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Alors que le bal des égos et des petits combines politiciennes et autres stratégies individuelles de pouvoir n'en finissent pas de densifier le rideau d'enfumage conduisant à faire baisser les bras au plus grand nombre, la Rencontre nationale pour l'arrêt immédiat et inconditionnel du nucléaire qui s'est déroulée à Avignon a pris le total contre-pied de l'atmosphère putride ambiante.

le_bocal.jpg.jpgDes hommes et des femmes, engagé(e)s dans l'action pour changer radicalement la donne sont venu-es partager leurs expériences et tactiques de luttes et réfléchir ensemble à comment être plus efficace contre le lobby de la destruction atomique et de son crime contre l'humanité. Moins une réunion théorique et formelle qu'un creuset de dynamiques mises en œuvre, la réflexion collective a mis en lumière la nécessité de passer à une vitesse supérieure dans la lutte.

Certes le lobby nucléaire est la plus puissante organisation mondiale décentralisée qui impose sa loi aux peuples et tue au quotidien avec la complicité de ses relais étatiques. Certes l'omerta et les millions d'euros détournés dans une propagande effrénée sont difficiles à combattre surtout quand la grande majorité des partis et élus s'en font complices. Certes l'arme du crime - la radioactivité - et des assassinats planifiés - les rejets, incidents et accidents nucléaires - n'est pas perceptible par nos simples sens (invisible, inodore, sans consistance). Certes le mensonge de l'indépendance nationale et du découplage nucléaire civil/nucléaire militaire a été érigé en dogme ayant pénétré bien des esprits et soumis beaucoup, trop de citoyens au renoncement. Certes le monstre est tentaculaire mais il est aussi en grande partie démasqué aujourd'hui. Et beaucoup plus vulnérable qu'hier. Plus dangereux aussi.

sucia_agua.jpg.jpgAinsi qui peut prétendre à présent, comme cela était le cas il y a encore 40 ans ou 4 ans, que le nucléaire n'est pas dangereux et mortel ? Qui peut affirmer aujourd'hui qu'une catastrophe nucléaire n'arrivera jamais dans un des quelconques pays criminellement occupés par les forces de la destruction atomique ? Qui peut affirmer qu'il ou elle ne connait personne dans son entourage qui ne soit morte d'un cancer ou victime d'une maladie radio-induite (liée à la radioactivité) ? Qui peut prétendre que le nucléaire est sûr et que l'être humain aux commandes est infaillible ? Qui peut dire qu'il ne sait pas que la chaîne nucléaire commence par l'exploitation colonialiste des travailleurs des mines d'uranium du tiers-monde ? Qui peut fermer les yeux sur les armes à l'uranium - dit appauvri mais bien radioactif - balancées sur les populations d'Irak, de Libye et d'Afrique et dont la radioactivité revient sur la France et les autres pays méditerranéens avec le sirocco (vent chaud du Sahara soufflant vers le nord) ? Tout cela est conçu, produit et mis en action en France, au Tricastin, à Marcoule, à Cadarache, à Istres, à Bugey, dans les Landes et sur les autres sites nucléarisés.

Un arc-en-ciel de vie par delà les différences

Les militants antinucléaires venus de l'Ain, de l'Ardèche, de la Drôme, de la Savoie, de la Haute-Savoie, du Vaucluse, des Bouches-du-Rhône, du Gard, des Alpes de Haute-Provence mais aussi de Belgique, d'Allemagne et du Japon ont reçu également le soutien de collectifs et militants de toute la France : Poitou, Bretagne, Champagne, Meuse, Centre, Béarn, sud-ouest et Aquitaine,... Des messages de soutien et des contributions à la réflexion leur ont été adressés aussi du Canada et des peuples autochtones (Conseil Traditionnel Mohawk) et de Trois-Rivières, d'Inde, du Kazakstan où séjourne une mission de l'Association des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire.

Chacun est porteur de ses luttes locales et régionales, des avancées et des limites des actions menées, d'une interrogation sans cesse exprimée : comment faire mieux ? comment libérer le pays de la dictature nucléariste ? comment ébranler réellement le lobby ? lui porter des coups, lui faire mal, le mettre vraiment en difficulté, à terre ? Les militants antinucléaires ont décidé de créer de petits groupes thématiques de réflexions et de projets d'actions. "Aujourd'hui ne pas être radical est synonyme de complicité" ponctue l'une des participantes.

Loin d'une démonstration de nombre diluée dans le flou d'un petit dénominateur commun édulcoré, la Rencontre a été une force de mise en mouvement et de possibles synchronisations d'actions résolues et sans concession contre le crime atomiste. Le rôle déterminant de la population a été illustré par les retombées des actions menées par les uns et les autres dans leurs départements respectifs contre tel ou tel bastion nucléariste. Les contacts directs, les informations divulguées ont permis d'ébranler le mur du silence et permis à la conscience de se frayer un chemin au travers du déferlement idéologique pro-nucléaire.

Rejoins.jpg.jpgMais ici il ne s'agit pas de constituer une super-organisation avec pouvoir central et appareil permanent ou de conduire une stratégie doucereuse de petits pas ou de transition énergétique et sociétale sur 20 ou 30 ans. Illusion et manipulation. Le crime radioactif est déjà à l’œuvre : on ne peut donc attendre que le charnier s'épaississe encore et encore. L'heure de la Résistance à l'ennemi invisible a plus que sonné. Résistance déterminée, organisée là où chaque fois deux ou trois personnes décideront de relever la tête. Chacun-e est une étincelle de vie dans la nuit noire de l'obscurantisme et du fanatisme techno-scientiste. " Le nucléaire a fait son temps. Aidons-le à disparaître définitivement. Avant qu'il ne nous fasse tous disparaître." conclut un participant.

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la presse en parle :

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