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8h00 – Avignon/Parc des Libertés . Le groupe de marcheurs et marcheuses se met en route au petit matin et quitte le « Parc des Libertés » de l’Ile de la Barthelasse après avoir plié les tentes et remis le sac sur le dos. Direction Sauveterre. Aujourd’hui on pénètre dans le troisième département du triangle de la mort : le Gard rhodanien.

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Ce secteur du département est sous perfusion constante de drogue financière déversée par le lobby nucléaire depuis près de 50 ans. Quasiment pas une commune qui, sous une forme ou sous une autre, n’est libre de son développement sans recourir à la manne de la destruction atomique. Autant dire que les institutions et pouvoirs politiques ne baignent pas l’indépendance d’esprit et le regard critique.

C’est le département de la peur par excellence. Peur de perdre l’emploi (presque aucune activité de pointe et de diversification n’a été développée hors le nucléaire), peur de perdre la maison dépendant du crédit (souvent bonifié par l’employeur nucléaire), peur des élus de ne plus voir le pont d’or se déverser vers les finances communales et les obliger à faire preuve de réflexion et d’innovation pour un développement harmonieux de leurs territoires, peur des institutions préfectorales et de gendarmerie en charge de la sécurisation des sites nucléaires militaires et civils de se voir dépassées par l’expression citoyenne, peur générale de remettre en cause le dogmatisme idéologique et techniciste pro-nucléaire entretenu savamment depuis deux générations déjà par les « communicants » de EDF, de la Cogema-Areva, du CEA…

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10h30 – Arrivée à Sauveterre, un gros village coincé entre Gard et Vaucluse. Surprise : le maire de la commune (PG) accepte de rencontrer les marcheurs. Serait-ce l’effet « Cheval Blanc », première ville ou le maire a souhaité venir à l’écoute des citoyens « pour l’arrêt immédiat »? Bien sûr ici il n’est pas question de s’affranchir du dogme. On est pro-nucléaire dans le sang, de père en fils pour ainsi dire. Mais, quand même, depuis la catastrophe de Fukushima la population locale commence à douter, alors… Et puis l’élu avoue que lui-même pense à la nécessité de développer d’autres énergies. De toute façon, mieux connaître les arguments et les faits des antinucléaires radicaux, peut toujours servir à ne pas insulter le présent et l’avenir. Et comme on est dans le Gard les forces de gendarmerie sont bien évidemment présentes. Discrètes mais présentes.

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15h30 – Après une pause prolongée (l’étape d’aujourd’hui ne fait qu’une dizaine de kilomètres) et des réponses au micro de "France-Bleu" les marcheuses et marcheurs prennent la direction de Roquemaure, ville ou le maire n’a pas hésité à répondre à la demande de rencontre et de mise à disposition d’un terrain pour la halte du soir formulé par le CAN84: « nous ne souhaitons pas polémiquer sur ce sujet à la mairie de Roquemaure, le sujet étant largement traité au niveau national, il ne sera pas possible de vous accueillir dans ce sens » ! pas moins ! Quel déni de réalité, quel refus de rationalité, quelle mystique et quelle auto-mystification ! Le principe de l’autruche a ceci de désagréable que si la tête est dans le sol une autre partie du corps est exposée.

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17h00 – Les marcheurs entrent dans Roquemaure et se dirigent vers la mairie pour rencontrer le maire ou un élu ou pour le moins y déposer le dossier argumentaire, le zonage des contaminations radioactiveset le projet de vœu à adopter par le conseil municipal. Ils se dirigent ensuite à la rencontre de la population et viennent répondre aux questions des journalistes.

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18h45- C’est l’heure de la pause du soir, les marcheurs et marcheuses vont s’installer sur un terrain public près du stade de football. Sans mise à disposition par la puissance publique mais en accord avec les droits fondamentaux du pays, garantis par la Constitution, et les textes légaux de l’Europe. Aucun maire n’a pouvoir de chasser du territoire de sa commune un citoyen sans décision de justice, en revanche il a obligation de prévoir un dispositif d’accueil pour les gens de passage. Fermez le ban, les élus doivent respecter la loi !

Les lampes dynamo sont allumées au centre de l’assemblée et le débat citoyen sur le nucléaire peu se poursuivre ici aussi sous le ciel étoilé.

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photos Chris et  Wolakota , vidéo Alex

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Portrait V – mercredi 22 août - Annie

Annie, est de Belfort (Franche-Comté), 51 ans, 3 enfants de 23 à 30 ans, grand-mère d’une petit-fils. Elle est retraitée de l’Education nationale. L’un de ses enfants est né en 1986 juste après la catastrophe de Tchernobyl. 1 an après, en 1987, elle est opérée de la thyroïde. Depuis son dossier médical a… disparu.

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Alors évidemment elle est très attentive à la connaissance, notament dans le domaine de la radioactivité et du nucléaire : « Lorsque j’étais institutrice à Belfort, j’ai vu la mise en place de testeurs de radon dans l’école, ce gaz radioactif, pour savoir s’il était nécessaire de protéger les enfants. »

Annie habite une région granitique et découvre que des tas de bâtiments publics sont construits sur des emplacements radioactifs et bien d’autres choses bien sombres : « Pas loin de chez moi, il y a le centre de Valduc lieu de fabrication des têtes de bombe atomique. Tout citoyen doit s’intérroger sur l’armement de son pays et la force de frappe atomique. »

Le combat pour l’arrêt du nucléaire est son combat prioritaire et principal : «  alors cette Marche pour la Vie correspond à ce que j’éxige : l’arrêt immédiat. Tout consommateur doit se questionner sur l’origine de son électricité et la manière de la produire. »

Le grand déclic remonte à 1996 : « J’ai vraiment pris conscience qu’il fallait faire quelque chose à partir de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. » Aussi depuis elle participe également à la « vigie devant l’OMS » à Genève afin de dénoncer l’accord de soumission de l’Organisation Mondiale de la Santé à l’imprimatur de l’Agence Internationale pour la promotion de l’Energie Atomique (AIEA)

Ce qu’aime Annie est « qu’une Marche est une manifestation lente et en profondeur qui permet la rencontre avec la population et entre des gens formidables qui ont des parcours très différents. »

 

Le portrait-vidéo : https://vimeo.com/48069263

Marche pour la vie 5ème jour. 2012-08-22 from Alexandre M on Vimeo.

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