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Communiqué de Presse du 20 juin 2012

Dans le cadre de la "Marche pour la Vie pour l’arrêt immédiat du nucléaire" qui aura lieu du 18 au 25 août 2012 sur les routes des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, du Gard et de la Drôme, au coeur du triangle de la mort nucléaire Cadarache-Marcoule-Tricastin, le Collectif antinucléaire de Vaucluse (CAN84) vient de proposer une rencontre aux salarié-e-s et aux syndicats des sites nucléaires de la région.

Conscient que le propos et les mots pourront heurter les syndicats et salarié-e-s du nucléaire, peu habitués au débat avec les antinucléaires, le CAN84 fait le pari de l’intelligence commune.

Rappelant que les citoyen-ne-s regroupé-e-s au sein du CAN84 sont comme eux des salarié-e-s, des syndiqué-e-s ou non et des habitant-e-s du département et de la région, des parents et grand-parents soucieux de leur santé et de leur vie, de celle de leur famille et des territoires, le CAN84 explique les raisons pour lesquelles ils s’opposent à la poursuite du principe de la destruction atomique (le "nucléaire") qu'elle soit militaire ou
civile : Cela pose problème pour les salarié-e-s du nucléaire tout comme l’activité de destruction atomique pose un sérieux problème pour toute la planète, pour la santé et à la vie de milliards d’habitant-e-s et de tout le vivant sur terre.

Soucieux du présent et du devenir, le CAN84 souhaite que puisse s’instaurer un dialogue entre les salarié-e-s du nucléaire et les antinucléaires résolus pour ouvrir par delà les incompréhensions, les méconnaissances, les anathèmes rapides et les peurs : un premier contact. Le CAN84 affirme à l’adresse des syndicats et salariés du nucléaire : « nous ne sommes pas ennemis, nous sommes des humains soumis à une atteinte et
menace quotidienne et à des rapports de domination qu’il nous appartient de transformer, pour nous et pour les générations futures ».

Pour le CAN84 il y a extrême urgence, notamment dans la région la plus nucléarisée d’Europe dont toutes les installations nucléaires sont implantées sur des failles sismiques.

Communiqué de Presse du 20 juin 2012

Collectif Antinucléaire Vaucluse (CAN84)
180 Chemin de la Parisienne 84740 Velleron
Tel : 06 60 76 04 03 - collectifantinucleaire84@hotmail.fr
www.coordination-antinucleaire-sudest.org

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La Lettre adressée aux syndicats et salarié-e-s du nucléaire de Cadarche, Tricastin, Marcoule :

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Collectif Antinucléaire Vaucluse (CAN84)
180 Chemin de la Parisienne 84740 Velleron
Tel : 06 60 76 04 03 - collectifantinucleaire84@hotmail.fr -
www.coordination-antinucleaire-sudest.org

Aux syndicats et salarié-e-s du nucléaire

Avignon le 31 mai 2012,

Bonjour,

Nous nous adressons à vous, collègues salarié-e-s du secteur de l'atome, à vos syndicats et à vos familles pour vous proposer une rencontre, à l’occasion de la « Marche pacifique pour la vie » qui reliera, du 18 au 25 août 2012 , les sites nucléaires de Cadarache, de Marcoule et du Tricastin pour l’arrêt immédiat, inconditionnel et définitif du nucléaire.

Nous savons que notre propos, que nos mots pourront vous heurter. Nous vous les livrons cependant car nous croyons en notre intelligence commune.

Comme vous, nous sommes des salarié(e)s, des syndiqué-e-s ou non et des habitant-e-s du département et de la région. Nous sommes aussi des parents et grand-parents soucieux de leur santé et de leur vie, de celle de leur famille et des territoires. Nous sommes ainsi conduits à nous opposer à la poursuite du principe de la destruction atomique (le "nucléaire") qu'elle soit militaire ou civile. Cela pose problème pour vous tout comme l’activité de destruction atomique pose un sérieux problème pour toute la planète.

Soucieux du présent et du devenir du vivant sur notre petite Terre, nous souhaitons que puisse s’instaurer un dialogue entre vous et nous, ouvrir par-delà les incompréhensions, les méconnaissances, les anathèmes rapides et les peurs : un premier contact. Car nous affirmons : « nous ne sommes pas ennemis, nous sommes des humains soumis à une atteinte et menace quotidienne et à des rapports de domination qu’il nous appartient de transformer, pour nous et pour les générations futures ».

Nous ne pouvons ignorer les morts et les victimes de la catastrophe nucléaire de Fukushima (4652 travailleurs du nucléaire contaminés ou irradiés, 600 000 personnes qui, selon les scientifiques et médecins, vont développer dans les 15 ans à venir des cancers et des millions d'autres des maladies dégénératives), nous ne pouvons ignorer que cette catastrophe toujours et dramatiquement en cours a lieu dans l’un des pays les plus développés et technicistes du monde ; nous ne pouvons ignorer la catastrophe de Tchernobyl du 26 avril 1986 qui continue de faire des ravages sanitaires (950 000 morts à ce jour), et ce 66 ans après la terreur du nucléaire militaire qui s'est abattue sur le Japon à Nagasaki et Hiroshima en août 1945, 32 ans après l'accident du nucléaire civil de niveau 5 de Three Mile Island aux USA ( 28 mars 1979) et d’autres accidents nucléaires dissimulés.

Nous évoquons là des morts, des leucémies, des cancers multiples, des atrophies, des maladies neurologiques, des maladies cardiaques, des êtres humains atteint de déstructuration de leur ADN,.. des villes et villages devenus invivables, des centaines de milliers d’emplois sacrifiés et autant de travailleur-se-s jetés dans le chômage.

Vous le savez mieux que quiconque, la radioactivité ne connaît ni frontière géographique, ni frontière politique, ne fait pas de distinction, ni de sexe ni de couleur de peau, ni d'âge dans son oeuvre de mort.

Vous le savez : au quotidien chaque installation nucléaire rejette, « légalement » mais non-pas démocratiquement décidé et accepté, des radio-contaminants dans l’air et dans l’eau. Or il n'y a pas de doses inoffensives et elles se cumulent dans les organismes. Les sous-traitants, premiers exposés aux radiations mortelles, comme les statutaires ne peuvent pas assurer un niveau de sûreté à 100% pour la population. Or il s’agit bien de cela. Ils ne le peuvent d’autant moins que les 3 sites de Cadarache, de Marcoule et du Tricastin et au-delà ont certaines installations de plus de 30 ans d’âge (notament les réacteurs) et sont implantés sur des failles sismiques en recrudescence d’activité et également soumis au risque d’inondation.

Le nucléaire ne concerne pas que les travailleurs du nucléaire mais bien toute la population, toutes les populations, toutes les générations. En 2010, il y a eu plus de 1000 incidents nucléaires en France dont un grand nombre dans notre région. Il y a eu des salariés blessés, contaminés, irradiés, des morts. Il y a eu des habitants touchés également dans leur santé et dans leurs biens. Et les assurances ne veulent pas et ne peuvent pas couvrir ses risques incommensurables.

Nous ne pouvons donc plus accepter d'être les victimes et les cobayes muets d'un processus industriel destructeur et mortifère guidé par un obscurantisme techno-scientiste meurtrier.

Il est urgent de sortir de cette logique dépassée qui laisse aussi à nos enfants ses déchets de mort pour des centaines de milliers d'années. Il faut en convenir : le nucléaire a fait son temps.

Pour nous l’avenir du nucléaire, des travailleur-se-s de l’atome, de la région et de la planète, de ses habitants passe par son arrêt inconditionnel. C’est une question sanitaire et de santé publique.

L'arrêt du nucléaire, la surveillance des installations, leur démantèlement à terme après baisse de la radioactivité, nécessitent l'expertise et le savoir-faire de tous les travailleurs du nucléaire, de l'ouvrier au chercheur en passant par le technicien et l'ingénieur. Il y a dans ce choix d'avenir du travail pour plus de 100 ans, des formations complémentaires à mettre en oeuvre, des milliers d'emplois nouveaux à créer directement dans ce secteur ou dans les nouveaux secteurs des énergies renouvelables et du bâtiment. Notre pays peut devenir le leader international du  démantèlement et de la fin de l’atome civil et militaire, pour la Paix et la vie.

Arrêter immédiatement le nucléaire est le seul choix qui puisse nous garantir, vous garantir : travail, revenus, habitat, ainsi que vos biens et la santé de vos enfants. Et des nôtres. Il y a urgence. Il ne s’agit pas d’une question de salon entre notables ou bobos, ni d’une question de spécialistes ou seulement interne à l’activité.

Partout dans le monde, des salariés, des jeunes, des étudiants, des grand-parents se lèvent et exigent l'arrêt du nucléaire et une autre politique énergétique d'avenir, mais pas dans 10 ans, pas dans 20 ans car il sera trop tard. Immédiatement car il y a urgence.

Ne soyons pas les derniers de la planète à nous accrocher à de mauvais choix imposés par un quarterons d’individus, erreurs du passé dont la nocivité, la dangerosité, les conséquences irréversibles sont aujourd'hui manifestes.

Antinucléaires, nous n’avons de leçons à donner à quiconque mais nous avons ensemble, vous et nous, à jeter rapidement les bases d’un avenir commun. Nous pensons que les travailleurs de l’atome ont un rôle moteur à jouer dans ce mouvement d’émancipation des peuples. Nous pouvons réfléchir et agir pour que nos enfants ne puissent à aucun moment nous dire : " Tu le savais et pourtant tu n'as rien fait" et qu'ils puissent être fiers que vous et nous ayons su décider ensemble, par delà nos points de vue initiaux, de sauver leur avenir et leur vie.

Nous vous proposons dans cette perspective une rencontre, entre le 18 et 25 août, au moment où la « Marche pour la vie » passera par votre site*. Si cela ne s’avérait pas possible pour vous à ce moment là, nous sommes ouverts à toute autre proposition.

Recevez, nos salutations les meilleures, les plus déterminées et d’ouverture démocratique.


Pour le CAN84
Victor Alzina, Maya Farhat, Jean Revest, Christine et Gilio Fantoli
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contact : Collectifantinucleaire84@hotmail.fr
* pour en savoir plus sur la « Marche pour la Vie » (pourquoi ? parcours, villes
traversées, haltes,…) : www.coordination-antinucleaire-sudest.org