie nucléaire dans le domaine militaire tant pour la propulsion que dans l'armement,

. la dénonciation du nucléaire comme fausse-solution à l’effet de serre.

A chacun et chacune, là où il-elle se trouve, de passer à l'acte, de se relier aux autres pour libérer notre pays et la planète du crime nucléaire et empêcher l'holocauste atomique. ( Contact provisoire : arretimmediatdunucleaire@outlook.fr .)

Signataires : des individus et collectifs, citoyens, parents et grands-parents, jeunes et     adultes, victimes du nucléaire civil et militaire, malades de cancers radio-induits, refuznik de l'atomisme, Résistants au crime sanitaire nucléaire.

icone-pdf.jpg2016-02-08_post-congres.pdf

(1) - Le nom de ce nouveau regroupement n'est pas encore défini, mais déjà quelques appellations circulent : ADN (Arrêt Du Nucléaire ou Arrêt Définitif du Nucléaire), Arrêt Immédiat du Nucléaire, Stop-Nucléaire, Coordination Nationale Contre le Crime Nucléaire,... la parole est à chacun et chacune.