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L’'Association Française des malades de la Thyroïde a décidé de porter plainte auprès de la Cour Européenne des droits de l'Homme contre l'Etat Français suite à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl et aux décisions de l'appareil judiciaire français conduisant à faire disparaitre toute responsabilité des autorités et personnes en charge de la santé publique à l'époque.

CAN84_AFMT_malade_thyroide_nucleaire.jpgA l'époque les autorités françaises et l'Etat ont systématiquement minoré le passage du nuage radioactif produit par la catastrophe nucléaire de la centrale de Tchernobyl (Ukraine-URSS) sur le pays et a refusé en conséquence d'alerter les habitants et de prendre les mesures de protection de la population.

Une plainte avait été déposée le 1er mars 2001 par l'AFMT qui mettait particulièrement en cause le rôle du service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) et son chef - le sinistre Professeur Pellerin -  lors de cette terrible catastrophe pérenne. L'’instruction judiciaire avait démontré qu’'au travers des « radias- air »  qui équipaient les centrales nucléaires, le SCPRI avait une connaissance exacte heure par heure du taux de contamination que respirait la population Française.

Le déni des réalités, le scientisme et la dictature de la technocratie nucléocrate

Alors que dans de nombreuses régions françaises les doses de radioactivité au sol se révélaient très importantes notamment de part la pluie qui tombait à ce moment là et les jours qui ont suivit : les personnes comme les cultures agricoles alimentaires se sont trouvées contaminées. Mais, à l'inverse d'autres pays, telle l'Allemagne ou la Suisse ou l'Autriche, la France refusait d'admettre la situation de contamination du territoire et refusait de respecter les normes alimentaires préconisées par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Bruxelles en mai 1986. Ainsi, bon nombre de denrées alimentaires contaminées et interdites en Europe étaient importées et proposées à la consommation des français et françaises.

CAN84_Tchernobyl_nuage.jpgMis en examen par le juge d’'instruction, le chef du SCPRI - le professeur Pellerin - a alors tout fait pour se soustraire à ses responsabilités, ses choix, sa stratégie de propagande mensongère et sa décision d'exposer la population au crime nucléaire. Ainsi, le 15 février 2010, le chef du SCPRI saisissait le juge d’instruction d'’une demande visant à faire prononcer un non-lieu global et à constater la prescription de l’'action publique. Par ordonnances du 15 mars 2010, le magistrat instructeur avait rejeté l’'une et l'’autre demande.

Une obsession procédurière pour fuir ses responsabilités et empêcher le débat de fond

Mais le contexte nucléocratique de la France, le noyautage des institutions et des esprits par le lobby nucléaire et sa propagande forcenée offraient un cadre propice à étouffer le crime. Des manoeuvres procédurières vont alors être sans cesse mises en oeuvre pour que le procès n'ait pas lieu ou qu'il capote. Ainsi le Président de la Chambre de l'’Instruction se voit saisi par application des articles 175-1 et 207-1 du Code de Procédure Pénale d’'une demande tendant à ce que le dossier soit transmis à la chambre de l'’Instruction de la Cour d’'appel de Paris. Puis par ordonnance du 16 avril 2010 le Président de la-dite Chambre fait droit à cette demande. Puis par une ordonnance du même jour, le Président de la Chambre de l’'Instruction autorise l’'appel de l’'ordonnance du juge d'’instruction qui avait lui refusé de constater la prescription. Alors le Procureur Général près la Cour d’appel de Paris n'a plus qu'à requérir un non-lieu dans cette affaire qui verra, par un arrêt du 7 septembre 2011, la Chambre de l’'instruction de la Cour d'’appel de Paris infirmer l'’ordonnance de poursuite de l’'instruction et prononcer le non-lieu des chefs d’'atteinte involontaire à l'’intégrité d’'autrui et de tromperie.

CAN84_tchernobyl_France_victimes_thyroide.jpgL'action tenace des parties civiles et notamment de l’'AFMT est blackboulée, les victimes jetées aux orties, et blanchit le crime nucléaire couvert par ses dévots. Pourtant l'Association Française des malades de la Thyroïde ne va pas baisser les bras et se pourvoie en cassation. Pourvoi qui sera à son tour rejeté le 20 novembre 2012 par la Cour de Cassation.

Les voies de recours nationales ont ainsi été épuisées par l’'AFMT sans que l'’affaire n'ait été jamais évoquée sur le fond, ni au plan pénal, ni sur les intérêts civils des victimes et de l’'association qui les regroupe.

Ne pas se soumettre au diktat des criminels

Le raisonnement conduit par les juridictions françaises constitue de toute évidence une violation du droit à un procès équitable et l'AFMT poursuit aujourd'hui son combat devant, maintenant, la Cour Européenne des Droits de l’'Homme. Elle est soutenue dans cette démarche par des organismes scientifiques comme la CRII-RAD et le CERI et de nombreuses autres associations de santé ayant connus les mêmes injustices dans d'autres sinistres affaires telles celles du sang contaminé, de la légionellose, de l’'hépatite B, et plus récemment du scandale de l'’amiante.

CAN84_AFMT_victime_Tchernobyl_plainte_justice.jpgDans un communiqué, l'Association Française des malades de la Thyroïde déclare : "Nous aimons notre Pays, il a été porteur des idées des "Lumières", mais nous savons aussi qu'’il s'’est construit dans la douleur. Actuellement il est sous le joug des lobbies qu’'ils soient nucléaires, pharmaceutiques, agro-alimentaires.… Le poids de la finance pèse mortellement dans la balance. Nous espérons en un réveil citoyen pour le devenir des générations futures en dehors de tous clivages politiques."

Non seulement le secret de l’instruction a montré que les autorités savaient, qu'elles n’ont rien fait pour protéger la population mais en plus ont falsifié les chiffres, refusé les normes de l’OMS en vigueur à l'époque et ont laissé la libre circulation de marchandises alimentaires venant des zones contaminées, alors que les autres pays européens avaient fermés leurs frontières.

Les ventes de "lévothyrox" (soins de la thyroïde) ont explosé ces 20 dernières années notamment pour un nombre de plus en plus important de jeunes atteints de carcinome papillaires reconnus radio induits.

Se positionnant comme les enfants de Zola, Hugo, Cousteau, Dumont, Paul Emile Victor et tant d’autres qui ont apporté à l'histoire du pays et à la qualité de vie de leur contemporains et descendants, l'AFMT conclu : " Ils ont été des alerteurs de conscience pour notre planète, laisser passer Tchernobyl sous silence serait criminel pour nos enfants…, d'’autant plus que Fukushima confirme nos inquiétudes."

A Fukushima déjà plus de 30,4 % des enfants sont atteints de tumeurs thyroïdiennes bénignes et déjà pour certains cancéreuses (Préfecture de Fukushima)

La France est le second pays le plus nucléarisé du monde.

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Source : Association Française des Malades de la Thyroïde -AFMT / 05 63 27 50 80 et 03 84 52 25 08 / http://www.asso-malades-thyroide.org