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Le terrorisme s’immisce dans la préparation de la Conférence internationale Climat, nous rappelant qu’État guerrier portant le fer en Afrique et au Moyen Orient, la France s'expose aux attentats meurtriers, d’autant plus qu’il n’a pas grand-chose à offrir à sa jeunesse en difficulté. C'est l'occasion d'interdire toute manifestation, une chance inespérée de mettre un foulard sur ce qui reste de démocratie…. Gageons néanmoins que les mouvements citoyens dénonçant les contradictions et hypocrisies des effets d'annonce déborderont les interdictions et les barrages policiers.

2015-06-11_CAN84_2-degrésOutre les menaces qui pèsent sur les regroupements festifs, les plus graves concernent les attaques chimiques, bactériologiques, mais aussi le sabotage d'installations nucléaires. Cette dernière possibilité qui n'est pas citée par l’État, et dont les conséquences pourraient être considérables, est d'autant plus crédible que ces installations sont particulièrement exposées à des incursions illégales ou des malveillances internes, et que les multiples transports de matières radioactives sont des cibles faciles.

Et si l’État ne parle pas du risque de sabotage nucléaire, c'est pour protéger à tout prix ce fleuron de la « grandeur » de la France, auquel l'armement atomique est intimement lié, lui-même marqueur du coq cocardier guerrier.

Il est probable que le lobby du nucléaire va faire la promotion du nucléaire au cours de la conférence, comme énergie prétendue peu émettrice de gaz à effet de serre, et ce en faisant l'impasse sur la question irrésolue des déchets, et surtout sur les conséquences mortifères de cette énergie (voir en annexe).

Pour cela nos nucléocrates d’État ont deux fers au feu:

- EDF qui récupère un morceau d’Areva, celui de la construction de réacteurs à eau issus de la filière westinghouse, et qui suite au fiasco de l’EPR veut maintenant proposer un réacteur plus petit l’Atmea, en collaboration avec le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI), et peut-être la Chine.

- Le CEA qui œuvre depuis 60 ans au développement de la filière plutonium, et qui malgré le fiasco de superphenix prépare la construction à Marcoule du réacteur Astrid.

Tout cela s’inscrit dans un contexte financier difficile, l’État devant renflouer les énormes déficits d’areva, et pour EDF augmenter les tarifs d’électricité, tout en continuant à financer les coûts croissants rapidement d’Iter et de la gestion des déchets, puits sans fond. Le nucléaire coûte cher, mais ce n'est pas le plus grave, le plus grave est la contamination du vivant, la multiplication des victimes (voir en annexe). Ce crime contre l'humanité doit être arrêté, aussi bien en ce qui concerne le nucléaire civil que militaire, qui sont étroitement liés.

Alertons contre, et dénonçons, toute annonce de relance du nucléaire qu'il s'agisse de la filière de 3ième génération (EPR), ou celle de la 4ième (la filière plutonium) dont la construction du réacteur Astrid est prévue à Marcoule. Malgré les fiascos du nucléaire français qui caractérisent ces deux filières, les nucléocrates œuvrent à leur promotion.

La conférence doit examiner les effets de la pollution atmosphérique, mas ignorer la contamination radioactive, et l'altération de l'ADN de tout le vivant de la planète.

L’état d’urgence face au terrorisme tourne à la répression des mouvements sociaux


A consulter : http://www.bastamag.net/Premieres-convocations-policieres-pour-avoir-enfreint-l-interdiction-de  - Ce que vous avez toujours voulu savoir sur la COP21, le co2 et le nucléaire ! Document spécial de l'Observatoire du nucléaire http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article292 .  -Et le point de vue d'un nucléocrate : Quel avenir pour les réacteurs nucléaires de 3e et de 4e génération ? http://www.connaissancedesenergies.org/tribune-actualite-energies/quel-avenir-pour-les-reacteurs-nucleaires-de-3e-et-de-4e-generation

Annexes :

Et le risque d'attentat contre une centrale nucléaire?

Les attentats abjects du 13 novembre sont d'une nature différente de ceux de janvier à Paris ou même de ceux du 11 septembre à New York. Dans les deux derniers cas (et dans bien d'autres dans le monde), le message porté par ces attentats était surtout de nature symbolique: frapper les symboles de l’État américain à New York, ceux de la liberté d'expression et de conscience (et singulièrement mais pas exclusivement du judaïsme) à Paris. Dans aucun de ces cas, malgré tout ce qui a été dit et écrit, le but n'était de "faire le plus de victimes possible", car si cela avait été le cas d'autres cibles auraient été choisies, par exemple des stades sportifs ou d'autres rassemblements populaires, ou des cibles industrielles de type Sévéso (et le 11 septembre nul n'aurait pu s'y opposer car nul n'avait semble-t-il prévu les détournements d'avions). Mais vendredi dernier il y a eu un "changement de paradigme".  Les cibles choisies, avant tout le Stade de France et le Bataclan, avaient certes une charge symbolique: attaquer la jeunesse, les loisirs, et plus généralement un "mode de vie", dans une société qui reste encore perçue dans le monde entier comme porteuse historique de l'universalisme des Lumières et des Droits de l'Homme, même si depuis belle lurette ces idéaux sont en fait souvent battus en brêche dans notre pays.. Mais au-delà ce cet aspect symbolique, ces attentats avaient bien pour but de "faire le plus de victimes possible". Et il est légitime de suspecter que les "prochains" attentats risquent bien d'avoir le même objectif. (Alain_Dubois . http://blogs.mediapart.fr/blog/alaindubois/201115/et-le-risque-dattentat-contre-une-centrale-nucleaire)

Et on sait maintenant que le nombre de victimes du nucléaire est considérable

D'après le CERI1 (Comité Européen sur le Risque de l'Irradiation), le nucléaire, c'est 61 millions de morts et 123 millions de cancers de 1945 à 2002. En outre les radiations ont induit une importante mortalité néonatale et fœtale (3,4 millions).

Comment tolérer que cette industrie poursuive son activité mortifère ? Revendiquons son arrêt immédiat ou quasi immédiat.

L'élaboration de cette étude initiée à l'initiative des Verts européens, a rassemblé une palette d'experts indépendants du monde entier et a pris en

compte dans ses travaux plus de 600 publications scientifiques sur le sujet. Le CERI prend en compte les effets biologiques des radioéléments artificiels issus

des centrales nucléaires, radioéléments qui n'existent pratiquement pas dans la nature, et qui, s'intégrant à la vie, font des dégâts considérables lorsqu'ils se désintègrent dans nos corps. C'est le cas par exemple des atomes de tritium, strontium 90, césium 137, iode, plutonium, etc.

CERI Recommandations 2003 du Comité Européen sur le risque de l'Irradiation sous titre:  « Étude des effets sanitaires de l'exposition aux faibles doses de radiation ionisante à des fins de radioprotection » (Éditions Frison-Roche ISBN 2-87671-449-3). Cet ouvrage est une traduction de l'édition anglaise « 2003 Recommandations of the European Comittee on Radiation Risk » par The European Commitee on Radiation Risk, 2003

Qu’en est-il aujourd’hui du nucléaire ?

Areva plonge, plombée par la gestion d’Anne Lauvergeon et ses investissements prohibitifs, par l’échec de l’EPR finlandais, et ce dans une conjoncture internationale du nucléaire quelque peu dépressive. Quant à EDF cela ne va pas fort non plus, et les arrangements concoctés par l’État avec le CEA, voire avec la Chine, ne changent rien au fait que de toutes façons c'est nous qui paieront la note, puisque EDF, Areva, CEA sont pour l'essentiel publiques.

A l’Échelon mondial, malgré les velléités de la Chine, de l’Inde et de la Russie, il ne se porte pas très bien, la catastrophe en cours à Fukushima aggravant la tendance qu’on pouvait percevoir déjà avant 2011. Des dizaines de réacteurs vont fermer dans les années à venir, et ils ne seront quasiment pas remplacés. La part du nucléaire dans l’électricité est tombée à moins de 10 %, et cela ne représente à peine que 2 % de l’énergie totale consommée sur la planète, c’est à dire pas grand-chose.

Ce n’est pas grand-chose mais cela n’empêche que la planète est entièrement contaminée de radioéléments générés par le nucléaire aussi bien civil que militaire, les deux étant intimement liés. L'ADN de toutes les espèces vivantes est menacé. C’est le résultat des multiples essais nucléaires, du fonctionnement des réacteurs rejetant en permanence leurs polluants, et bien sûr des catastrophes.

Cette pollution n’a rien à voir avec la radioactivité naturelle à laquelle les espèces vivantes se sont adaptées. En effet la radioactivité artificielle génère des atomes radioactifs qui sont métabolisés dans le vivant, se retrouvent dans les végétaux et les animaux que nous consommons. C’est lorsqu’ils se désintègrent dans notre organisme qu’ils font des dégâts auxquels nous sommes tous sensibles, et plus particulièrement les jeunes. Les estimations du nombre de victimes cumulées depuis le début de l’ère nucléaire est effrayant et permet de parler de barbarie, voire de crime contre l’humanité.

En France, nos réacteurs vieillissent, deviennent de plus en plus dangereux, et il n’est pas exclu que nous ayons à subir la prochaine catastrophe nucléaire, après Three Miles Island (USA), Tchernobyl (URSS), Fukushima qui continue à cracher et dont on ne sait pas comment gérer les cœurs en fusion qui se sont enfoncés dans le sous sol.

Aurons-nous à vivre la même situation qu’en Biélorussie où, en zone contaminée, les enfants ont pour les 4/5 d’entre eux des maladies de vieux ? Imperturbablement, les réacteurs nous fournissent les 3/4 de notre électricité, contrairement à nos voisins d’Europe occidentale qui développent des stratégies pour échapper à la menace nucléaire : Renouvelables, maitrise de l’énergie et même centrales thermiques.

Et n'oublions pas, il faut le redire, nucléaire civil et militaire sont intimement liés, le nucléaire a été développé d'abord pour l'armement à l'initiative de de Gaulle, puis de Mendès France et bien d'autres. C'est de la « grandeur » de la France qu'il s'agit…. Et nous avons à revendiquer l'arrêt de ces nucléaires mortifères avant qu'il ne soit trop tard.

Pierre Péguin, décembre 2015