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Faut-il se résigner ? accepter l'inacceptable ? courber l'échine et se soumettre sans cesse ? espérer que le despote aura de lui-même un peu de retenue ? croire que ses serviteurs zélés sauront faire preuve d'un peu d'humanité ? perdre son âme dans un illusoire donnant-donnant dans la retenue ? Voilà quelques-unes des interpellations dont les antinucléaires du Vaucluse ont été porteurs lors du défilé syndical du 1er mai à Avignon.

2015-05-01_1ermai-Avignon_01B.jpgEn finir sans aucune condition avec la destruction atomique, qu'elle soit militaire ou civile. Car, non, il n'y a pas un mauvais nucléaire et un bon nucléaire : c'est le principe même de détruire l'atome et d'augmenter la radioactivité sur terre, de porter sciemment atteinte à la santé et à la vie d'autrui, qui est en accusation. Un dévoiement de la science aliénant et mortifère. Cet acte barbare qui tue aux quatre coins de la planète, au quotidien par les rejets radioactifs de chacune des installations nucléaires, tout au long de la chaîne depuis l'extraction du minerai jusqu'à l'impossible traitement des déchets radioactifs, lors de catastrophe nucléaire civile, lors des bombardements et tirs de munitions à l'uranium enrichi mais dit "appauvri".

Faire de chacun-e un spectateur : cela plait au lobby nucléaire et ne le dérange aucunement. Conduire chacun à devenir un simple commentateur de la vie permet aux dominants de décider à la place des intéressés. Or on ne transige pas avec un crime. On l'arrête immédiatement. Ou bien, quelque soit l'enveloppe manipulatrice dont on l'affuble (transition, réduction, scénario de sortie,...), on l'accompagne et, de fait, on le maintien, on accepte sa prolongation encore. On s'en fait complice. Ce n'est pas le choix des amoureux de la vie et de la santé que sont ceux et celles qui s'impliquent au CAN84, et qui refusent la schizophrénie de dire une chose et d'agir par son contraire ou de ne pas agir contre ce qu'on dénonce comme mortel. 

2015-05-01_1ermai-Avignon_03B.jpgEn cette journée internationale de lutte d'émancipation, le CAN84 se trouvait à l'unisson de ceux qui, à Chicago en 1886 puis en France en 1890, décidèrent de relever la tête et de s'engager résolument pour l'espoir. Pas question de négocier avec le maître la longueur de sa chaîne : on ne peut que la briser. Un acte de dignité fondamental.