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Jeudi 28 février à 20h. un nouvel incident - une explosion précédée d’un immense flash bleu - a ébranlé la quiétude relative des habitants des environs de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme). Cette fois-ci c’est le premier pylône en sortie du transformateur du réacteur nucléaire n°1 qui en serait la cause suite à un court-circuit sur la ligne de 250 000 volts. Le réacteur n°1 s’est mis automatiquement à l’arrêt sans qu’on sache précisément les origines et les conséquences de cette incident.

Comme d’habitude « rien de grave, aucun danger » selon l’exploitant nucléaire. Pourtant il s’agit du millième incident/accident sur le site du Tricastin depuis sa création. Pourtant l’ASN ne cesse de pointer du doigt l’un des plus vieux sites nucléaires du pays et sa catastrophique gestion.

Pourtant  l’Autorité de Sureté Nucléaire a donné son feu vert à la prolongation pour 10 ans de l’exploitation des réacteurs nucléaires périmés (au nombre de 37 en France en plus de ceux du Tricastin)  tout en réclamant pieusement des travaux de sécurisation notamment face aux risques d’inondation et sismiques ou de canicules. Mais … pas avant plusieurs années. Les nucléocrates aiment jouer à la roulette russe.

« Ce n'est pas un chèque en blanc donné à EDF. En plus des contrôles réguliers, nous en demanderons un autre très approfondi de la cuve du réacteur dans cinq ans, ce que nous ne ferions pas forcément ailleurs… » déclarait dans un terrible euphémisme l’ASN il y a plusieurs années. Cette cuve du réacteur n°1 sur laquelle on vient de recenser près de 20 fissures de plus d’un centimètre sans pouvoir savoir si elles sont plus importantes car impossibles à contrôler du fait de la radioactivité ambiante.

Pourtant EDF réclame à présent de poursuivre l'exploitation de ses réacteurs durant soixante ans privilégiant ainsi le profit financier sur la sécurité, la santé et la vie des riverains, des travailleurs et des territoires.

Incidents et accidents à répétition (quelques exemples, liste non-exhaustive)

Le 13 mai 2009 : deux pièces métalliques de 2 tonnes restent bloquées en suspension sur le pont de manutention à 15 mètres au dessus de la piscine pendant plusieurs jours, menaçant de rayer de la carte la Provence et la région Rhône-Durance.

En novembre 2011,  sur le réacteur nucléaire n°2 de la centrale nucléaire du Tricastin, un des 157 assemblages d'uranium est «resté accroché» à l'intérieur du bâtiment de la piscine lors d’opérations de déchargement du combustible. Le bâtiment réacteur a du être fermé et le personnel évacué.

En juillet 2011, un incendie spectaculaire touche le transformateur de l’unité du réacteur n°1 à l'arrêt. Incendie, flammes, fumées noires dans le ciel, intervention des pompiers, périmètres de « sécurité ». Là encore pour EDF : « aucune conséquence radiologique sur l'environnement et la population».

7 juillet 2008 : contamination de la nappe phréatique par des rejets intempestifs d'uranium par l'usine de retraitement de déchets nucléaires Areva-Socatri. Eau impropre à la consommation et à l’arrosage des cultures, préjudices matériels, financiers et sanitaires des riverains. Après moultes dénégations, Areva est condamnée par le Tribunal de Carpentras.

23 juillet 2008 : fuite de poussières radioactives échappées d'un tuyau dans le bâtiment du réacteur n°4. Evacuation de 100 salariés et contamination de au moins 2 salariés. Cyniquement EDF déclara qu’il n’avait dépassé ni la norme ni la dose.

Avril 2012 : incendie sur le transformateur du réacteur n°1

Face aux atteintes permanentes et quotidiennes à la sécurité et à la santé des habitants et salariés – et avant que la catastrophe ultime ne se produise - le Collectif antinucléaire de Vaucluse / CAN84 exige la fermeture immédiate des 4 réacteurs nucléaires ainsi que la mise à l’arrêt de la totalité des installations nucléaires du site nucléaro-chimique civil et militaire du Tricastin.

Il y va de la survie de tout un territoire, de toute une population.

Communiqué de Presse du 1er mars 2013
Collectif antinucléaire de Vaucluse / CAN84 / collectifantinucleaire84@hotmail.fr


NB : Lors de l'arrêt d'urgence d'un réacteur, tel aujourd'hui le réacteur n°1 du Tricastin, il y a  impossibilité de stopper instantanément la réaction nucléaire (blackout). En conséquence le refroidissement et la production de vapeur par l'échangeur du circuit primaire doivent être assurés. Cette continuité peut engendrer des "soulagements" qui peuvent nécessiter en urgence notamment des rejets gazeux radioactifs et chimiques par la cheminée  (et non par les tours de refroidissement). Compte-tenu des vents dominants l'organisation Next-Up procède actuellement en urgence sur la zone de la centrale nucléaire du Tricastin à des prélèvements en continus et mesures des contrôles avec la mise en œuvre d'un collecteur de particules autonome en énergie.

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(Photo : www.cartoradiations.fr )


la presse en parle
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samedi 2 mars

Communiqué de Presse du CAN84 en date du 2 mars 2013

L’incident sur le site nucléaire du Tricastin n’est pas terminé

Le nouvel incident - une explosion précédée d’un immense flash bleu - qui s’est produit jeudi 28 février 2013 vers 20h à la centrale nucléaire du Tricastin, l’une des plus vieilles centrales nucléaires, n’est pas clos.

A ce jour les investigations indépendantes menées en dehors de la parole officielle et de l’exploitant EDF révèlent :

- le parasurtenseur (parafoudre) de sortie du transformateur principal du réacteur nucléaire n° 1 est touché et git à 45 ° vers le sol, des techniciens sont en intervention

- les bâtiments annexe « phase 3 » du réacteur nucléaire n°1 , celui des turbines et condensateurs, crachent de la "vapeur" de tous les côtés. D’importantes coulures de liquide se répandent au long de l’assise en béton. Ce qui peut laisser supposer une difficulté de régulation de la pression.

- le mistral soufflant entre 80 et 90 km/h rend impossible des prélèvements d’échantillons significatifs de présence ou non de radioactivité

Des rejets radioactifs possibles, une vétusté inquiétante

Lors de l'arrêt d'urgence d'un réacteur, tel aujourd'hui ce qui affecte le réacteur n°1 du Tricastin, il y a impossibilité de stopper instantanément la réaction nucléaire (blackout). En conséquence le refroidissement et la production de vapeur par l'échangeur du circuit primaire doivent être assurés. Cette continuité peut engendrer des "soulagements" qui peuvent nécessiter en urgence des rejets gazeux radioactifs et chimiques par la cheminée (et non par les tours de refroidissement dont ce n’est pas la fonction).

Le réacteur n°1 est celui qui présente le plus de vétusté dont de nombreuses fissures de plus de 1 cm et il apparaît que sa maîtrise de conduite relève de la danse de Saint-Guy. L’ASN l’a placé particulièrement sous surveilllance tout en lui ayant octroyé un prolongement de durée de fonctionnement plutôt contradictoire.

D’autres incidents dans les mois et années passées

- le 2 juillet 2011 : un incendie avait déjà touché le transformateur de l’unité du réacteur n°1 à l'arrêt. Incendie, flammes, fumées noires dans le ciel, intervention des pompiers, périmètres de « sécurité ». Explication officielle à l’époque : « Une borne en porcelaine s’est fissurée et a explosé. De l’huile a coulé, provoquant l’incendie. »

- février 2011 : Un incident concernant les groupes électrogènes de secours à moteur diesel de la centrale nucléaire du Tricastin a été déclaré par EDF le 16 février 2011. Les groupes électrogènes de secours à moteur diesel permettent d’alimenter les systèmes de sûreté du réacteur en cas de perte de l’alimentation électrique par le réseau national. L’ASN a classé au niveau 2 sur l’échelle INES cet incident.

- mardi 10 avril 2012 au petit matin, un incendie dégageant une importante fumée s’est déclaré dans la salle des machines, cette fois-ci du réacteur n° 4. La quasi totalité des voies de circulations situées à l’extérieur du site nucléaire ont du être fermées par les forces de gendarmerie.

2013-03-02_15h00_Tricastin_Reacteur_1_Rejets_vapeur_Incident_isolateur_parasurtenseur_1200_DSCN9222.jpg  2013-03-02_15h00_Tricastin_Reacteur_1_transformateur_principal_incident_isolateur_parasurtenseur_1200_DSCN9207.jpg  2013-03-02_15h00_Tricastin_Reacteur_1_transformateur_principal_incident_isolateur_parasurtenseur_1200_DSCN9210.jpg

Photos des installations © next-up
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