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Anomalie avec un cylindre d'UF6 appauvri à la centrale d'enrichissement Eurodif (Tricastin)

Alors que le 7 juin 2012 la centrale Eurodif- Georges Besse d’AREVA à Tricastin a cessé, après 33 ans d'opération ininterrompue, l’enrichissement d'uranium sous forme de diffusion gazeuse pour céder la place aux deux unités Georges Besse II qui enrichit l'uranium par le procédé de centrifugation : le 1er juillet 2012, une anomalie a été détectée en transférant l'UF6 appauvri d'un cylindre d'entreposage à paroi mince vers un cylindre de transport.

Alors que le cylindre était chauffé pour transformer le contenu en une forme gazeuse, la masse du cylindre s’est développée d’une façon inattendue et imprévisible traduisant un état d’évolution non-prévu dans le processus. Le contenu radioactif s’est transformé en une forme liquide très volatile qui a généré une expansion de volume. Face à cet incident nucléaire classé de niveau 1 sur l'échelle INES l’opération en cours a du être avortée en urgence.

Ces petites et nombreux incidents nucléaires qui préparent le grand boum atomique tricolore. Dormez en paix brave gens, vous ne sentirez rien pendant votre sommeil.

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17 défauts non-corrigeables affectent le réacteur 1 du Tricastin

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française a fait état, dans une note de novembre 2010 passée inaperçue, de la détection, depuis 1993, de 33 "défauts sous revêtement" (des fissures situées sous le revêtement interne en acier inoxydable) sur les cuves de 10 réacteurs.

Plus de la moitié d'entre elles, pas moins de 17, affectent le réacteur 1 de Tricastin (les autres se trouvant sur les réacteurs de Fessenheim 1 et 2, Chinon B-3, Gravelines 6, Blayais 2, Dampierre 3, Saint-Laurent B-1 et B-2.)

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Triste ironie du sort : ces défauts originels sur les cuves ne sont devenus publics que par… la Belgique. En effet, alors que ce pays décidait de planifier des contrôles plus poussés de ses centrales, suite à l'incident révélé le 8 août faisant état de possibles fissures dans la cuve du réacteur de la centrale belge de Doel 3 située près d'Anvers et exploité par le groupe Electrabel, filiale de GDF Suez :  les responsables ont précisés au détour d’un phrase que l'autorité de sûreté belge avait décidé de ces vérifications suite à la découverte, en 2004, de fissures sur les cuves… des réacteurs français au Tricastin (Vaucluse-Drôme) !

Le réacteur belge de Doel3 a été mis depuis à l'arrêt et ne pourrait jamais redémarrer, comme l'a déjà laissé entendre Willy De Roovere, le directeur général de l'Agence fédérale belge de contrôle nucléaire (AFCN).

Les défauts découverts jusqu'à aujourd'hui en France sont d’une dizaine de millimètres de hauteur et l'ASN a décidé d’effectuer, entre les visites décennales réglementaires, un contrôle supplémentaire sur le réacteur nucléaire de Tricastin 1.

Comment se fait-il dans ces conditions que les visites triennales de ces derniers mois au Tricastin ont permis à l’ASN de donner son feu vert à la poursuite du fonctionnement de ces contaminateurs radioactifs quotidiens. Comment se peut-il que rien n’ait été détecté? A quoi sert donc les visites de contrôle et qu'elle en est leur efficacité? Et pourquoi ne contrôler qu’un seul réacteur sur les 4 réacteurs présents sur le site ? On attend les résultats et les réponses.