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Mus et alimentés par la pulsion liberticide du national-nucléarisme et avec d'autres postmodernistes déprimés devant la «démesure du monde », deux enseignants  et écrivains,  Michaël  Ferrier de l’université Chuo  à  Tôkyô,  et Christian Doumet, de l’université Paris 8 et membre de l’Institut Universitaire de France, organisent du 12  au  14  juin 2014  à  Paris,  à  l’INALCO  et  à  la  Maison  de  la  culture  du  Japon, une « Rencontre internationale » intitulée « Penser/Créer avec Fukushima ».

guernica_Picasso_fragment_Fukushima_00.jpgEn  rendant  tous  les  risques  acceptables,  en  niant les   effets   sanitaires   de   l’irradiation,   en   mobilisant   une   science   devenue   productrice d’ignorance,  en  faisant  de  chacun  le  co-gestionnaire  de  l’administration  du  désastre  et  le  responsable  de  sa  propre  destruction,  en  faisant  de  la  technologie  nucléaire  une  force sociale  plus  puissante  que  l’aspiration  à  la  liberté,  en  travaillant  à  la  grande " inversion" du désastre   en   remède (le soit-disant "retour d'expérience"),   en   poussant   plus   avant   la  géométrisation   morbide   de   la   vie quotidienne,  en  niant  l’homme  en  tant  qu’homme,  le  national-nucléarisme  fait  le  choix, quand  il  le  juge  nécessaire,  d’annihiler  la  vie  au  nom  de  l’intérêt  national  et  de  déposséder les individus de leur propre existence et de leur liberté au nom d’un supposé intérêt collectif servant  de  paravent  à  des  intérêts  industriels  supérieurs.  Pour  ce  faire,  cette  idéologie légitime et organise la coexistence d’une technologie des plus avancées, avec une profonde régression de la conscience.

guernica_Picasso_fragment_Fukushima_01.jpgLe désastre est l’opium du peuple et, à l’instar des précédents, celui de Fukushima ne fait pas  exception  à  la règle.  Au  lieu  d’amener  à  une  véritable  prise  de  conscience  qui entrainerait une remise en cause radicale de nos croyances, de nos modes et de nos choix de vie et nous  entrainerait  vers  les  véritables  décisions  qui  pourraient,  non  pas  effacer le mortel préjudice  (ce  n’est  plus  possible  dans  le  cas  du  nucléaire),  mais  cesser  la  propagation  (et donc l’accroissement des menaces et des dégâts), le désastre, habillé de sa qualité "désirable", plonge  les  populations  dans  le  sommeil  éternel  de  la  drogue  qui  annihile  les  instincts, devenant  lui-même un  instinct. 

guernica_Picasso_fragment_Fukushima_02.jpgTout   élément   relatif   à   la   sûreté   des   centrales   nucléaires   et   aux conséquences   d’un   accident   sur   les   populations,   relève   désormais   de   la   diplomatie étrangère, de l’anti-espionnage et de la lutte anti-terrorisme. Par sa militarisation fatale, son chantage sécuritaire et son administration discrétionnaire de  l’oubli,  le  national-nucléarisme  ne  se  contente  pas  de  restreindre  la  liberté,  il  attise  la peur.

Le national-nucléarisme français ou japonais est  cette  pathologie  de  la  conscience  qui  nous  interdit  de  penser  le nucléaire et ses catastrophes, pour mieux nous faire penser à travers eux.

Un texte salutaire de réflexion et de décryptage pour se soustraire au cadre de la pensée dominante et de l'idéologie nucléariste :

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Le tableau "Guernica" de Pablo Picasso nous est apparu évident pour illustrer le massacre, par les assassins fanatiques-scientistes-nucléaristes, du vivant, de l'humain et de la conscience

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Thierry Ribault : http://clerse.univ-lille1.fr/spip.php?article125 - Nadine Ribault : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nadine_Ribault