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8h00 – Départ de Bagnols-sur-Cèze (Gard) après un détour par la mairie pour déposer l’enveloppe argumentaire d’arrêt immédiat du nucléaire. Quelques antinucléaires doivent quitter le groupe pour des raisons professionnelles et familiales. La séparation est difficile, car on ne vie pas impunément plusieurs jours ensemble dans l’effort et en tension vers l’objectif sans que l’unicité de l’un ne devienne le ferment du tout. Mais les liens tissés le sont durablement par delà les distances.

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10h00 – Détours par les villages de St-Nazaire et St-Alexandre pour leur remettre aussi leur information. Encore des villes et villages dont les élu-e-s ne pourront plus dire « je ne savais pas, je ne sais pas ».

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11h00 – Les banderoles et drapeaux fleurissent aux abords de Pont-St-Esprit, dernière ville du Gard traversée. Les marcheurs et marcheuses se dirigent à la rencontre de la population dans les rues de la ville : tract, information, discussion. L'accueil est plus mitigé ici. Le poids du conformisme et du conservatisme ambiant? Le clientèlisme et les connivences avec le lobby pèseraient-ils tant sur la vie locale?

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11h30- Direction à présent vers la mairie dont l’édile local socialiste avait répondu à la demande de rendez-vous du CAN84 et de mise à disposition d’un point d’eau : « Nous ne pouvons mettre à votre disposition des moyens d’hébergement, nous ne souhaitons pas être associé à une manifestation antinucléaire, et vous rappelons que toute manifestation sur la voie publique est soumise à déclaration en Préfecture et en Mairie ». La brutalité anti-citoyenne à l’état pure, bête et ignarde. 

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Lorsque les antinucléaires pénètrent donc dans le hall, il y a comme du flottement dans l’air. Mais encore une foi la détermination pacifique et l’assurance de la juste cause des marcheurs va faire basculer la situation. Le maire accepte subitement de recevoir une délégation. Tactique politicienne pour ne pas que la presse locale du lendemain mentionne son hermétisme et son refus ? C’est fort possible tant ce pas-de-deux est douteux. La rencontre ne va pas durer plus de 8 minutes, entrée et sortie du bureau comprises. Pure formalisme du vieux briscard politicien qui n’ouvre pas les portes pour entendre et écouter, voire découvrir et comprendre, mais par simple opportunisme vidant de sens la démocratie. C’est qu’on a des choses plus sérieuses à s’occuper que de la santé des gens, des questions de vie et des atteintes perpétrées par le nucléaire. Est-de du aussi au fait des liens étroits qui lient la ville au lobby et de la présence de plus d’un salarié ou ex-salariés du nucléaire au sein même du conseil municipal ? A chacun de se faire son opinion, celle des marcheurs et marcheuses est faites.

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Comme dans les autres villes et villages traversés les antinucléaires s’installent dans l’espace public, au cœur même du parc de la mairie, sans se soumettre au diktat de « l’autorisation ». Sorte d’abus de pouvoir visant à soumettre les habitants à l’imprimatur d’un système néo-monarchique. Ils vont y passer le temps du repos avant qu’une délégation parte vers les villages de proximité puis que le groupe dans son ensemble se rende au bord de l’Ardèche pour y passer la nuit.

Demain samedi c’est la dernière étape avec le rassemblement à 12h devant le site du Tricastin.

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Portrait VII – 24 aoûtMamo

Mamo - Liliane pour l’état civil - a 70 ans, est mère de 5 enfants et grand-mère de 12 petits-enfants. D’origine parisienne, elle est depuis l’enfance attirée par la montagne, ce qui la conduit en Savoie puis dans l’Hymalaya d’où elle revient avec  ce  nom qui signifie entre autres « racine » ou «  grand-mère ». De retour du « Petit Tibet » (Zanskar), elle rencontre une communauté spirituelle de la tradition du Bouddha qui vient de se former en Savoie, l’Institut Karma Ling et dont elle fait partie depuis 27 ans. Sa démarche de libération intérieure devient désormais inséparable de son engagement antérieur en faveur du quart-monde, des exclu-es.  

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« En m’impliquant dans cette Marche pour la vie je me sens dans le mouvement d’ouverture  de conscience de la société civile, ce processus qu’Edgar Morin appelle la métamorphose. » Mamo est en situation d’ouverture, ouverture au tout pour se libérer du piège des conditionnements.

En passant de ville en village avec la marche elle se sent dans un collectif d’allumeur(se)s d’une nouvelle conscience. Pour elle, l’essentiel aujourd’hui est "d’incarner quelque chose qui relie l’expérience que l’on est avec le sans limite, c’est une magnifique expérience collective porteuse d’espoir et des valeurs fondatrices de l’Humanité en devenir, une magnifique énergie humaine, un état de relation à soi, à l’autre et à la vie. » D’aucun dirait : être la vie qui vit, être la dynamique de vie dans ce monde de dualité ou agissent aussi les forces de la destruction atomique.

En cohérence avec la conscience en élargissement qui se manifeste, elle se sent pleinement faire partie de la base, des citoyens, des humains qui se redressent et se lèvent. « On ne peut pas sortir du cadre de la nature, on ne peut pas utiliser les forces atomiques sans se couper de l’éthique. Vouloir contrôler la nature est le refus du respect de la diversité, une violence insupportable et destructrice. L’activité nucléaire est le cœur de la violence, de la guerre contre les forces de vie et l’humain ».

Depuis 5 ans, à raison d’une semaine par mois, Mamo assure aussi une vigie devant le siège de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) à Genève pour dénoncer l’accord de soumission de l’organisation mondiale à l’AIEA (Agence Internationale pour la promotion de l’Energie Atomique

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photos Chris et Wolakota