Devant l'hôtel de ville d'Avignon, venant des quatre coins de la place de l'horloge une trentaine de citoyen-nes se retrouvent pour rendre hommage aux victimes de la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daïchi du 11 mars 2011. Dans un silence pesant, ils prennent place autour d'un immense dazibao installé à même le sol. 2 mots seulement, pas plus, y encadre un immense logo radioactif nucléaire jaune : Tchernobyl et Fukushima. 2 noms, 2 catastrophes qui marquent à tout jamais l'ignominie du techno-scientisme qui a osé s'affranchir de la conscience humaine. 2 catastrophes nucléaires sans limites qui perdurent et vont se poursuivre pendant des centaines voir des milliers d'années hypothéquant à tout jamais l'avenir.

4 personnes, sans visage, revêtues d'un combinaison blanche, se placent aux quatre coins du dazibao. Sans visage tels ces anonymes assassinés par les fanatiques et adorateur de leur dieu démoniaque de la destruction atomique. Autour, des portraits de victimes du nucléaire prennent place sur les poitrines.

Le crime nucléaire continue à Fukushima. Il n’y a pas de dose de radioactivité anodine et sans effet sur la santé et le vivant.

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De l'un des visages sans nom, une voix s'élève :

" Jour et nuit, depuis plus de 770 jours, les installations nucléaires japonaises en perdition relâchent leur radioactivité mortelle dans l’atmosphère et dans les eaux.

Des milliers d’enfants de tous âges portent jour et nuit autour de leur cou des compteurs de mesures de radioactivité leur indiquant les doses mortelles reçues heure après heure. Près de 40% ont à présent des nodules à la thyroïde.

Des milliers de familles survivantes sont toujours entassées à ce jour dans des espaces en cartons installés dans des gymnases. Des milliers d’ancien-ne-s demeurent prostré-e-s et hébété-e-s en attendant  que la mort radioactive accomplisse son oeuvre criminelle.

Plus de 250 000 japonais et japonaises sont expulsé-es de chez eux et ont tout perdu : maison, travail, lieu de vie, écoles des enfants, relations humaines, territoires, revenus, lieux de sépultures. C’est l’équivalent de la moitié de la population de Vaucluse."

La voix est émue mais déterminée et résonne sur la place de l'horloge : " leur combat contre le nucléaire est le nôtre. Solidarité ! Fukushima, Tchernobyl, Provence Même ennemi : même combat"

La meilleure des solidarités avec les victimes au Japon est de combattre ici, chez nous, en Provence, en Vallée de Rhône-Durance les criminels, le nucléaire.

La voix anonyme reprend : "Jour et nuit, depuis plus de 14 000 jours, les installations nucléaires civiles et militaires de la vallée Rhône-Durance - Tricastin, Marcoule, Cadarache - rejettent de la radioactivité mortelle dans l’atmosphère et dans les eaux. Idem pour toutes les installations nucléaires de France depuis plus de 53 ans.

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Du Japon à l’Inde, de la France au Canada, de la Chine au continent africain s’élèvent des voix de scientifiques et de populations contre l’aberration nucléaire.

Pourtant le gouvernement français socialo-europe écologie, aux ordres du lobby nucléaire

. continue la propagation du nucléaire sur notre territoire avec des projets aussi monstrueux que financièrement délirants tels ITER (Cadarache), EPR (Flamanville), ASTRID (Marcoule),… et la production de Mox, combustible à base de plutonium qui se trouvait à Fukushima-Daïchi et équipe des centrales nucléaires en France.

. se fait le VRP du lobby nucléaire à l’étranger et tente d’accentuer la dissémination nucléaire sur la planète en tentant de vendre des centrales nucléaires un peu partout.

Un engagement collectif mais aussi individuel

" Face aux agressions sur notre santé et à la contamination de la chaîne alimentaire et de la vie même, face à l'opacité de la filière nucléaire militaro-civile, face à la dictature que le lobby nucléaire exerce sur nos libres choix et la démocratie, le CAN84 appelle la population à exiger l'Arrêt immédiat et sans condition du nucléaire" reprend l'humain sans visage.

On ne peut transiger avec le crime sanitaire : aucune compromission  avec le nucléaire civil et militaire n’est acceptable. Aucun « greenwashing », aucune transition douce. Aucun alibi visant à laisser se poursuivre les atteintes à notre santé et à celle de nos enfants n’est tolérable. A danger immédiat : arrêt immédiat et sans condition.

Puis : " Notre Rassemblement de solidarité avec le peuple japonais, le peuple russe, les victimes du nucléaire en France et dans le monde est un acte de solidarité internationale et de recueillement et aussi un engagement à ne plus courber la tête devant l'ignoble"

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Une minute de silence et des paroles croisées citoyennes

Après une minute de silence à la mémoire des enfants, des parents et des grand-parents disparus de part la volonté d'autres humains ayant perdu leur simple humanité, les présents se dirigent vers le monument aux morts situé à l'intérieur de l'Hôtel de Ville.

Devant la plaque rendant "Hommage aux Résistants" face à la barbarie nazie, une femme, Michèle prend la parole : "j'ai vue cette femme, cultivatrice, cette japonaise de Fukushima prendre dans ses mains quelques fleurs cueillies et dire "je viens aussi de prendre une dose de radioactivité mortelle", j'ai vu ces enfants japonais qui pourraient être les nôtres avec autour de leur cou un dosimètre leur indiquant la dose mortelle qu'ils reçoivent minute après minute. Eux, ils n'ont pu partir se protéger à l'autre bout du pays ou à l'étranger car leurs familles sont pauvres. La radioactivité, le nucléaire c'est aussi cela, la sélection et l'élimination des plus pauvres..." La voix s'estompe, l'émotion est forte.

Benoist prend à son tour la parole : "il faut exiger des pouvoirs publics français et internationaux que le 11 mars soit décrété journée internationale d'abolition et de non-recours au nucléaire". Une autre femme : "Demandons des comptes aux autorités, allons voir nos élus et demandons-leur de nous dire ce qu'ils ont prévu pour nous protéger de la radioactivité, ce qu'ils vont faire et ce qu'on doit faire si un accident nucléaire survient à Tricastin, ou à Cadarache ou à Marcoule". Ces propositions remportent l'adhésion de l'assistance.

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Les discussions et échanges vont se poursuivent à l'extérieur d'où une idée forte émerge : devant la volonté du lobby nucléaire et des pouvoirs politiques de poursuivre dans la voie criminelle du nucléaire, il est plus que temps d'entrer en Résistance et de ne plus se contenter d'action de protestation classique et habituelle. La "Marche antinucléaire" en est une forme, d'autres sont à élaborer....

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Rapports de l'Organisation Mondiale  de la Santé du 23 février 2013

Bien que soumis à l'autorité de l'Agence Internationale pour la promotion de l'Energie Atomique - faussement "civile" et à l'interdiction de communiquer sur tout ce qui à trait au nucléaire sans l'aval de l'AIEA, l'OMS a rendu un rapport minimisant comme à l'accoutumé les risques  sanitaires et de santé publique. Pourtant, au détour des pages, il es indiqué :

" l'augmentation des risques estimés par rapport à ce qui serait normalement attendu s'établit à:
    4% environ pour l'ensemble des cancers solides, chez le sujet de sexe féminin exposé au stade de nourrisson;
    6% environ pour le cancer du sein, chez le sujet de sexe féminin exposé au stade de nourrisson;
    7% environ pour la leucémie, chez le sujet de sexe masculin exposé au stade de nourrisson;
    70% pour le cancer de la thyroïde, chez le sujet de sexe féminin exposé au stade de nourrisson (chez la femme, le risque de cancer de la thyroïde au cours de la vie entière est normalement de 0,75% et le risque additionnel estimé au cours de la vie entière est de 0,50% pour un nourrisson de sexe féminin exposé dans la zone la plus touchée).
et pour les travailleurs d'urgence :  30% d'entre eux aurait un risque de cancer majoré."

Mais effectivement, selon l'autorité suprême internationale, le message à faire entrer dans les têtes des peuples doit être : "...aucune augmentation observable des taux de cancer n'est prévue par rapport aux taux de référence."

La Presse en parle

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La Marseillaise

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