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C'est un secret de polichinelle qui a débordé bien au-delà des militants et des services de renseignements policiers politiques du pays : le "mouvement" nucléaire est en crise et notamment sa composante organisée depuis 18 ans sous le label de Fédération Sortir du Nucléaire. Dans le moment même ou l'atomisme n'a jamais été aussi en difficulté sur la planète et fait la démonstration de sa malfaisance.

Divers et variés les groupes, collectifs antinucléaires et individuels n'ont, en France, jamais été vraiment sur la même longueur d'onde depuis les débuts de la dramatique ère atomique militaire puis civile :

. Certains se positionnent pour des raisons sanitaires et de santé publique et contre la barbarie militaire atomique pour l'arrêt immédiat et inconditionnel du nucléaire. ( Même si le nucléaire civil était gratuit, même si il n'existait pas d'alternatives technologiques pour produire de l'électricité, ce qui n'est évidemment pas le cas puisque 95% des pays de la planète vivent et se développent sans nucléaire) C'est la position de la Coordination antinucléaire du sud-est qui ne fait pas partie de la fédération SDN. Les collectifs de la CANSE sont indépendants et autonomes au plus près du "terrain".

. d'autres, en France, se positionnent pour un accompagnement du système et du jeu politique et pour une sortie progressive du nucléaire en s'inscrivant dans la durée. Ce faisant, ils acceptent le maintien de fait du nucléaire pendant un certain temps, plus ou moins long voir pour une éternité. Leur position se traduit ainsi par une demande présentée aux autorités de bien vouloir prendre une décision immédiate  de sortir du nucléaire. Dans ce second panel certains ont institutionnalisé nationalement leur démarche avec à la clef : siège social, budget très conséquents (1 million d'euros), listes de donateurs, administration salariale (17 salarié-es) et le principe pyramidal de la délégation de pouvoir et de l'entreprise. D'autres souhaitent régionaliser cette institution et décentraliser le système.

La Coordination antinucléaire du sud-est, qui en tant que telle, a pris la décision de non-participation à ce congrès, livre ci-dessous les enjeux de cette rencontre qui peuvent se résumer à "on continu mais pourquoi et comment ?". Questionnement que toute organisation ou mouvement s'est posé à un moment de son existence mais qui, face à la monstruosité apocalyptique atomique, ne peut se résumer à une simple "discussion de salon" s'inscrivant dans la durée.

Force est de constater que le conditionnement orchestré depuis près de 50ans par les nucléocrates et leur appareil d'Etat, relayé par les politiciens de tous bords et une propagande-publicité permanente, ont conduit la population:  à accepter l'inacceptable, à déléguer son pouvoir à une autorité supérieure en contre-partie d'illusions et d'une soumission intellectuelle et morale indigne humainement. Sans d'ailleurs que son avis n'ait été sollicité à aucun moment.

La dangerosité et la nocivité du principe même de la destruction atomique, quelle soit militaire ou civile, concerne tout le monde, chacun et chacune. Pas uniquement les spécialistes de l'atome, les salariés des entreprises concernées, les personnes qui ont fait le choix conscient de s'engager contre cette monstruosité des "temps modernes" née de la guerre.

Les pièces du débat :

- Réflexions du Can84 pour sortir de la schizophrénie et du crime atomique. Un document qui retrace l'historique du nucléaire en France et des luttes d'opposition avec leurs succès et leur échec. Méthodologie : la question du « pourquoi ? » avant celle du « comment ? ». Dans la vie personnelle comme dans la vie sociétale, si l'on veut un temps soit peu être en situation de lucidité et de choix permettant la mise en oeuvre d'actes conscients et adéquates il importe de définir une méthodologie, une démarche principielle. Bien souvent l 'échec et l'incompréhension proviennent d'une inversion de questionnement : la primauté du « comment ?» en lieu et place du « pourquoi ?», reléguant ainsi le fond derrière la forme.... (suite ici)

- "Ne soyons pas amoureux de nos chaînes", Zoom arrière et focus, décentrements afin de percevoir ce qui se joue (suite ici)

- "Atomes crochus" , document-débats de préparation du Congrès de la Fédération SDN et retour sur la crise qui agite cette fédération depuis notamment 2010 et scénarios d'évolution/transformation/renouveau des stratégies antinucléaires ouverts aux membres ou extérieurs (suite ici)

- Réflexions d'un militant antinucléaire de base, de quoi la lutte pour la vie contre le crime nucléaire a-t-elle besoin ? (suite ici)