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. Au 8 janvier 2015, le CEA possède 54,37% des parts d'AREVA. La coordination antinucléaire du Sud-Est est la seule à s'en prendre directement au CEA en mettant en cause la validité de ses propres travaux scientifiques,
. L'avant projet détaillé Astrid pour 2016/2019 doit être budgétisé cette année,
. Lors de la loi Macron, l'amendement CIGEO est passé au forceps du 49-3,
. Il est bon que les militants écologistes ne se rebellent pas contre la tentative d'AREVA, du CEA et de l'ANDRA, de faire taire les anti-nucléaires radicaux


I ) Pourquoi nous ?

Comme il est indiqué ci-dessus, le CEA est actionnaire majoritaire du groupe AREVA ( http://www.areva.com/FR/finance-1166/structure-du-capital-du-leader-mondial-de-l-industrie-nucleaire-et-acteur-majeur-des-bioenergies.html ). Or aucun organe d'information, à ce jour, à part la coordination, ne s'est permis de s'attaquer à la validité des travaux scientifiques publiés par le CEA, et ce à partir non de critiques externes, mais en montrant les erreurs et manipulations des propres travaux publiés par le CEA.

Les sujets concernés sont loin d'être anodins :

La stratégie nucléaire du CEA repose sur trois axes :

  • Recyclage à la Hague en vue de récupérer le plutonium (fabrication du MOX, et … militaire)

  • Vitrification, toujours à la Hague, des déchets hautement radioactifs non « recyclables » selon le CEA, verres inaltérables pendant au moins 300 000 ans.

  • Mise en route du « nucléaire durable » avec la transmutation et le futur réacteur de 4ème génération Astrid

Or que s'est-il passé sur le site de la coordination :

1°) Mise en cause de l' « inaltérabilité des verres nucléaires »

Les billets concernant l'étude critique des documents scientifiques du CEA ( Etienne Vernaz et autres directeurs de recherche signataires des travaux cités) sont ici :

Par Pierre Péguin :

Vitrification des déchets radioactifs, la grande mystification :http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2013/10/04/Vitrification-des-dechets-radioactifs-HAVL-Mystification

Par Gilbert Tallent :

Déchets Haute Activité Vie Longue (HA VL): on nous ment / Réponse au Président du Visiatome de Marcoule, diurecteur de recherche au CEA, Etienne Vernaz, (suite): http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2013/10/04/dechets-nucleaires-HA-VL-on-nous-ment-reponse-Etienne-Vernaz

Nuclear Gate : les scientifiques français sont-ils des fraudeurs et des manipulateurs ? Les citoyens pourront-ils désormais faire confiance en leur expertise : http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2013/10/09/Nuclear-Gate-CEA-et-manipulations-scientifiques

Il apparaît, de manière évidente à la lecture de ces billets, que non seulement ces travaux du CEA sont entachés d'erreurs de calcul (entre autres approximations, vitesse de décomposition des verres variant d'un facteur 100 selon les documents), mais que ces verres nucléaires qualifiés d'inaltérables, et ce à des échelles de temps immémoriaux (300 000 ans!), sont en fait solubles dans l'eau, et ce dès que l'eau les atteint.

Ils relâchent alors dans l'environnement des quantités importantes de radionucléides très toxiques, au regard de l'énorme quantité de verre qui sera entreposé.Comment faire confiance, alors, à des scientifiques qui tordent ainsi la réalité dans le sens qui les arrange ?

2°) Mise en cause du « coffre fort géologique » à propos de l'argilite de Bure

par Gilbert Tallent :

Questions ouvertes à l'IRSN : http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2014/02/05/Questions-ouvertes-a-l-IRSN

Comme le verre n'est plus inaltérable, comme démontré ci-dessus, la stratégie de communication de l'ANDRA a alors tourné vers le « coffre fort géologique » que constituait la roche très dure, l'argilite, du centre de Bure où seront stockés les « colis » si cette aberration voit le jour.

Le billet ci-dessus démontre, grâce à une expérience de Michel Guéritte (validée par l'IRSN), que l'argilite est également soluble dans l'eau, ce qui n'arrange pas la communication autour de CIGEO.

Cet argumentaire (ainsi que beaucoup d'autres contributions de scientifiques) a été produit lors du débat public sur CIGEO avec le cahier d'acteur n°69, débat qui a conduit à la décision … d'attendre d'autres études avant de valider le projet.

Sachant, maintenant que le gouvernement a imposé CIGEO en force, comme amendement à la loi Macron, on comprend mieux qu'il soit nécessaire de faire taire à jamais le seul site d'information capable de tenir tête au lobby que représente le CEA. Il est à noter que l'IRSN, après quelques promesses et tergiversations, n'a JAMAIS daigné répondre à la question ouverte ci-dessus. C'est dire quelle est le poids des lobbies en regard de son indépendance.

II) Astrid et la transmutation :

A plusieurs reprises, sur notre site, le physicien Pierre Péguin a dénoncé la base théorique et la dangerosité des réacteurs de 4ème générations tels celui, Astrid, que le CEA veut faire construire à Marcoule. On trouve la dernière mouture de son argumentaire ici :

Astrid les années 2015-20 sont décisives, ne laissons pas faire ça ! (mise à jour juillet 2015) :http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2014/03/17/ASTRID-annee-2014-est-decisive-ne-laissons-pas-faire-ca

Comment un petit site comme le nôtre peut-il s'opposer à la toute puissance du CEA ? Il faut le faire taire !

III) Pas de soutien politique aux antinucléaires radicaux :

J'ai retrouvé sur le site un commentaire que j'ai moi même posté en réponse à Monsieur Sanchès qui, en commentaire à ma lettre ouverte à Etienne Vernaz, s'interrogeait sur la leucémie de sa petite fille :

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2013/06/07/Lettre-ouverte-Monsieur-Etienne-Vernaz#comments

L'échange est reproduit ci-dessous :


Le mercredi 12 juin 2013, 17:52 par Sanchès

Bravo pour ce bel argumentaire. J'habite à 20 km de la centrale de St Maurice l'Exil. Ma petite fille de 7 ans est rentrée à Lyon bérard vendredi passé. Elle a une leucémie, la plus grave, LAM..Est-ce que cela peut avoir un rapport avec le nucléaire ?

Le mercredi 12 juin 2013, 21:49 par Gilbert Tallent

Bonjour,

je ne sais que répondre à votre message, qui me bouleverse. Je ne suis pas médecin, et ne suis qu'un simple citoyen, très sensibilisé aux dangers inacceptables de cette technologie mortifère. L'étude allemande, à laquelle je fais référence dans mon billet montre une augmentation très importantes des leucémies dans un rayon de 5 km autour des centrales [1] . Eux constatent le fait, mais se refusent, pour l'instant, à relier aux irradiations, car il ne s'agirait que de "faibles doses", et l'OMS, n'est-ce pas …

Une simple lecture sur internet de l'article :
http://fmc.med.univ-tours.fr/Pages/Hemato/LA/LA.html

dit :

1°) que l'âge médian de survenue des LAM est de 65 ans, votre fille a 7 ans
2°) le rôle des radiations ionisantes est bien démontré !

Personne, faute d'étude sérieuse, ne peut déterminer l'origine du malheur qui survient à votre enfant, mais il semble évident, pourvu que l'on ait un peu de bon sens, que la proximité d'une centrale soit à l'origine de cela. Sinon, la cause exacte, un accident non déclaré, la pollution accidentelle de l'eau, de l'air, un dépôt de contaminants sur la nature environnante, nul ne peut le dire. Mais l'acteur le plus probable, tout le monde le comprend, c'est la centrale de Saint Alban, et pour répondre le plus honnêtement du monde à votre question : OUI, cela peut avoir un rapport avec le nucléaire. Pour mon intime conviction, c'est évident.

Ces gens qui nous exposent, en toute connaissance de cause, à ces dangers sont des criminels.
Courage. J'espère que votre fille va s'en tirer, et grandira en ennemie de ce lobby assassin.

Bien cordialement,

Gilbert Tallent

Comme on peut le lire, j'y accuse le lobby nucléaire d'être assassin et criminel (le lien vers l'université de Tours n'est plus actif, mais on trouve une information équivalente sur wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Leucémie ).

Mais, néanmoins, c'est un article concernant la compromission des élus EELV d'Avignon envers le lobby nucléaire qui fait l'objet de la plainte.

Quel est le mouvement politique, ayant une certaine audience, se prétendant « contre le nucléaire », en tous cas pour sa … sortie ? Eh oui, c'est bien EELV !

EELV va-t-il donc défendre, contre AREVA des antinucléaires radicaux qui réclament à cor et à cri l'arrêt immédiat du nucléaire » ? Eh bien non, ils vont se taire, car l'article incriminé les met, eux, en cause, et non AREVA qui n'est cité que de manière incidente.

Silence radio, donc, côté EELV. La coordination antinucléaire du Sud-Est peut mourir. EELV ne lèvera pas le petit doigt. On ne peut pas dire non plus qu'EELV ait été à la pointe du combat quand AREVA s'est attaqué à l'Observatoire du nucléaire, et à Stéphane Lhomme.

IV) L'arrêt immédiat du nucléaire

C'est bel et bien le sujet de la plainte. La population, bien que globalement hostile, fait quand même confiance aux scientifiques qui nous disent que nous, les Français, on ne craint rien.

Il est hors de question de laisser s'exprimer un collectif qui prouve qu'on ne peut et ne doit surtout pas faire confiance aux scientifiques organiques de l’État.

Nous allons bientôt publier les témoignages de scientifiques internationalement reconnus et indépendants de tout lobby qui attestent, d'une part, que les industriels du nucléaire sont responsables, entre autres, de « surmortalité infantile », et ce en toute connaissance de cause, et d'autre part, que l'accident nucléaire majeur auquel nous exposent ces mêmes industriels, et ce de manière de plus en plus probable eu égard aux moyens sans cesse réduits consacrés à la sécurité, et à l'inexpérience de plus en plus grande des sous-traitants, sous payés qui entretiennent nos centrales.

Un Fukushima ou un Tchernobyl sont désormais inévitables sur notre territoire. Et l'échéance en est toujours plus proche.

Seul l'arrêt immédiat de toutes ces activités mortifères peut faire reculer notablement cette probabilité de survenue de l'accident. Nous ne serons pas « sortis » du nucléaire pour autant, mais des vies seront épargnées !

Que dire, donc, enfin, de ces industriels qui font fi de la santé et la vie de leurs compatriotes, si ce n'est qu'ils sont des criminels ?

V) AREVA

Il est à noter que l'industriel qui nous attaque, à savoir AREVA, a un comportement spécifique par rapport aux exploitants du nucléaire.

Depuis des années, l'ASN demande à AREVA de sécuriser ses installations, mais manifestement, ce grand groupe industriel s'en moque comme de l'an quarante, contrairement à EDF, globalement dans les clous des exigences du gendarme du nucléaire.

Voir dans l'ANNEXE ci-dessous, La Hague (non respect depuis 30 ans) et Romans sur Isère, où il a fallu mettre le site sous vigilance renforcée, vigilance … qui dure encore, pour y voir des … progrès !

Est-ce que criminel ne serait pas un qualificatif insuffisant ?

VI) Le site de la coordination

Jour après jour, des billets paraissent sur ce site, dénonçant les méfaits des nucléaristes de tous bords. Travail indispensable d'information sur tous les sujets qui dérangent, tous les aspects de l'activité nucléaire. Travail mené sans relâche par tous les membres du collectif. De grands médias reproduisent désormais nos informations.

Il est absolument indispensable de nous faire taire.

Gilbert Tallent

Août 2015

[1]   étude corroborée depuis lors par des études française et européenne (Sermage-Faure C, Laurier D, Goujon-Bellec S, Chartier M, Guyot-Goubin A, Rudant J, et al. Childhood leukemia around French nuclear power plants – the Geocap study, 2002–2007. Int J Cancer. 2012;131(5):E769–80. et Kiervil Leuraud et al.Ionizing radiation and risk of death from leukaemia and Lymphom in radiation-monitored workers (INWORKS) an international cohort study The Lance Hamatology 02, 05, 2015.)


VIII) ANNEXE :Appréciations de l'ASN sur le comportement d'AREVA :

http://www.asn.fr/L-ASN/ASN-en-region/Division-de-Lyon/Cycle-du-combustible/Usines-de-fabrication-de-combustibles-nucleaires-FBFC-et-CERCA

« Appréciations 2014

AREVA FBFC fait l’objet de la vigilance renforcée de l’ASN depuis fin 2013. L’ASN relève que l’exploitant a engagé en 2014 des premières actions pour améliorer la sûreté et a renforcé les moyens et les effectifs consacrés à la sûreté. Toutefois plusieurs actions pérennes ne seront mises en place qu’en 2015 et de nombreux écarts de conformité doivent encore être résorbés.

L’exploitant a été convoqué par le collège de l’ASN le 11 février 2014. A la suite de cette audition, l’ASN a demandé à AREVA FBFC un plan d’amélioration de la sûreté visant à améliorer notablement la maîtrise du risque de criticité, la rigueur d’exploitation et la tenue des engagements, notamment concernant les renforcements des installations prévus lors des précédents réexamens de sûreté d’AREVA FBFC. Le directeur général de l’ASN s’est rendu sur le site le 14 mai pour présenter les attentes de l’ASN aux équipes d’AREVA.

Une inspection de revue a également été conduite par l’ASN du 24 au 28 novembre, portant sur le management de la sûreté et la rigueur d’exploitation. Cette inspection a montré qu’AREVA FBFC a lancé plusieurs actions pour améliorer le pilotage de la sûreté et les pratiques d’exploitation sur le site, notamment en matière de contrôle et de vérification des activités nucléaires. L’ASN sera vigilante à ce que ces actions soient déployées en 2015.

L’ASN a par ailleurs mis en demeure AREVA FBFC, par décision n° 2014-DC-0418 du 4 février 2014, de réaliser des travaux de mise en conformité de la station de traitement des effluents du site et a demandé à cette occasion de vérifier la conformité de l’ensemble des rétentions du site.

Concernant l’installation de fabrication de combustible pour les réacteurs de recherche (ex CERCA), à la suite d’écarts de conformité détectés par l’exploitant en 2014, l’ASN a demandé à l’exploitant de mener une analyse approfondie de l’organisation de l’exploitation de l’installation.

L’ASN poursuivra en 2015 la vigilance renforcée du site jusqu’à ce qu’elle ait pu mesurer l’amélioration durable de la rigueur d’exploitation et la mise en conformité des installations du site. »

23 juin 2015 :

http://www.asn.fr/Informer/Actualites/Inspection-de-revue-sur-le-site-d-AREVA-FBFC-a-Romans-sur-Isere-Drome

http://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Lettres-de-suite-d-inspection-des-installations-nucleaires/Controle-des-installations-nucleaires-de-base-INB

Malgré la constatation de progrès, l'ASN maintient sa « vigilance renforcée » :

« L’exploitant doit cependant mettre à jour et compléter le référentiel de sûreté de l’installation, améliorer la rigueur de la gestion des consignes d’exploitation et veiller à la déclinaison des exigences de la réglementation en matière d’assurance de la qualité. En particulier, les notions règlementaires de « contrôle technique » et de « vérification » doivent être déclinées et appliquées plus rigoureusement.

En conclusion, l’exploitant doit poursuivre ses efforts pour améliorer la sûreté des installations du site. L’ASN maintient donc sa vigilance renforcée sur la mise en œuvre des actions prévues et attend l’amélioration effective de la rigueur d’exploitation. Une inspection de récolement sera menée par l’ASN d’ici un an pour vérifier la mise en œuvre effective des engagements que prendra l’exploitant à la suite de l’inspection de revue. Par ailleurs, l’ASN attend qu’AREVA FBFC améliore la sûreté des ouvrages et des équipements du site en mettant en œuvre les renforcements qu’il s’est engagé à réaliser, dans le cadre de son plan d’amélioration de la sûreté et à la suite des derniers réexamens de sûreté des installations. »

Audition au Sénat :

M. Pierre-Franck Chevet. -

...

Nous avons déjà aujourd'hui la pleine capacité d'arrêter à tout moment une installation nucléaire, sans autorisation de quiconque, exploitant ou gouvernement. Concernant le bas de gamme, nous pouvons mettre en demeure et dresser des procès-verbaux adressés à la justice. Mais nous aurions effectivement besoin de mesures intermédiaires pour sanctionner des anomalies qui ne justifient pas l'arrêt immédiat de l'installation, mais qui deviennent préoccupantes si elles durent. Ainsi, à la Hague, des déchets mal mis en forme il y a une trentaine d'années n'ont pas été repris, malgré nos demandes répétées pendant vingt ans. Ils sont conditionnés dans des silos qui ne tiendraient pas en cas de séisme - risque minime, certes, mais sur la durée, la situation n'est pas acceptable. Nous demandons donc de pouvoir infliger des amendes journalières ou mensuelles, qui abonderaient le budget général de l'État. C'est le point essentiel de la loi. Elles devront être bien dimensionnées, sachant que l'arrêt d'un réacteur pour un jour coûte 1 million d'euros... La loi prévoir la création, par ordonnance, d'une commission des sanctions, sur le modèle de ce qui existe à l'Autorité des marchés financiers (AMF).