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Le 11 mars 2011 plusieurs réacteurs de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima-Daïchi explosaient dont le réacteur n° 3 chargé de Mox, ce monstrueux produit de fission à base de plutonium fabriqué par Areva à Marcoule (Gard) .

Depuis, des centaines de milliers d'habitants ont été expulsés de chez eux, des dizaines de milliers ont perdu leur travail, des milliers d'enfants doivent porter autour du cou des appareils de mesures de dose de radioactivité subie. Plus de 80% des enfants des villes voisines de la centrale nucléaire en perdition de Fukushima sont atteints de dégradation de leur thyroïde avec, à terme, pour la grande majorité, des vies mutilées par la maladie et le cancer. Des familles ravagées et endeuillées.

Ils meurent. Lentement ou brutalement. La radioactivité implacable poursuit son œuvre de mort sur les corps.

Ce 11 mars, comme un peu partout dans le monde, des citoyens qui n'ont pas encore perdu leur humanité se sont rassemblés, à 18h devant  l'Hôtel de ville d'Avignon, en hommage aux victimes et pour manifester leur opposition sans condition et sans concession à l'invention démoniaque de la destruction atomique.

2015-03-11_CAN84_Avignon_Fukushima_catastrophe-nucleaire_4eme-annee_01.JPGUne brève allocution suivie d'une minute de silence a ponctué le recueillement

" Fukushima : 4 ans de catastrophe ! Cela fait maintenant 4 ans que la catastrophe de Fukushima déploie ses sinistres conséquences sur la planète : . atteintes à la santé des populations, population expulsée de chez elle, accident nucléaire impossible à résoudre, territoire contaminé, pertes de dizaines de milliers d'emplois,...

Nous nous rassemblons en solidarité avec le peuple japonais et pour l'arrêt immédiat du nucléaire ici en France et en Provence comme partout dans le monde. C’est le cas au Japon et dans 95% des pays de la planète qui vivent et se développent sans nucléaire.

Fukushima : la catastrophe dure depuis quatre ans maintenant : 4  ans que la centrale rejette de l’eau contaminée dans le Pacifique; 4 ans que des particules radioactives pour des siècles sont présentes dans les sols, les champs et les rizières, en dépit d’une illusoire décontamination;  4 ans qu’une partie des enfants se rendent à l’école en portant des dosimètres autour du cou. Sur les 370 000 enfants et jeunes de la préfecture de Fukushima : plus de 40% d'entre-eux présentent des problèmes et dysfonctionnement de leur thyroïde, 87 ont déjà développé un cancer de la thyroïde, une maladie rarissime en conditions normales, sans compter les autres pathologies qui ne font pas l’objet de suivi médical.

4 ans que perdurent le déni et la soumission des pouvoirs publics aux exploitants nucléaires.  Non content de refuser l’évacuation des plus vulnérables, le gouvernement japonais voudrait même relancer les réacteurs nucléaires. Tout comme la catastrophe de Tchernobyl, Fukushima apporte la démonstration qu’un accident nucléaire est ingérable et que ses conséquences impactent un pays et les pays limitrophes pour des siècles et des centaines de générations futures

Il est grand temps de refuser la catastrophe qui attend la France et que les  autorités françaises et les élu-es de tous bords préparent ici. Fukushima en Provence s'appelle Tricastin, Marcoule, Cadarache.

Recueillons-nous à la mémoire des victimes innocentes présentes et a venir. Faisons le serment de tout mettre en œuvre pour libérer notre pays de la dictature nucléaire. Retrouvons-nous dans l'action pour dénoncer le crime nucléaire et pour réaliser par nous-même l'arrêt immédiat de la destruction nucléaire civile et militaire."

"The Land of Hope", "Terre d'Espoir" en français, "Kibō no Kuni" en japonais

The-Land-of-Hope.jpgLe 14 mars à 20h les amoureux de la vie et de la Terre, les humains dignes et responsables, ceux et celles qui ne renoncent pas et ne plient pas l'échine, ceux et celles pour qui le mot "avenir" à encore du sens sont invités à un ciné-débat au Théâtre du Chêne Noir à Avignon ( Samedi 14 mars 2015 à 20h au théâtre du "Chêne Noir", salle Léo Ferré, Avignon, Vaucluse, 8 bis, rue Sainte Catherine ), entrée gratuite et réservation conseillée sur collectifantinucleaire84@hotmail.fr .

Le film du japonais Sion Sono, nominé au Festival du film de Sydney 2013 dans la sélection « Features », met en scène le destin de gens ordinaires (agriculteurs, jeunes, vieux, femme enceinte, enfants,...) surpris dans leur vie quotidienne par la catastrophe nucléaire. Un film d'une grande esthétique, doux et mélancolique, une fresque impressionnante, dénonciatrice, constituée de tableaux intimes, qui font entrer dans des intérieurs paisibles au sein desquels le désordre invisible des radiations va s'introduire.

Fukushima se dit en provençal et en occitan : Tricastin, Cadarache, Marcoule.

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la presse en parle :

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