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Nucléaire : les questions encombrantes qui dérangent les élus et candidats socialistes locaux

Alors que les citoyens déploient calmement deux banderoles sur lesquelles est écrit en lettres d'or  pour l'une : « arrêt immédiat du Nucléaire » et pour l'autre : "Vallée du Rhône, nucléaire, mort en sursis",  une militante ardéchoise habillée en tenue de décontaminateur distribue aux participants des tracts expliquant les dangers du nucléaire et notamment le fonctionnement d'une centrale nucléaire et les méfaits sur la santé des rejets radioactifs de celle-ci.

Une majorité des militants socialistes s'arcqueboute sur le dogme pro-nucléaire de leur parti, sans aucun argument contraire, tandis que d’autres répondent positivement à cette action et demandent à leurs dirigeants qui trônent sur une tribune, de laisser s'exprimer les antinucléaires. Des adhérents socialiste se regroupent alors pour pousser manu-militari vers la sortie les activistes, menaçant de déchirer les banderoles et allant jusqu'à violenter la photographe qui les accompagne.

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Les discussions animées qui se poursuivent à l'extérieur de la salle mettent en lumière, une fois de plus, le travail de désinformation orchestré par le lobby nucléaire depuis cinquante ans sur la population française. Pas d'arguments chez les socialistes, aucune rationalité, une adhésion stéréotypée au dogme, des propos similaires à ceux entendus chez les aficionados de la droite et du système en place.

Après moultes échanges, un militant antinucléaire peu poser, non sans mal et sous la menace physique d'un "gros bras" socialiste, la question pertinente, d'urgence et d'actualité, à l'adresse des postulants au pouvoir : " chaque jour, 24h sur 24 les installations nucléaires civiles et militaires rejettent dans l'atmosphère et dans les eaux de la radioactivité qui porte atteinte à la santé des populations et des territoires, aux activités de la région. Qu'entend faire votre parti pour mettre un terme immédiatement à ce crime sanitaire?" Le Conseiller général et Président socialiste de la Commission Locale d'Information (CLI) nucléaire botte en touche, et se lance dans des digressions diverses et variées, sans répondre à aucun moment à la question posée. L'art consommé du politicien qui creuse un peu plus le gouffre entre les citoyens et les élus.

Dans un communiqué, les antinucléaires d'Ardèche ont déclaré : "Aux attaques des militants socialistes nous reprochant cette action, nous répondons que depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, jamais le député socialiste Terrasse n'a daigné répondre aux questions posées sur son blog par des citoyens soucieux à juste titre de la sécurité des centrales et sites nucléaires. Représentatif du dédain des élus - intégrés et gérant le système- à l'égard des citoyens, les élus UMP et socialistes n’ont même pas accordé un regard aux doléances de leurs concitoyens présents dans leur département... Le député en place croit-il que les ardéchois vont aller voter pour un personnage plein de morgue qui a la même attitude que son soi-disant ennemi politique ? ... Il y a là un déni de démocratie dont les élus porteront la lourde responsabilité s'il y a accident nucléaire grave."

Plusieurs citoyens antinucléaires du Collectif antinucléaire de Vaucluse/CAN84 étaient venus épauler leurs ami-e-s d'Ardèche.