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Les lecteurs assidus de notre site et ami-es de la Coordination antinucléaire du sud-est connaissent bien l'objet de cette convocation : il s'agit de la plainte pour "diffamation publique envers un particulier" déposée par le nucléariste AREVA contre notre collectif. Le "directeur de publication" du site y est accusé d'avoir mis "en ligne le 27 juillet 2014 l'article intitulé : "Les élus EELV se couchent devant AREVA[1], comportant des allégations ou imputations de faits portant atteinte à l'honneur ou la considération de la société AREVA du fait des propos suivants" :

« … elle vient de signer une nouvelle convention de "mécénat" avec le géant de la mort nucléaire, AREVA ... »

« … (une "action culturelle" locale pour des enfants alors que AREVA n'hésite pas à contaminer et tuer ailleurs d'autres enfants comme à Fukushima) ... »

« … pas un mot contre cette convention, pas une explication des crimes d'AREVA un peu partout dans le monde et en vallée du Rhône, pas un appel à un peu d'éthique et de morale ... »

« … Déjà à Avignon, l'an dernier, l'exposition "Egypte ancienne" avait reçu des milliers d'euros d'AREVA, tandis que depuis 2012 AREVA-MELOX-MARCOULE (fabricant et fournisseur du "MOX" de la centrale de Fukushima qui a explosé) est le partenaire officiel de "Avignon tourisme". ... »

C'est auprès du Procureur de la République de Paris que l'exploitant atomique a déposé sa plainte et la procédure a donc lieu au palais de justice de la capitale.

Comme nos lecteurs le savent déjà, la coordination anti-nucléaire du sud-est est un collectif informel de citoyens qui œuvrent, par tous moyens, à l'arrêt immédiat, inconditionnel et définitif du nucléaire. Ici, il n'y a pas de chef, pas de hiérarchie, pas de délégation de pouvoir, pas d'enjeu d'égo et d'honneur, de carrière et d'argent : seul le but importe. Nos actions visent à briser l'omerta imposée par les seigneurs de la destruction atomique, d'informer des atteintes sanitaires et à la santé publique et du danger mortel que fait courir la radioactivité civile et militaire sur chacun de nous et sur les territoires (chaîne alimentaire comprise). De permettre aussi à chacun-e de concevoir et d'agir pour l'arrêt immédiat des installations nucléaires comme seule conduite évidente et rationnelle à tenir si l'on ne veut pas être coresponsables de l'accident majeur et de la catastrophe nucléaire dont même l'ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) admet la possibilité.

Il est à noter que les mentions légales (l'ours) figurant sur notre site mentionnent : " Direction de publication : coordination anti-nucléaire du sud-est" tout comme y figurent les coordonnées de l'hébergeur du site. Par ailleurs, le point de connexion internet et les ordinateurs qui sont utilisés pour mettre en ligne les billets sont en libre accès avec login et mot de passe utilisables par tous les "membres" du Collectif.

Le militant qui a été convoqué ce mercredi 10 juin 2015 n'est donc en aucun cas "directeur de publication". Il est simplement et uniquement la personne qui a déposé le nom de domaine.

Notre avocat a pu donc mettre en lumière auprès de Madame la juge que la matérialité du statut de notre ami n'étant pas démontrée, la mise en examen ne pouvait pas être prononcée. Au sortir du cabinet du Juge d'Instruction, notre compagnon est donc, pour l'instant, placé comme "témoin assisté" et peut être re convoqué à tout moment par la justice pour répondre à de nouvelles questions.

Cette tentative d'Areva d'instrumentaliser la justice dans le cadre d'une procédure pour tenter de bâillonner notre liberté d'expression est donc pour l'instant momentanément ralentie. Le caractère informel et horizontal de notre collectif y est pour quelque chose.

L'instruction de la plainte d'Areva contre nous continue néanmoins et la mise en examen peut encore être prononcée avec à terme une inculpation et un procès.

Vous ayant précisé, en toute transparence, l'état actuel de la procédure, nous allons également vous mettre au courant de l'état de faiblesse de nos finances pour pouvoir continuer à assurer notre défense. Comme vous le savez, nous ne recevons ni subvention publique, ni dons privés, ni aides obscures.

L'ensemble de la procédure, en ce qui concerne notre avocat, fort compétent, va nous revenir à 3000€ HT, soit 3600€. Les déplacements en train de notre avocat depuis Lille jusqu'à Paris (110€) et de notre compagnon Avignon-Paris, (125€) sont à ajouter à chaque nouvelle convocation. De plus, chaque acte de procédure et la constitution du dossier en défense ajoute des frais. L'évaluation de ce que va coûter la procédure à notre collectif est donc d'environ 5400€. Une goutte d'eau pour le lobby nucléaire, une montagne pour nous.

De l'autre côté de la balance, les nombreux dons qui ont été engrangés depuis le début de la plainte, se montent à 2508€ à ce jour.

Deux acomptes ont été versés à notre avocat, de 500€ puis 1000€ et les deux premiers billets de train ont été réglés ainsi que le dossier en défense.

Il manque donc encore environ 3000€ pour boucler la procédure, si, bien sûr, celle-ci n'aboutit pas à notre condamnation au versement de dommages et intérêts en faveur d'Areva (peine encourue : 45000€ et 1 an d'emprisonnement) mais nous fait sortir vainqueurs de cet affrontement contre le plus puissant lobby mondial.

Nous avons donc encore besoin de vous, de votre aide financière, si modeste soit-elle, afin de nous permettre de survivre, et continuer à clamer haut et fort que le nucléaire c'est la mort

Pour soutenir financièrement la défense en justice des antinucléaires : par chèque au CAN, 180 chemin de la Parisienne 84740 Velleron ou bien, par paypal sur le site:



intervenir auprès des pouvoirs et d'Areva : ici

le 15 juin 2015
- la CANSE fait le point audio sur la radio CanalSud (Toulouse) logo_canal-sud.png

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[1]   Lien vers l'article incriminé : Les élus EELV se couchent devant AREVA