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2015-05-28_Centrale-nucleaire-Tricastin_Reacteur-4_scram_01.jpgL'organisation Next-Up, en contact avec le CAN84 (Collectif antinucléaire de Vauluse), a envoyé, après l’étude des vents sur la zone, une équipe NBC (Nucléaire Bactériologique Chminique) dans le secteur de la centrale nucléaire dans la soirée du 28 mai et la nuit du 29 mai. De premières mesures radiologiques de contrôle ont été effectuées non sans mal du fait de la présence de véhicules du "Peloton Spécialisé de Protection de la Gendarmerie" (PS PG) patrouillant à l’extérieur du site nucléaire y compris sur les chemins publics des terres agricoles jouxtant le site atomique.

Afin de ne pas subir un contrôle intempestif qui aurait empêché de mener à bien les relevés de possibles relâchement de radioactivité l'équipe s'est éloignée et positionnée à environ 6 Km (site surplombant de 232 m l’église à La Garde Adhémar) afin d’observer la situation au téléobjectif et réaliser les premières mesures radiologiques surfaciques de contrôles. A cette distance et compte-tenu des faibles vents elles se sont toutes avérées identiques au bruit de fond de ± 0,12 µS v/h. Ce qui n'a pas été le cas au plus proche de la centrale.

2015-05-28_Centrale-nucleaire-Tricastin_Reacteur-4_scram_03.jpgAprès minuit les mouvements des véhicules gendarmesques ayant fortement diminué, une nouvelle approche du réacteur n°4 a été réalisée avec succès dans sa zone nord-est par un faible vent sud-est et malgré les systèmes de vision nocturne thermique dont sont équipés le PS PG. Les mesures radiologiques se sont révélées toutes "positives", jusqu’à 4 fois le bruit de fond, soit ± 0,48 µSv/h. 

Au 29 mai 2015, si le type de contamination radioactive notamment gazeuse et la quantité des radio-contaminants n’ont pas encore évaluées et nécessitent des contrôles complémentaires et comparatifs, une forte présomption de rejets d’iode 131 (ayant une 1/2 durée de vie de 8 jours) est à craindre. Inquiétant d'autant plus que si dans les quelques centaines de mètres de la zone nord-est du réacteur n°4 aucune habitation ne s'y trouve, en revanche l’autoroute A7 la traverse avec un passage de plus de 70 000 véhicules jours.

Il ne fait aucun doute que l’autoroute A7 et ses utilisateurs ont pu être impactés par les gaz radioactifs rejetés par la cheminée de rejets atmosphériques, et potentiellement par les dégazages des soupapes de sûreté du circuit secondaire, voire de celles du pressuriseur du circuit primaire si il y eu saturation.

2015-05-28_Centrale-nucleaire-Tricastin_Reacteur-4_scram_02a.jpgEn effet, lors d’une montée anormale en température (avérée ou détectée par erreur) la procédure d'arrêt d'urgence (scram) conduit, afin de limiter les contraintes (pressions) sur la cuve du réacteur et sur les tuyauteries et une possible accumulation d’hydrogène en amont des soupapes de sûreté, à des rejets atmosphériques.

Ainsi pour conserver l’intégrité du circuit primaire contre les surpressions, des dispositifs, tel le circuit de décharge, comportent des soupapes de sûreté pour le pressuriseur, dont chacune a une capacité de décharge de 300 tonnes/heure de vapeur saturée à 176 bars. Cette vapeur hautement radioactive est condensée et refroidie dans des Réservoirs de Décharge du Pressuriseur (RDP) autant qu'il est possible de le faire.

Dans le même temps, afin de préserver l’intégrité cette fois-ci des Générateurs de Vapeurs (GV), existe aussi sur le circuit de vapeur secondaire d’autres
soupapes qui, elles, se déchargent directement dans l’atmosphère (photo réacteur n°4 du 29 05 2015 01h12). Or, il s'avère qu’en fonction de la porosité
des échangeurs des GV, cette vapeur est toujours plus ou moins radioactive. Nul ne l'ignore parmi les spécialistes atomistes, qu'il soient exploitants de centrales atomiques ou chargés de contrôle telle l'ASN.

Cette situation s’est déjà produite à plusieurs reprises, notamment le 31 décembre 2014 et au début 2015 et déjà sur le réacteur n°4. Le CAN84 et l'organisation Next-Up qui avaient révélé cette sale histoire avaient été contestés par EDF. Pourtant en février 2015, dans un aveu tardif fait en Préfecture de la Drôme, EDF reconnaissait enfin avoir procédé à des rejets radioactifs sans en informer la population et les salariés.

Ce qui se passe depuis le 28 mai à la centrale nucléaire du Trication ressemble à un sordide remake. Il est grand temps que l'ASN décrète la mise à l'arrêt définitif de la centrale atomique du Tricastin.

actualisation au 30 mai 2015 : Selon la presse locale, une augmentation anormale de température de +6° dans le bâtiment réacteur aurait été détectée près du béton de l'enceinte ce qui aurait entraîné l'arrêt d'urgence. Il s'agirait selon EDF d'une défaillance... du capteur de température. De défaillance en défaillance la centrale s'achemine vers le grand soir nucléaire.

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Next-Up Organisation recherche un médecin en activité pour effectuer, avec elle, des tests indicatifs de thyroïde sur des résidents vivant en proximité du site nucléaire avant de les orienter vers les organismes et institutions habilitées. Merci de prendre contact : infos@next-up.org

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photos : next-up organisation