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... Premier objectif : atteindre Cadarache et Saint-Paul les Durance (Bouches-du-Rhône) en passant par Vinon (Var) et ce à pied, à vélo, en rollers,...

Une seule volonté, exprimée sur les banderoles et les drapeaux, anime ces habitants et salariés, ces jeunes et moins jeunes : arrêter sans attendre la main criminelle des tenants de la destruction atomique, sauvegarder la santé du vivant et des territoires.
 
C’est d’autant urgent ici, que la Provence et la vallée Rhône-Durance sont, avec une quarantaine d’installations nucléaires diverses et variées implantées, la région la plus nucléarisée de France et d’Europe*.

Dans cette troupe, au coeur du « triangle de la mort » des sites nucléaires civils et militaires de Cadarache, de Marcoule et du Tricastin, les accents provençaux se mêlent à ceux venus du Lot, d’Italie, du Pas-de-Calais, de la Creuse et de bien d’autres départements français.

Initiée par le CAN84 (Collectif antinucléaire de Vaucluse) la marche va se dérouler du 15 au 26 avril 2013 sur les routes des Alpes de Haute-Provence, des Bouches-du-Rhône, du Gard, de la Drôme et du Vaucluse pour s’achever le jour de la commémoration de catastrophe nucléaire de Tchernobyl (26 avril 1986) devant le site du Tricastin. Là où les réacteurs nucléaires de plus de 30 ans d’âge, les installations vétustes et détériorées n’en finissent pas de cumuler semaine après semaine les incidents et défaillances.

15 avril 2013 - 8h45 – C’est le départ, chacun a vérifié son sac à dos, resserré les lacets des chaussures de marche, pris en main un drapeau ou une pancarte. La gare s’éloigne et disparaît à la vue des marcheurs qui vont emprunter la route de la Libération jusqu’au pont enjambant la Durance marquant la frontière entre le département des Alpes de Haute-Provence et du Var. L’ambiance est détendue et déterminée alors que  percent les rayons crus du soleil.

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Les premiers kilomètres sont avalés avec entrain. A présent des véhicules de gendarmerie encadrent la marche.

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12h00 – Au terme des 15 premiers kilomètres, le village de Vinon-sur-Verdon est en ligne de mire et atteint. C’est la halte du midi, en avance sur l'horaire prévu. C'est que le rythme des marcheurs a été soutenu. C'est l’occasion de reprendre quelques forces d’autant plus nécessaires que ce premier jour marque l’étape la plus longue de la marche. Se restaurer certes mais aussi aller à la rencontre des habitants du village pour discuter de la nocivité du nucléaire et de l’indispensable mise à l’arrêt de toutes les installations. Le sujet est d’autant plus critique ici que Cadarache – à moins de 10 km - est implanté sur une faille sismique qui, en septembre dernier encore une fois, s’est réveillée. La terre a tremblé dans le secteur.

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Le maire de la commune à qui une demande d’audience a été adressée à deux reprises depuis plusieurs semaines recevra-t-il les marcheurs et marcheuses ? Un petit groupe va à la mairie vérifier si les élus locaux se préoccupent de protéger la population des agressions sanitaires du nucléaire ou si – ignorance et indifférence coupable aidant – le business et l’économique l’emporte sur l’humain et la vie. Les portes de la mairie sont closes. Dommage. Une enveloppe argumentaire est remise à un employé pour le maire.

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13h30 – La halte est terminée et, aujourd’hui, il ne faut pas trop traîner car il faut arriver à 10 km de là et à l’heure dite devant Cadarache pour la « débauche » des équipes. Les antinucléaires reprennent la route en direction des Bouches-du-Rhône. La voie empruntée n’est pas très large et des camions la parcourent dans les deux sens. La prudence est de rigueur. Quelques kilomètres plus loin c'est une halte devant le chantier pharaonique et démentiel ITER. Ici c'est un chantier de destruction systématique de l'environnement, de forêts, de biotope pour la plus extrême jouissance de l'égo de quelques financiers, politiciens et scientistes qui ont comme projet d'engloutir des milliards d'euros pour tenter de reproduire pendant une fraction de seconde.

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16h – Rassemblement devant le Centre de l’Energie Nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône), haut lieu de la recherche et des expérimentations atomiques civiles et militaires. Ici ça bricole l’atome, ça le triture, ça le déstructure comme un enfant joue dans son carré de sable. Sauf que les radiations s’entrecroisent à tout va, diffusent de-ci de-là leur mortelles sarabandes à partir de pas moins de 19 installations nucléaires de base (INB) implantées dans l’enceinte du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique)*. Et les déments de la destruction atomique, avides de plus de folies encore, ont décidé d’en rajouter avec le projet chronophage d’une expérimentation à plusieurs centaines de milliers d’euros la demi-seconde : ITER.

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Les militants antinucléaires déploient l’immense banderole de plus de 30 mètres au long des grilles du CEA Cadarache « Arrêt Immédiat du Nucléaire » signé du CAN84 et en lettres immenses ; d’autres sortent les drapeaux et pancartes, les couronnes d’hortensia -symbole de la lutte des japonais contre la destruction atomique- prennent place sur les têtes. Les forces de l’ordre se postent en défense du site nucléaire..

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Les salariés des équipes du matin et les rares de l’après-midi se croisent tandis que les vitres des véhicules se baissent pour recevoir les tracts « travailleurs du nucléaire, soyez le fer de lance de l’avenir : arrêtez le crime ». L’accueil est beaucoup moins réservé qu'on le craignait et ceux et celles qui agissent contre la destruction atomique ont connu pire comme réception. Fukushima est passé par là et les idées toutes faites et formatées par 50 années de propagande du lobby nucléaire sont ébranlées. Difficile cependant de fissurer le mur dressé artificiellement par le lobby nucléaire entre les salariés de l’atome et la population. Ils doivent faire l’effort de sortir de la tour d’ivoire techniciste dans laquelle les militaires et politiciens de tous bords les ont enfermé à coup d’idéologie, de mythe d’un progrès sans fin et radieux, d’une mégalomanie dompteuse des forces de la nature, de la certitude de tout maîtriser pour toujours, d’aides et de subventions diverses et variées. Aucun syndicat, aucun élu du personnel n’a répondu favorablement, à ce jour, à la proposition de rencontre – par delà les différences et les incompréhensions- formulée par le CAN84 voici plusieurs mois.

Le Collectif antinucléaire CAN84 rappelle l’objectif de la « Marche pour la Vie » : aller de site nucléaire en site nucléaire en passant par les villes et villages pour dénoncer l’omerta et la loi du silence sur le crime quotidien perpétré par les installations nucléaires, rencontrer et informer les populations sur la sinistre réalité de la destruction atomique, obtenir des rendez-vous avec les élus locaux pour les conduire à prendre connaissance des « faits et arguments » et proposer aux Conseils municipaux d’adopter des vœux pour la mise à l’arrêt immédiat des installations nucléaires, rencontrer les travailleurs du nucléaire pour abattre le mur artificiel de peurs et de conflits créé entre eux et la population. 

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17h30 – Les chiens de garde de l'atome encadrent avec quelques gendarmes les citoyen-nes antinucléaires. Belle illustration de l'atteinte aux libertés fondamentales par le nucléaire. Le rassemblement devant le site nucléaire de Cadarache s’achève. Direction St-Paul-lez-Durance, village coincé entre canal EDF et rivière quasi asséchée. La moyenne de marche à 3km/h a été dépassée aujourd'hui. Demain on remettra au maire « son » enveloppe d’arguments et tenter une discussion avant la halte du soir.

26 kilomètres viennent d’être parcourus, des dizaines d’habitants ont échangé avec les antinucléaires, plus de cinq mille salariés du nucléaire ont pris connaissance des arguments militant en faveur d’un arrêt immédiat du nucléaire sans perte d’emplois, trois maires (Manosque, Vinon, St-Paul les Durance) ont reçu une information solide et argumentée sur leurs responsabilités face au nucléaire ainsi qu’un projet de vœu/motion à faire adopter par leur Conseils municipaux respectifs.

19h00 - Il est temps de déplier les tentes pour la nuit avant d’aller se restaurer autour de la cuisine collective autogérée, pilotée et mise en plats par Agnès (1) assistée d’autres bénévoles. C’est le moment de la détente, de lâcher les tensions musculaires et nerveuses, c’est le temps de tirer le bilan de cette première journée. Ici le principe est l’assemblée délibérative permanente, les analyses se partagent, les décisions se prennent collectivement et, si certain-e-s des marcheur-ses sont en charge de fonctions spécifiques, il n’y a pas de chef ou de leader auto-proclamé, pas d’élu, pas de dépositaire d’une quelconque autorité. Maîtres-mots de cette expérience aussi humaine : responsabilité individuelle et autogestion collective. Quelques notes de musique s’échappent d’un instruments. La nuit sera douce et réconfortante…

(1)    l’alimentation est fournie en grande partie gratuitement par des agriculteurs et des magasins bio des départements traversés, le matériel de cuisine par des associations et des structures d’émancipation humaine et des particuliers (la liste sera publiée en fin de marche). Qu’ils en soient tous remerciés.

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La Presse en parle :

Radio RAJE

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photos : JR - DR