__

CAN84_marche-antinucleaire-pour-la-vie_Bollene_Tricastin_036.JPGMercredi 28 mai 2014 à 11h30, un chef d'équipe affecté à la zone d'entreposage des containers de matières radioactives de chez Areva au Tricastin, a été écrasé par un charriot élévateur de 16 tonnes. Agé de 53 ans et père de deux enfants, le salarié était en train de contrôler les stocks à pied alors que l'un de ses collègues effectuait une manœuvre de recul. Le conducteur qui avait entamé une marche arrière n'a pas vu son collègue et l'a percuté malgré la caméra de recul présente sur le véhicule. Les équipes de secouristes, de sécurité, du service médical du site et du service mobile d’urgence et de réanimation (Smur) sont intervenues mais n'ont pas pu le sauver.

Les activités sur les zones ont été suspendues

Cet accident mortel a énormément choqué les salariés du site et une cellule psychologique a été mise en place. Une enquête de gendarmerie conduite par la brigade de Pierrelatte a été ouverte sur les circonstances de l’accident sur le site où la victime travaillait depuis près de 30 ans. Une procédure d’enquête interne a également été lancée pour déterminer avec précision les circonstances exactes de cet accident. L'engin de 16 tonnes devra être passé au crible pour déterminer s'il y a eu ou non une défaillance technique. Il faudra notamment vérifier que les dispositifs d'alerte et sécurité (sonnerie et caméra notamment) fonctionnaient correctement et que le matériel était en état de servir.

Les syndicats d'Areva Tricastin ont pris la décision d'organiser un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail exceptionnel lundi matin. Ils entendent , une fois de plus mettre la direction face à ses responsabilités, notamment de la réorganisation du service dans lequel s'est produit l'accident mortel. De nombreux salariés et syndicalistes pointent du doigt la suppression de postes pérennes (15 postes en CDI ) remplacés par 12 postes intérimaires.

CAN84_marche-antinucleaire-pour-la-vie_Bollene_Tricastin_038.JPGEn début du mois le Collectif antinucléaire de Vaucluse/CAN84 était venu rencontrer pendant toute une journée tant les travailleurs de la centrale nucléaire EDF que ceux des multiples installations de productions et gestion de matières radioactives de chez Areva.

Dans les discussions la question de la sécurisation impossible des installations était pointée du doigt tout comme la dégradation des conditions de travail des salariés. Les antinucléaires avaient présenté la seule alternative possible pour en finir avec le risque monstrueux de la destruction atomique (tract) : la mise à l'arrêt de toutes les installations nucléaires, la reconversion des personnels dans d'autres secteurs d'activités (notamment les énergies renouvelables et l'isolation thermique des bâtiments publics et privés), la mise en place pour ce faire  d'un grand plan de formation de haut niveau, le maintien sur place des personnels nécessaires aux installations le temps indispensable à la décroissance de la radioactivité (près de 50 ans), le non-démantèlement afin de ne pas générer de nouveaux déchets radioactifs mortels (déjà plus de 1 millions 300 000 m3 planent sur la tête de la population en France à ce jour).

Le nouveau drame qui vient de se produire sur le Tricastin illustre cruellement tant la dégradation des conditions de travail de ceux qui sont obligés pour survivre de vendre leur force de travail à une activité mortifère que la menace permanente pour la vie et le territoire que fait planer, au quotidien, le nucléaire. Les catastrophes nucléaires de Fukushima et Tchernobyl ont été aussi le fait de défaillances techniques et humaines... inéluctables.