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2013-06-15_Fete_La-Marseillaise_Vaucluse_CAN84_stand_arret-immediat-du-nucleaire_utopia_Avignon.jpgDifficile de ne pas voir et rencontrer les antinucléaires qui occupaient pas loin de dix mètres de façade le long du bras du Rhône. Ainsi presque toute la grande galaxie des "engagé-es" sociétaux de Vaucluse et des environs est passée ce samedi au stand du CAN84 installé à l'extérieur de la fête officielle du journal. L'ouverture et la détermination sans concession des antinucléaires à quelques chose de rassurant dans un monde à bout de souffle, car avec eux chacun-e sait qu'il n'y aura pas d'entourloupes, de faux-fuyants, de langue de bois ou de double-langage, Leur volonté d'abattre les murs artificiellement créés par le trio infernal militaro-politicien-technocratique entre les salariés et la population commence à porter ses fruits. Ceux qui regardaient bizarement ces citoyens opposés au consensus pro-nucléaire mis en place par le compromis historique communistes-gaullistes-syndicalites-capital pour promouvoir la destruction atomique s'autorisent à transgresser l'interdit mystique. La catastrophe nucléaire toujours en cours de Fukushima est passé par là, après le premier ébranlement de la catastrophe nucléaire pérenne de Tchernobyl et les mensonges officiels déversés sur la population française.

Des salariés du nucléaire discutent avec les antinucléaires

2013-06-15_Fete_La-Marseillaise_Vaucluse_CAN84_stand_arret-immediat-du-nucleaire_01.jpgLui, travaille au service de protection ionisant sur le site nucléaire du Tricastin (Vaucluse-Drôme), l'autre sur le démantèlement d'installations à Marcoule (Gard) haut lieu du nucléaire militaro-civil et de la bombe atomique. Le premier est un syndiqué à la puissante Fédération pro-nucléaire de l'Energie CGT, l'autre n'a pas opté pour une affiliation bien que participant aux mouvements sociaux. Tous deux ont en commun de mêmes préoccupations et une même aspiration : tout faire pour que "ça ne pète pas" (et le risque est de plus en plus grand) et se reconvertir au plus vite dans d'autres métiers moins dangereux et plus d'avenir tant pour eux que pour le pays.

Bien sûr ce qui les freinent c'est pour une bonne part la peur : celle de la perte des moyens de la survie alimentaire et de la satisfaction des modes de sur-consommation, celle de devoir se battre contre une montagne qui verrouille depuis cinquante ans toute indépendance d'esprit et exerce une dictature sur la libre-pensée. Il y a comme de la schizophrénie dans cette situation : on sait que c'est dangereux, que ça contamine au quotidien l'air et l'eau, que ça rend malade et que ça tue, que si ça pète tout le pays est réduit à néant et que chacun y perdra son emploi, son habitat, ses relations, sera expulsé de force ou bien contraint à demeurer dans une zone contaminée, que l'on produit et refile chaque jour des déchets radioactifs à nos enfants en attendant la cataclysme tricolore, mais on continue. Evidemment on rouspète contre le recours à la sous-traitance et la pression des directions des entreprises du nucléaire mais on s'accroche toujours à ce faux alibi "si c'était public il n'y aurait pas de danger". On n'y croit plus mais on répète en boucle cette croyance irrationnelle à l'unisson des fossoyeurs nucléocrates qui tirent les ficelles. C'est que l'on culpabilise aussi.

2013-06-15_Fete_La-Marseillaise_Vaucluse_CAN84_stand_arret-immediat-du-nucleaire_drapeau-triangle.jpgLe nucléaire rend malade physiquement et psychiquement. Il attaque la démocratie et la liberté des citoyens. Il menace toute la planète et diffuse l'esprit pétainiste de la collaboration, celle des producteurs-salariés avec le capital privé/public. Il entretient le corporatisme et le replis sur le corps de métier accompagnant et renforçant ainsi le système d'exploitation et de domination de l'humain. Il fait perdurer artificiellement un centralisme technocratique alors que tout appelle aujourd'hui à mettre l'humain au centre d'une société nouvelle, à décentraliser et les décisions et les moyens énergétiques nouveaux non-mortifères. Schizophrénie, schizophrénie...

Et les politiques vinrent...

Etrange ballet aussi tout au long de l'après-midi des "politiques", élu-e-s et dirigeants de partis. Des discussions là encore quelques peu kafkaiennes :

"Tu comprends le parti n'en est pas encore là (de s'opposer officiellement au nucléaire) alors on relance uniquement sur le nucléaire militaire mais vous avez raison il faut en finir avec ça car les deux sont liés mais je ne peux pas le dire publiquement, pourtant nous sommes un paquet à le penser.." Réponse aussi sec d'un autre militant communiste qui agit avec le CAN84 : "mais bon sang que les bouches s'ouvrent, ayez du courage, brisons ce mythe aliénant d'un autre âge".

Peu après c'est un candidat Europe-Ecologie qui s'épanche : "Je suis écoeuré de notre abandon de la lutte antinucléaire et de notre alignement sur les socialistes qui font tout pour vendre à l'étranger des centrales nucléaires et le "mox". Et puis quand tu sais le panier de crabes qu'est notre "coopérative" dont un bon nombre de membres sont aussi membres du parti socialiste... et dans le département c'est du même niveau, il y en a aussi qui intriguent et font acte d'allégeance pour être en bonne place sur la future liste du PS aux municipales..."

2013-06-15_Fete_La-Marseillaise_Vaucluse_CAN84_stand_arret-immediat-du-nucleaire_triangle.jpgOn est là en pleine illustration du pourrissement démocratique engendré par le lobby nucléaire. Vient le tour de dirigeants régionaux socialistes d'échanger quelques mots avec les militants du CAN84 :" Bon c'est vrai François Hollande vend du nucléaire à l'étranger et le gouvernement a donné son feu vert à ITER et prolonge le financement du projet Astrid mais nous au Jeunes Socialistes on est contre le nucléaire. Vous avez raison il faut l'arrêter immédiatement mais"... 

Schizophrénie, schizophrénie...

Puis c'est le passage d'un responsable du Parti de Gauche qui propose directement aux antinucléaires de participer à la rentrée à un débat public avec des syndicalistes du nucléaires et des élus locaux dans le secteur du Tricastin. Banco ! Après tout le PG s'affiche contre le nucléaire; mais pour le CAN84 : peu beaucoup mieux faire en se positionnant clairement pour l'arrêt immédiat et inconditionnel. Une autre militante du PG affiche elle clairement la tonalité avec un badge "Stop-Tricastin" agraffé sur le chemisier et un "Arrêt Immédiat du nucléaire" sur le pantalon.

Les choses évoluent. Des syndicalistes, des militants politiques, des élus acceptent (enfin) la rencontre proposée par les antinucléaires. Et démontrent que... sans la prise en mains par les citoyen-nes eux-mêmes et sur des positions sans appel de refus d'accompagnement du crime nucléaire : rien ne bougera vraiment. Et ce sera trop tard. Alors chacun et chacune est en face de ses responsabilités individuelles et collectives. Immédiatement.

CAN84_Merci-maman-merci-papa_poubelle-nucleaire.jpg

NB: le CAN84 remercie tou-tes les ami-e-s qui ont participé pendant plusieurs jours au ramassage et à la vente des cerises - offertes à la cueillette par un ami du monde agricole et rural-  qui permettra au CAN84 de financer une partie de ses actions d'information et de mise en cause du lobby et des élus collaborationnistes