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lundi 19 août 2013 au matin matin la radioactivité mesurée à environ 50 cm au-dessus de flaques d'eau contaminées, subitement découvertes dans l'enceinte de la centrale nucléaire de Fukushima-Daïchi, était d'environ 100 millisieverts par heure soit la dose maximale imposée sur cinq ans pour les travailleurs japonais du secteur nucléaire.

Déjà le 9 juillet une multiplication par 90 du niveau de césium radioactif entre les réacteurs et la mer avait été constatée. Un des nombreux réservoirs de stockage installé sur le site pour contenir l'eau contaminée déversée en permanence sur l'installation s'est mis à fuir. Il resterait environ 670 tonnes dans ce réservoir.

2013-07-06_Japon_catastrophe-nucleaire_nuage_Fukushima_impact-monde-France.jpgPour tenter désespérément de refroidir les réacteurs ravagés et contenir l'emballement de la réaction nucléaire à ciel ouvert : la température doit être maintenue en effet à un niveau inférieur à 50 ºC. Chaque jour donc ces opérations de refroidissement produisent 400 tonnes d'eau hautement radioactive, dont une partie est stockée dans des réservoirs souterrains. Mais après qu'en faire ?

Un dérisoire muret a été mis en place aux abords des citernes d'eau, muret censé arrêter les liquides radioactifs en cas de fuite. Cette eau se mêle maintenant à l'eau souterraine accumulée depuis le début de la catastrophe nucléaire du 11 mars 2001 et se répand à présent jusque dans la mer. De l'aveu même de Tepco ces fuites radioactives atteignent un niveau monstrueux de 20 000 à 40 000 milliards de becquerels depuis le mois de mai 2011.

Les pro-nucléaires eux-même s'affolent : des effets considérables sur la santé et l'environnement

A la fin du mois de juillet, Tepco était revenu sur sa théorie selon laquelle l'eau chargée de tritium, de strontium, de césium et autres éléments radioactifs stagnait sous terre, avouant ensuite qu'elle atteignait finalement l'océan. Il devenait difficile pour l'exploitant nucléaire de persévérer dans son mensonge alors qu'en janvier, par exemple, un poisson pêché près de la centrale présentait un niveau de contamination radioactive plus de 2 500 fois supérieur à la limite légale – au grand dam des pêcheurs de la région.

Tepco a aussi révélé qu’il y a 350 autres réservoirs pleins du même type sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima. Des réservoirs "provisoires" dont l'étanchéïté est réalisées avec des joints... en caoutchouc et non pas soudés histoire d’être construits plus rapidement. Autant dire que les risques de fuites sont plus qu'inévitables. D'ailleurs l'exploitant nucléaire avoue que déjà quelques réservoirs fuient depuis le printemps alors que leur durée de vie avait été estimée à 5 ans. Les fuites ont donc déjà commencé seulement quelques mois après leurs constructions !

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) chargée de développer le nucléaire dit "civil" indique que chaque augmentation d'un cran sur l'échelle INES représente une multiplication par dix de la gravité de l'incident. Cette fuite radioactive passe de 1 à 3 sur l'échelle INES et l'accident provoqué par le tremblement de terre et le tsunami de mars 2011 demeure classé depuis cette date au niveau 7, le plus élevé correspondant à "des effets considérables sur la santé et l'environnement".

Environ 360 000 tonnes d’eau contaminée se sont accumulées sur le site, représentant 85 % de la capacité totale des réservoirs, évaluée à 430 000 tonnes à la date du 20 août. Chaque jour, du fait que les infiltrations se poursuivent, 400 nouvelles tonnes s’ajoutent au stock existant.

Le lobby nucléaire français est directement impliquée dans la catastrophe nucléaire

Rappelons que la France est directement impliquée dans cette catastrophe nucléaire mondiale, non seulement parce que Areva est le fournisseur du terrifiant combustible nucléaire "Mox"  (mélange d'oxydes d'uranium et plutonium) de la centrale en perdition de Fukushima-Daïchi - dont les ingénieurs avaient fuit rapidement le site dès le début de la catastrophe - mais aussi par ce que le groupe français a notamment mis en place sur le site le système dit de "décontamination partielle" des eaux contaminées radioactives issues de l'arrosage des installations, le refroidissement de trois réacteurs dans lesquels le combustible atomique a fondu.

Alors pourquoi se priver de la manne de la mort que l'on a soi-même engendrée ? Areva tente ainsi aussi de faire fructifier son business de la mort en proposant ses services pour le démantèlement de la centrale nucléaire en situation de non-contrôle. "A l'avenir aussi, il faut poursuivre la coopération internationale à Fukushima", insiste M. Oursel, le remplaçant de Anne Lauvergeon à la tête du refourgueur de mort, pour qui l'enjeu est fric, fric, fric : "si tout se passe bien à Fukushima, nous pourrons aussi intervenir dans le démantèlement d'autres installations au Japon et ailleurs dans le monde". Et le chef d'Areva voyant encore plus loin dans la monstruosité espère aussi aider le Japon à construire sa propre usine... de MOX , histoire d'écouler la sur-production de son usine tricolore de La Hague qui se trouve à quasi saturation.

à écouter sur France-Inter : http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=708830