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Encore une nouvelle situation de crise sur le site nucléaire du Tricastin et une menace nucléaire sur la Provence. Alors que la fuite de tritium radioactif entre les réacteurs 2 et 3 se poursuit sans que EDF ne soit en capacité d'identifier son origine et d'y mettre un terme et qu'une pompe a "explosé" la semaine passée en projetant des substance contaminées sur 3 travailleurs : ce sont les pluies qui menacent à présent l'ensemble de la centrale nucléaire.

2013-10-24_centrale-nucleaire-Tricastin_blocage-boue-intemperies.jpgAvec les fortes précipitations de ces derniers jours, les eaux du canal de Donzère-Mondragon se sont chargées en boue. Les pompes qui prélèvent l'eau du canal pour refroidir une partie des installations nucléaires n'ont donc plus pu fonctionner normalement, le liquide de refroidissement devenant visqueux et les pompes incapables de pomper. Bloquées par des sédiments et des détritus diverses les grilles de protection de la prise d'eau des pompes empêchent en plus le pompage de l'eau indispensable au refroidissement des réacteurs pour éviter leur explosion. Le réacteur 2 s'est mis en alerte d'urgence et son arrêt automatique s'est enclenché à la suite de cette perte de refroidissement.

2013-10-25_Tricastin_Reacteur_2_Scram_geyser-vapeur_01.jpgL'état des 3 autres réacteurs nucléaires est inconnu et nécessite de sérieux contrôles par EDF dans une situation plus que tendue. Quelles vont être les interventions techniques possibles ? pour déblayer les grilles : un bateau de dragage qui va en plus remuer les sédiments contaminés ? l'envoie de plongeurs-suicide pour dégager les grilles de prise d'eau alors que des fuites radioactives se poursuivent depuis près de 3 mois ? et pour évacuer le trop plein de chaleur et d'énergie accumuler ? : balancer dans l'atmosphère la vapeur portée à un haut degré de chaleur? et comment relancer les pompes peut-être engorgées de boues ? la sagesse et la seule mesure technique durable n'est-elle pas l'arrêt des 4 réacteurs à bout de souffle dont l'un est criblé de fissures menaçantes ?

2013-10-25_Tricastin_Reacteur_2_Scram_geyser-vapeur_02.jpgEn pleine nuit, un geyser de vapeur d'eau de près de 100 m de haut, s'échappe du bâtiment de la centrale nucléaire. Le surplus d'énergie nucléaire produite ne pouvant être évacué et la surchauffe des installations en cours contraignent à des lâchers en toute urgence afin de pouvoir relancer éventuellement le réacteur nucléaire en situation précaire.

A cette heure (22h30), alors que l'ASN n'a toujours pas répondu à la mise en demeure du 25 septembre dernier que lui a adressé le CAN84 au sujet de la fuite de radioactivité, la menace de perte de contrôle par EDF de ses installations est loin d'être évacuée.

Le refroidissement : une autre grande menace comme à Fukushima

EDF  Schéma Centrale Nucléaire   Réacteur  REP 900 MW  Nuclear Power Plant Reactor  PWR 900 MWC'est une situation totalement nouvelle et qui n'a jamais vraiment été envisagée lors de la conception des centrales nucléaires à laquelle les nucléocrates se trouvent confrontés : la qualité médiocre de l'eau de refroidissement. Pas assez "liquide" et fluide elle ne peut pas jouer le rôle dévolu, bloque le fonctionnement des pompes de prélèvement, perturbe le débit nécessaire et à terme peut les détériorer. Le circuit primaire ne peut plus être refroidi par le circuit secondaire de refroidissement via les 3 échangeurs Générateurs de Vapeurs (GV) pilotés par le pressuriseur, car ceux-ci n’ont plus la capacité d’assurer correctement leurs fonctions.

2013-10-23_Barrage_Donzere-Mondragon_Bollene_cetrale-nucleaire_Tricastin_.jpgCette situation "inédite" confirme la possibilité de perte totale et brutale d’eau de refroidissement des 4 réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin (comme de toutes celles situées en bord de fleuve) d'autant que le canal du Rhône de Donzère-Mondragon située au long de la centrale nucléaire et dans lequel la centrale pompe (et rejette) son eau est bloqué en aval par le barrage écluse-géante André-Blondel dont l'impressionnante hauteur manométrique de plus de 22 mètres (la plus haute d’Europe) n'est pas sans risque de rupture. En 1998, un grave accident, la rupture de l'une des portes de l'écluse, a failli provoquer le drame si la seconde porte avait cédée : une immense vague "tsunami" aurait déferlé en contre-bas et aspiré en amont toute l'eau du canal qui se serait retrouvé alors totalement à sec. Plus une goutte d'eau, en quelques secondes, pour refroidir les réacteurs nucléaires. Scénario terrible possible d'autant que la zone du Tricastin est une zone sismique !

Encore de nouveaux scénarios de sécurité à intégrer dans la mise en scène illusoire des mesures post-Fukushima que les pro-nucléaires tentent de présenter comme "la garantie des garanties" car maintenant "nous avons tout compris" grâce à notre joyeux "retour d'expérience" (la sinistre et toujours en cours catastrophe nucléaire de Fukushima) .

Dernière heure (31/10/2013) : Le directeur de la centrale EDF, Laurent Delabroy, est débarqué et remplacé à compter du 31 octobre minuit par une nouvelle directrice (Mme Sylvie Richard).

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Les incidents à répétition répertoriés par l'Autorité de Sûreté Nucléaire sur le site du Tricastin : ici

photos et croquis : Next-Up (droits réservés)

La Presse en parle : France-Bleue 

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