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Le réacteur nucléaire Salem 1 à Hancocks Bridge dans le New Jersey arrêté en urgence

USA_Hancocks-Bridge-salem.jpgL'alerte lancée lundi sur la centrale nucléaire d’Oyster Creek, l’une des plus vieilles des Etats-Unis reste en vigueur 24 heures plus tard. Le réacteur Salem 1, situé au bord de la rivière Delaware, à Hancocks Bridge (New Jersey), a été fermé mardi quand quatre de ses six pompes de circulation d’eau ont cessé de fonctionner. Ces pompes, servent à condenser la vapeur du réacteur . L’autre réacteur de la centrale est quant à lui hors service depuis la mi-octobre du fait d'opérations de maintenance.

Equipée d'un réacteur à eau bouillante (REB) conçu par General Electric comme ceux de la centrale nucléaire de Fukushima, la centrale nucléaire d'Oyster Creek est construite sur un site de 320 ha qui se situe dans la petite ville de Lacey, sur les rives de la baie d'Oyster Creek à Forked River (comté d'Ocean, État du New Jersey) et se trouve à 137 km de New York et 88 km de Philadelphie.

La montée des eaux semble avoir créé des problèmes au niveau de la prise d’alimentation en eau de la centrale, d’où la situation critique. L’opérateur aurait en outre fait face à la perte du réseau électrique extérieur qui aurait été – heureusement – compensé rapidement par le démarrage normal des 2 groupes auxiliaires diésel.

Il semble que le réacteur, du même type que l’unité n°. 1 de Fukushima-Daiichi, était en procédure de rechargement lors de l’incident ; malgré tout, d’après le bulletin de la NRC, le combustible était toujours présent au niveau du cœur car ce dernier nécessitait toujours un refroidissement (Shutdown cooling).

La commission de régulation du nucléaire américaine (NRC) a affirmé qu’une nouvelle hausse du niveau de l’eau, peu probable, forcerait la plus vieille centrale en activité des Etats-Unis à utiliser ses réserves d’eau d’urgence pour refroidir les barres d’uranium combustible usées.

Hope Creek et Salem produisent 49 % de l’électricité consommée dans le New Jersey, qui compte plus de 8,7 millions d’habitants et a été un des Etats les plus durement frappés par l’ouragan Sandy.

Alors que la gravité de l’incident est classé au niveau 2 (alerte) de l’échelle d’alerte nucléaire américaine qui en compte 4, un porte-parole de l’opérateur, Public Service Electric and Gas (PSEG), affirme que  « La centrale reste stable » mais ajoute ne pas disposer d’estimations sur une date de remise en service. « Tout semble sous contrôle », a affirmé de son côté Neil Sheehan, un porte-parole de l’autorité de régulation nucléaire américaine (NRC).Le ministère de l’énergie a également confirmé qu’un autre réacteur, l’Indian Point Unit 3, situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de New York, au bord de la rivière Hudson, avait également été arrêté dans la nuit de lundi à mardi.

Un deuxième réacteur nucléaire en arrêt d'urgence à Buchanan, dans l'État de New York

Par ailleurs la centrale nucléaire d’Indian Point à Buchana, dans l'État de New York, qui comprend trois réacteurs et fournit jusqu’à 30 % de l’électricité à New York a du mettre à l'arrêt en urgence un réacteur du fait de « problèmes sur le réseau électrique externe ».

USA_centrale-nucleaire_Indian-Point.jpgInstallée sur la rive est de la rivière Hudson, à 24 miles au nord de New York le site comprend deux réacteurs à eau pressurisée (REP) comme ceux en exploitation en France. La société Entergy qui exploite la centrale affirme qu'il n'y a pas « risque pour le public » ou pour les employés et espère un retour à la normale « dans les prochains jours ». Mais dans le comté de Westchester (nord-est) de nombreux foyers restent privés d’électricité.

Le réacteur n°1, construit en 1962 par Consolidated Edison a été arrêté en 1974 et fait l'objet d'une conservation en l'état en attendant de voir décroitre la radioactive avant un éventuel démantèlement.

La centrale fait partie des neuf installations nucléaires de la côte est sous surveillance accrue de la NRC à l'occasion de l'ouragan Sandy, comme celle de Three Mile Island où a eu lieu le pire accident nucléaire de l'histoire du pays.

Indian Point se situe à moins de 60km de Manhattan. Pour comparaison, les Etats-Unis avaient conseillé à leurs ressortissants d’évacuer dans un rayon de 80km autour de la centrale de Fukushima après la catastrophe qui y a eu lieu. Peter Applebome du New York Times s’était alors demandé comment feraient les autorités américaines si elles devaient évacuer une telle zone autour d’Indian Point, où vit 6% de la population américaine, soit plus de 18 millions de personnes.

Un troisième réacteur arrêté sur les rives du lac Ontario à la centrale de Nine Mile

Un troisième réacteur de la centrale de Nine Mile, exploité par « Constellation Nuclear » du groupe « Constellation Energy » et située au nord de l’Etat de New York, près de Oswego sur un terrain de 3,6 km² sur les rives du lac Ontario, avait du être arrêté dès lundi en prévision de la tempête. Le site est partagé avec la centrale nucléaire de Fitzpatrick. Le réacteur n°1 est l'un des plus vieux réacteurs en service aux États-Unis.

Les réacteurs ont du être placés en arrêt d’urgence automatisé ou manuel suite à des problèmes de prise d’eau obturée ou de trip turbine (incident sur le générateur principal induisant un arrêt d’urgence du réacteur) ; au cours de ce même incident, il faut noter que les 2 groupes auxiliaires diesel n’ont pas démarré alors que par chance le réseau électrique principal était resté disponible.

USA_Nine-Mile-Point.JPGLa tranche n°1 appartient entièrement au groupe « Constellation Energy » avec qui EDF avait signé en 2010 un accord d'exploitation et la perspective d'y exploiter là un EPR à construire après qu'en septembre 2005 fut créée une coentreprise entre Constellation Energy et Areva visant à exploitater deux centrales de type EPR sur le site de Oswego dans l'État de New York et sur le site de Lusby dans le Maryland. L'accord Constellation Energy /EDF fut rompu par la société américaine car le coût de la garantie du prêt calculé par le Bureau de gestion et du budget (OMB) constituait "un poids qui n'était pas raisonnable". EDF était alors contraint de racheter la participation de l'américain afin d'espérer poursuivre son projet d'EPR. Mais il y a un mois l'autorité américaine annulait le projet d'EDF et son espoir d'y construire un EPR

« Constellation Energy » partage la propriété de la tranche n°2 avec « Long Island Power Authority » (18 % LIPA, 82 % Constellation Energy).

Ces événements et incidents nucléaires font froid dans le dos

Les USA ont eu de la chance : il aurait suffi que les groupes électrogènes qui n’ont pas démarré à Indian Point se soient situés à Oyster Creek et ce dernier site se retrouvait dans une situation de Blackout Station strictement similaire à celle de Fukushima-Daiichi, les alimentations électriques principale et auxiliaire devenant indisponibles pour une période indéterminée.

En France les mêmes risques d'inondations ou de manque d'eau existent notamment dans la vallée Rhône-Durance tels à la centrale nucléaire du Tricastin (Vaucluse/Drôme) ou bien à celle de Cruas (Ardèche). Risques démultipliés par l'implantation des sites nucléaires sur des failles sismiques comme l'illustre le tremblement de terre de septembre dernier à moins de 30 km du site nucléaire de Cadarache.