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Selon l'aveu de la SA EDF, l’activité volumique radiative de Tritium* mesurée dans les eaux souterraines de l’enceinte béton géotechnique varie de 180 000 Bq/m³ (soit 12 fois la valeur dite "normale") à 690 000 Bq/m³ sous le réacteur n°3. Cette ou ces fuites détectées devraient être en principe issues de canalisations soient défectueuses, oxydées ou poreuse du circuit primaire, ce qui est en soi est l’indicateur d’une alerte majeure sur l’état du délabrement de la centrale nucléaire.

Pour les experts, ces fuites de tritium posent également des doutes sur la fiabilité et la sureté des équipements des réacteurs nucléaires notamment dans le cas d’amenée d’eau pour refroidir les réacteurs en cas d’arrêt d’urgence, mais aussi en général cette détection anormale de tritium peut suggérer la présence d’autres substances plus radioactives.

Toutes les directions du site Tricastin (Areva, EDF, CEA) campent dans le déni de réalité. Une nouvelle fois pour les exploitants nucléaires (cette fois-ci encore EDF) : "Il n'y a aucun impact sur l'environnement" comme vient de le déclarer  à l'AFP le directeur de la centrale EDF du Tricastin, Laurent Delabroy. Rengaine criminelle répétée en boucle à chaque incident ou accident nucléaire. C’est de la désinformation forcenée destinée à enfumer la population profane pour pouvoir poursuivre leurs actes mortels.

Alors que dans sa note de "Synthèse et recommandations du groupe de réflexion  "impact du tritium"" de avril 2010, l' ASN estime que les risques de dommage et de mutation au niveau de l'ADN par le tritium existent bel et bien, que la spécificité du tritium exige de revoir de fond en comble les méthodes utilisées et le concept même de dose moyenne à l’organe jusqu'alors utilisé par les exploitants et autres "experts".  Et de préciser : les incertitudes et lacunes rendent nécessaires des recherches complémentaires sur l’impact biologique du tritium, en particulier pendant les divers stades de la grossesse" (1). D'autant que d'autres études, notamment britanniques alertent sur la nocivité du tritium depuis 2007.

communiqué du CAN84- 17/09/2013

Ce n’est que le 6 août 2013 qu’EDF a déclaré à l’ASN une évolution anormale de tritium* radioactif sous les réacteurs nucléaire n°2 et n°3 de la centrale nucléaire du Tricastin. L’inspection conduite le 28 août révèle que ces niveaux anormaux de radioactivité sont constatés en fait depuis le mois de juillet 2013. Tout comme à Fukushima, l’eau radioactive est pompée et stockée dans des cuves puis rejetée vers le Rhône et la méditerranée. Le Collectif antinucléaire de Vaucluse exige de l’Autorité de Sûreté Nucléaire l’ordre de mise à l’arrêt immédiat de la centrale nucléaire du Tricastin.

L’ASN a mené le 28 août 2013 une inspection sur le site du Tricastin qui a révélé la présence anormale de tritium dans les eaux souterraines à l’intérieur de la centrale nucléaire. C’est au cœur de l’enceinte géotechnique en béton construite dans le sous-sol du site que la contamination se produit. L’enceinte est constituée par une paroi verticale en béton de 60 cm d'épaisseur et de 12 mètres de profondeur sous les réacteurs qui vise à emprisonner l'eau souterraine contaminée.

Les eaux souterraines mortelles sont pompées par EDF afin que leur niveau reste inférieur à celui de la nappe phréatique environnante puis stockées dans des réservoirs et rejetées dans le Rhône.

Les inspecteurs de l’ASN ont constaté qu’EDF avait procédé à plusieurs mesures dans les eaux souterraines de la centrale, qui ont bien révélé la présence d’un volume anormal de tritium ; les inspecteurs de l’ASN n’ont pu que constater qu’EDF n’avait toujours pas identifié l’origine des fuites ni des équipements responsables.

Pourtant l’autorité nucléaire se contente de demander à EDF de remettre "au plus vite" en conformité les installations, validant ainsi la contamination radioactive en cours.

Le CAN84 dénonce cette irresponsabilité, cette complicité avec les criminels si similaire à l’attitude des autorités japonaises à Fukushima.

Le tritium est un « isotope » généré lors de la réaction nucléaire à l’intérieur des réacteurs nucléaire et se retrouve aussi dans le « circuit primaire ». C’est l'un des principaux radionucléides émis au quotidien par les réacteurs nucléaires à eau pressurisée et les installations de traitement du combustible nucléaire usé, tritium nécessaire à la bombe atomique.

Rien ne prouve non plus à cette heure que d’autres radionucléïdes, en plus du Tritium, ne s’échappent pas aussi de la centrale nucléaire.

Le Collectif antinucléaire de Vaucluse exige l’arrêt immédiat, inconditionnel et définitif du site nucléaire du Tricastin et de l’ensemble des installations nucléaires du pays. Il y va de la vie de toute la population et de la survie du pays.

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* Le Carbone 14 radioactif et le Tritium sont les deux radionucléides les plus rejetés dans l’atmosphère chaque jour par une centrale nucléaire en fonctionnement quotidien. Plusieurs dizaines de milliers de m3 de Tritium par an et par réacteur contaminent ainsi le vivant et l'environnement. En moyenne un seul réacteur de 900 MWe a des rejets liquides annuels de tritium d’environ 10 TBq auquel s'ajoute une activité radiative gazeuse (autre forme du Tritium) d'environ 0,3 TBq rejetée par la cheminée de rejets du réacteur de 900 MWe.

Le Tritium [3H] ou [T] est l’isotope radioactif de l’hydrogène [H]. A ce titre, il peut se substituer aux atomes d’hydrogène qui constituent l’un des quatre éléments fondamentaux (avec le carbone, l’azote et l’oxygène) de la matière organique, donc des corps vivants.  Ainsi le tritium pénètre facilement dans l'organisme, à travers le cycle de l'eau et entraîne une exposition interne. Le tritium dont la période de nocivité est de 12,3 années s'élimine peu à peu de l'organisme en environ 10 jours (période biologique) après avoir produits ses dégâts qui se traduiront des années plus tard par des cancers.

(1) Extraits : IV - La question des effets du tritium sur la santé  . 4.1 Pertinence du concept de dose moyenne à l’organe . Les effets du rayonnement bêta du tritium doivent-ils être réévalués ? La question provient du fait que l’isotope tritium présente quelques spécificités : le parcours des électrons est très court (inférieur au diamètre de la cellule et même du noyau cellulaire) et la densité d’ionisation élevée, ce qui, si les molécules tritiées se trouvent dans le noyau cellulaire, est susceptible de provoquer des dommages en grappes au niveau de l’ADN. Deux autres phénomènes contribuent aussi à renforcer localement les effets du tritium : sa transmutation in situ en hélium et l’enrichissement en eau tritiée de l’eau d’hydratation de l’ADN (« buried tritium » ou « effet isotopique »). L’ensemble de ces effets physico-chimiques conduit à des lésions, qui peuvent conduire à leur tour à l’apparition de mutations dans l’ADN. Si la distribution de la dose est relativement homogène quand le tritium est sous forme d’eau tritiée, elle estpar contre hétérogène lorsque celui-ci est incorporé dans l’ADN ou les histones. La question se pose dès lors de la pertinence du concept de dose moyenne à l’organe comme indicateur de risque. Autrement dit, les doses calculées selon la méthode classique (en utilisant les facteurs de conversion Sv/Bq de la CIPR) pourraient conduire à une estimation incorrecte du risque. Il serait utile pour comparer les études sur les effets biologiques et sur la santé d’harmoniser les méthodes permettant d’évaluer la dose, ceci à différentes échelles (cellules et organes), en fonction de la forme de tritium, de la voie et durée d’exposition et du délai avant analyse. Ces incertitudes et lacunes rendent nécessaires des recherches complémentaires sur l’efficacité biologique du tritium, en particulier pendant les divers stades de la grossesse.

ASN : le livre blanc du tritium -> http://livre-blanc-tritium.asn.fr/index.html  .

ASN : données des rejets liquides et gazeux de tritium en France par les installations nucléaires depuis 2006

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Mise en demeure de l'ASN à EDF SA

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Qu'est-ce que le Tritium radioactif ?

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les rejets quotidiens de tritium radioactif par les installations nucléaires en France et le régime des vents dans le sud-est

2013-09-19_Carte_des-sites-rejets-tritium_France.png 2013-09-19_Carte_des-sites-rejets-tritium_0.png  2013-09-19_Carte_du_mistral.png 2013-09-19_Carte_des-sites-rejets-tritium_1.png

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DH 21/09/2013 : Le CAN84 et Next-Up Organisation ont procédé le 21 septembre à des prélèvements d'eau et analyses indépendantes dans le périmètre de proximité de la centrale nucléaire du Tricastin et auprès de riverains. Les premières images et premiers résultats : http://www.next-up.org/news/?n=tricastin_controle.html