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finlande_centrale-nucleaire_Europe_.jpgLes déboires du français Areva ne s’arrêtent pas à l'EPR puisque le groupe finlandais d'énergie Fortum (1) vient d’annoncer avoir rompu un autre contrat avec le français et avoir fait affaire avec le britannique Rolls Royce. "Rolls-Royce va fournir tous les systèmes d'automation, en incluant la planification, les essais et l'installation", a précisé le finlandais. Commencé il y a déjà 9 ans en 2005, le chantier de modernisation de la centrale nucléaire de Loviisa doit s'achever en 2018. Cette vielle carcasse, à bout de souffle, existe depuis plus de 40 ans, le début de construction remontant aux années 1971-72.

La centrale nucléaire finlandaise de Loviisa (en finnois : Loviisan ydinvoimalaitos) se situe sur la côte sud-est dans la région d'Uusimaa, à moins de 80 km à l'est de la région la plus peuplée du pays, la capitale Helsinki. Cette centrale est équipée de deux réacteurs nucléaires à eau pressurisée d'origine russe (Atomstroyexport) de type VVER-440/213 de 2 fois 440 MW.

Au moment d'établir le planning de la suite des travaux avec le géant français du nucléaire et l'industriel allemand, la plume à quelque peu tremblé et il est apparu que l'aboutissement du projet prendrait encore du retard par rapport au calendrier prévalant jusque-là. Le droit d'exploiter ces deux réacteurs jusqu'en 2027 et 2030 aura certainement volé en éclat avec un accident nucléaire majeur là encore inéluctable.

Centrale-nucleiare_Finlande_Loviisan_voimalaitos_ilmasta.pngEn février 1993, le réacteur Loviisa-2 subissait un incident de niveau 2 sur l'échelle INES : une rupture de conduite d'alimentation en eau s'est produite pendant la mise en marche d'une pompe. Depuis, cette centrale fait l'objet d'une étude visant à instaurer une stratégie de ... récupération du corium en cas d'accident majeur. Un peu plus loin, sur l'île de Hästholmen, sont stockés les déchets nucléaires de la centrale. Et les habitants du coin, ceux du village de Valko notamment, craignent  que ces obsessions nucléaires ne paralysent toute la région.

Le montant de la modernisation des systèmes d'automatisation de la centrale de Loviisa qui devrait donc s'étaler sur "plusieurs années" et concernera les deux réacteurs du site n'est d'ailleurs toujours pas divulgué. Le lobby nucléaire finlandais, qui est à l'image de ses comparses non-finlandais, applique d’une main de fer, non-pas la sécurisation des installations car ils savent que c’est impossible, mais le principe d’airain « Times is money ».

Le consortium Areva-Siemens, engagé en Finlande dans la construction d'un réacteur EPR près de la centrale Olkiluoto, va ainsi d’échec en échec. Le chantier qui avait commencé en 2005 a accumulé de tels retards et de sur-coûts financiers que le consortium ne souhaite plus donner de prévision quant à la date de mise en service. D’autant que Areva-Siemens et le futur exploitant, l'électricien finlandais TVO, s'affrontent devant le tribunal arbitral de la Chambre de commerce internationale à Paris pour obtenir des réparations, s'accusant mutuellement d'être responsables de ces retards. Une décision est attendue début 2015…

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(1) Fortum produit par ailleurs 41% d'énergie hydraulique. Il est coté en bourse au Nasdaq et est enregistré au Dow Jones Sustainability Index. Le groupe produit et vend de la chaleur dans les pays nordiques et baltes, la Russie et la Pologne; avec 31 centrales de production combinée de chaleur et d’électricité non-nucléaire il est le 4e plus important producteur de chaleur dans le monde.