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9h00 – Après la nuit passée au bord de l’Ardèche et les quelques kilomètres les séparant du rond-point d’entrée de ville de Pont-St-Esprit (Gard), les marcheur-ses empruntent le pont enjambant le Rhône. Béatrice, une nouvelle personne venue de Sorgues (Vaucluse) a rejoint le groupe et dans l’après-midi Pierrot d’Ardèche sera également de la partie. Pierrot qui, de retour de Bali, vient d’offrir ce matin à chaque participants un présent : un mobile de sauterelles en feuilles de bambou porte-bonheur ou, au choix, un mobile de coquillages flottant au vent.

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10h00 – Coups de klaxons d’automobilistes scandant « ce n’est qu’un début continuons le combat ». Les encouragements démontrent que, si peu de gens s’impliquent au quotidien dans l’action de terrain contre le lobby nucléaire, ils n’en demeurent pas moins en position de refus de voir le nucléaire et ses impacts mortels sur la vie se poursuivre.

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Au loin les lignes THT sortant de la bête dévoreuse d’atomes déchirent le paysage. Le site nucléaire est à moins de 10 kilomètres. Ce sera l’objectif de demain vendredi. Vendredi 26 avril jour de commémoration de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl voici 27 ans. Si les centrales nucléaires continuent de fonctionner à l’identique en France le monde entier commémorera aussi dans peu de temps une catastrophe nucléaire « made in France ». Criminel. Arrêtons le bras des assassins avant le drame.

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11h – Tentatives des gendarmes locaux d’intimider les antinucléaires avec l’exigence faite à chacun-e de décliner son identité. Peine perdue. Devant le front du refus et les demandes des citoyens en marche de justifier un tel contrôle d’identité, les hommes en bleu font marche arrière. Les marcheur-ses repartent d’un bon pas et attaquent les derniers kilomètres qui les séparent de la ville de Bollène. Dans le ciel nuageux, au loin, émergent les tours de refroidissement de l’ancienne usine d’enrichissement de l’uranium (Eurodif), celle pour qui fonctionnaient exclusivement 3 des 4 réacteurs du Tricastin.

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C’est que le cycle de l’uranium est gourmand en auto-consommation d’électricité. Un peu partout en France, ces réacteurs qui ne tournent que pour le cycle du nucléaire pourraient être mis à l’arrêt du jour au lendemain sans aucun impact sur les modes de vie des français. Près de 20% du parc nucléaire français nous menacent ainsi pour rien si ce n’est pour le buizzeness des accros de l’explosion atomique.

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12h00 – Les antinucléaires s’installent au cœur de la ville et se dirigent vers la mairie pour remettre à la « première magistrate » le dossier pour la fermeture immédiate des installations nucléaires installées sur sa commune et la proposition de faire adopter une motion en ce sens par son conseil municipal. A l’image des autres villes et villages l’élue n’est pas présente, malgré le courrier qui lui a été adressé voici plus d’un mois et la relance par courriel. Incroyable le nombre de réunions internes et externes, voyages d’études au quatre coins de la planète, séminaires aux thématiques les plus variées et parfois étranges, rencontres en tous genres et souvent extra-territoriales auxquels les élus doivent se plier…

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Les citoyens de la vie et pour la vie partent à la rencontre de la population avant de faire halte pour se restaurer et se rafraîchir. Un commerçant demande un auto-collant antinucléaire et des tracts pour les diffuser autour de lui. Ainsi, en plein lieu soumis au nucléaire,  des résistances existent ou se font jour. Malgré les milliards d’euros de propagande ininterrompue déversée par le lobby sur le pays depuis 50 ans, les idées nauséabondes qu’il véhicule ont beaucoup plus de mal à pénétrer les esprits. Fukushima est passé par là et a réveillé le mensonge de Tchernobyl. A tel point que les campagnes de recrutement de chair à canon, pardon de collaborateurs et collaboratrices,  par Areva – avec titre en « une » de la presse locale « Areva recrute 120 000 salariés » - ne trouve plus trop preneur. Bientôt, dans la sur-enchère, leur propagande dira, pourquoi pas, 1 million de recrutement ?  

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Mais ici aussi on se dit que « finalement le nucléaire n’a guère d’avenir » et que d’autres activités sont certainement plus  porteuses. C’est que l’action en bourse est aussi en chute libre et que les gesticulations et effets d’annonces de commandes étrangères, finalement fictives, se heurtent au mur de la réalité. Sans parler des luttes d’influence au sein même de la caste du lobby, entre EDF et Areva. Après le fiasco de la construction d’un EPR en Finlande et les retards qui s’accumulent la France doit payer à présent des milliers d’euros pour non-respect du contrat. Après le refus des USA d’accepter le projet EDF ce sont aussi des centaines de milliers d’euros partis en fumée. Et en Angleterre ça ne va guère mieux puisque EDF réclame des fonds publics pour construire son nouveau réacteur sinon l’entreprise n’en a pas les moyens. Chapeau bas messieurs les technocrates et scientistes de l’atome ! Pas moyens de refourguer vos « saloperies » mortelles. Heureusement pour la planète et la vie sur Terre.

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14h30 – Le groupe s’éloigne de la ville pour sa halte du soir chez des amis agriculteurs bio. En traversant la ville jusqu’au rond-point de sortie en direction de Nyons, de nombreux passants reçoivent un tract informatif. Du véhicule de sécurité accompagnant les marcheurs depuis le début de la marche retenti la chanson des Bure-Haleurs : « le nucléaire on n’en veut pas, on n’en veut pas, le nucléaire on n’en veut pas, on n’en veut plus,… ». Sur les trottoirs des habitants font le « V » de la victoire tandis que des capots des poids-lourds qui croisent hurlent sirènes et klaxons.

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Encore 4 kilomètres à parcourir et Annie - la prof de sciences et vie de la Terre à Rouen - pourra poser son sac à dos ; Almut – qui accueille avec son mari des jeunes en difficultés - descendre de son vélo et retirer son gilet fluo ; Gillio – le maçon, assistant technique de la marche- dresser avec Muriel – la comptable, cantinière de la marche – les tables du repas du soir ; Nicolas – l’ouvrier-maraîcher et dévoreur de roman - se replonger dans un nouveau livre ; Raymond – ancien éducateur – poser ses pancartes et drapeaux et boire un grand verre d’eau ; Jack – l’élagueur professionnel – poser son béret et prendre dans ses bras sa dulcinée Anne – la sage-femme - ; l’arlésien Augustin – retraité cheminot communiste et antinucléaire de longue date – lâcher le volant du véhicule-balais de la marche ; Claude – l’éleveur de chèvres – expliquer aux autres les transformations de la région et évoquer les nombreuses victimes de cancers autour de lui ; Victor – le maçon retraité – lâcher son drapeau et son timing de meneur de la marche, pour souffler un peu et finaliser la journée ; Lucie – la créatrice de mode – passer un appel téléphonique attentif à ses enfants demeurés à la maison ; Jean – le communicant en médecines douces – transférer les photos de la marche et s’atteler à la rédaction du compte-rendu de la journée… 

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17h00 - Arrivée à la ferme. Après un court repos, les antinucléaires donnent un coup de main à leur hôte agriculteur bio, Philippe, pour la  plantation des plans de fraisiers. La proposition s’est faite tout naturellement, l’entraide ça se pratique au quotidien, la main tend la main à l’autre, on met en commun les énergies pour la vie. On sème, on s’aime. Tout simplement. Sans discourir. Deux autres marcheurs s’en vont tailler un olivier. Des gestes naturels qui en disent long sur une autre société en marche qui laisse derrière elle un vieux monde rabougri et obsolète.

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19h00 – La table est dressée et l’heure du repas a sonné. Chacun-e à pu prendre une bonne douche auparavant. Merci à nos hôtes et à leurs enfants. Demain c’est le 26 avril, l’arrivée au Tricastin et le jour anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. D’autres citoyens venus des départements voisins convergeront à la rencontre des marcheur-ses…

La Presse en parle

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