"Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent,..." chantait le poète Jean Ferrat en hommage aux victimes et contre l'oubli du crime nazi. Aujourd'hui c'est contre le crime nucléaire que se sont dressé-e-s dans la vallée du Rhône des centaines et des milliers d'habitant-e-s et de citoyen-ne-s et bien d'autres encore dans toute la France, en Europe et dans le monde entier. "Ne laissons pas une seule minute de répit à ces obsédés fanatiques de la destruction atomique" clamait la pancarte d'un manifestant, tandis qu'un peu plus loin d'autres distribuent un tract listant les méfaits du nucléaire au quotidien sur la santé : cancers de la thyroÏdes et leucémies, malformations foetales, atteintes neuronales et cardiaques,..

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Une immense banderole de plus de 30 mètres de long proclame devant une succession d'établissements bancaires : "Arrêt immédiat du nucléaire" tandis que d'autres militants du Collectif antinucléaire de Vaucluse grimpent sur le pont sncf pour y déployer une autre banderole précisant l'urgence de l'arrêt du nucléaire en France et l'impératif de son inconditionnalité.

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Barouf sonore du Collectif des Irradiés à 15h36 tapante par une onde magnifique de tambours qui a couvert sans difficulté le discours de ceux qui prônent une sortie de ce calvaire génocidaire en 20 ans. " Je suis très fière de notre 1ère action internationale des Irradiés en Provence, et je tiens à remercier tous les participants et en particulier mes camarades du CAN84 pour leur soutien. J'espère que cette onde va porter notre espoir et que l'univers nous apportera son aide pour obtenir dans les plus brefs délais l'arrêt immédiat, définitif et inconditionnel de cette saloperie pas du tout naturelle." a déclaré leur porte-parole Wola Kota, mère d'un garçon d'une dizaine d'années. Poursuivant quelques instants plus tard: "J'ai hâte que notre Onde des Tambours résonne si régulièrement partout dans le monde que l'on ne puisse jamais l'oublier car ce sera toujours le nucléaire ou la vie et que le prix à payer pour un arrêt immédiat sera toujours moins cher que celui d'un accident majeur."

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Gilio, du CAN84, avec son accent chantant italien, met un peu plus tard en garde " ceux et celles qui se cramponnent désespérément au nucléaire comme à un vestige du passé alors que la mort rode et étend ses bras sur les enfants et les générations futures ". D'autant que, comme le rappelle Jean, le russo-provençal, : "c'est au quotidien que la catastrophe à lieu en France et notamment en Provence la région la plus nucléarisée d'Europe". Et Victor, le catalan, de préciser "comment admettre que des dizaines de milliers d'euros - près de 120 000 euros -soient investis par une organisation discréditée dans une opération visant à accompagner le crime (ndlr : le réseau sortir du nucléaire) alors que sur le terrain, dans les villes et villages, les citoyens manquent de moyens pour lutter contre le lobby nucléaire dont les moyens financiers et de propagande frôlent le délire, sont une véritable dictature et une atteinte à la démocratie."

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Dans la foule en marche comme chez les intervenant-es au micro, la majorité manifeste son refus d'être récupéré par les tenants d'un maintien du nucléaire pour 20 ans ou plus, masqué sous le vocable de "sortie", et rejettent la volonté de certain-e-s qui tentent  de rendre dépendant l'arrêt immédiat du nucléaire de la transition plan-plan énergétique. Claire, la Velleronnaise du CAN84, précise : "la monstruosité de la radioactivité déversée au quotidien par les installations nucléaires se suffit amplement et sinistrement à elle-même sans qu'on veuille rendre dépendant l'arrêt du crime d'une quelconque autre condition".

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Côte à côte des artistes, dont les chanteurs et musiciens japonaise Y.Fukushima et Guigou, des travailleurs du bâtiment et des professeurs-se-s, des malades de la thyroïde et des retraité-e-s, des jeunes étudiant-es et des mères au foyer, des infirmiers et des paysans scandent "société nucléaire, société militaire" et défilent pour la vie... en une immense vague de solidarité internationale par delà les frontières.

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Les antinucléaires, à l'invitation du CAN84, brisent les consignes bien sages de rester sur les trottoirs et de ne surtout pas gêner la vie quotidienne des gens (imposées au RSN par les forces de l'ordre et accepté par ce groupement). Ils occupent la chaussée avec leurs banderoles "Arrêt immédiat du nucléaire" et filtrent les automobiles en remettant aux conducteurs un tract et en engageant la discussion avec les passants. Les gendarmes interviennent et tentent d'imposer leur volonté. Les militants antinucléaires résistent et emportent le rapport de force, ils maintiennent le barrage filtrant, tandis que les organisateurs du RSN déclarent aux forces de l'ordre : " ils ne sont pas avec nous, nous n'avons rien a voir avec eux, nous, nous restons sur les trottoirs comme demandé". Lamentable attitude dénonçant au pouvoir des citoyens en lutte, et se faisant les auxiliaires de l'état policier!

Il s'appellent Jean-Pierre, Sylvie, Isabelle, Annette, Benoit, Florence, Franc, Claire, Christine, Gilbert, Roger, Fred, Eric, Sylvain, Catherine, Sophie, Marc, Alain,... certains prient Jésus, Jéhova ou Visnou / d'autres ne prient pas mais qu'importe le ciel / ils veulent simplement ne plus vivre à genoux.

Au Japon aussi

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche dans la préfecture de Fukushima (nord-est du Japon) pour réclamer l'abandon de l'énergie nucléaire, au moment où l'archipel marquait le premier anniversaire du tsunami à l'origine de la plus grave catastrophe nucléaire dans le monde depuis 25 ans.

2012-03-11_manifestation-Fukushima.pngDes cérémonies du souvenir ont côtoyé des manifestations antinucléaires un peu partout dans cette province, où on estime à 160 000 le nombre de personnes ayant de gré ou de force fui leur habitation après le très grave accident survenu à la centrale Fukushima Daiichi. Environ 16 000 participants, dont des résidents locaux, des réfugiés, des militants, ainsi que des enfants et des étrangers, se sont rassemblés dans un stade de base-ball de Koriyama, ville située à une soixantaine de kilomètres du complexe atomique.

Les manifestants ont appelé à l'abandon de l'énergie nucléaire et réclamé l'indemnisation totale des victimes par l'opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power (Tepco). "Notre ville est devenue un autre Tchernobyl", a crié dans un mégaphone Masami Yoshizawa, qui dirigeait une ferme d'élevage à Namie, à 10 kilomètres seulement de la centrale.

Un groupe de moines vêtus de robes brunes et blanches psalmodiaient des soutras bouddhistes au côté de militants brandissant des pancartes sur lesquelles était écrit: "Nous n'oublierons jamais le Grand séisme du 11 mars. Nous ne pardonnerons jamais l'accident nucléaire." "Fukushima est un peu plus oublié chaque jour", a regretté Yumiko Ono, une graphiste de 34 ans venue de Tokyo. "Si nous n'élevons pas nos voix en ce moment, un autre accident pourrait se produire. Nous voulons dire au monde que la crise et les difficultés se poursuivent toujours," a-t-elle ajouté.

2012-03-11_Kooriyama-city.jpgLe stade de baseball de Kooriyama-city , à une quarantaine de kilomètres de Fukushima-city, débordait ce dimanche 11 mars 2012. Des hommes et des femmes représentatifs de la jeunesse japonaise, des adultes et des personnes âgées, venus des territoires contaminés et de tout le pays. Parmi eux, un chauffeur de bus d'une préfecture voisine de celle de Fukushima. "A Tochigi, après la catastrophe, nous n'avons plus pu manger de viande de bœuf, raconte-t-il. Des mesures ont révélé qu'elle était contaminée, sans doute par ce que les bêtes avaient brouté dans des champs touchés par les retombées de la centrale Fukushima Daiichi située à plus de 200 kilomètres de là".

Face aux 16.000 participants, la beauté de la région de Tohoku défile sur un écran géant : les rizières, le ski dans les montagnes, les promenades en forêts, les cerisiers en fleurs,... A la tribune, des chanteurs évoquent le danger invisible d'"houshano", la radioactivité, très difficile à combattre. Mais aussi l'incertitude sur l'avenir, les maisons vides, le temps révolu où il était possible de rentrer à la maison... "Les gradins sont décontaminés, mais pas la route sur laquelle vous allez défiler !", prévient l'animatrice. Curieux, des hommes sortent leurs radiamètres sur la pelouse en bordure du stade : 2,37 µSv/h au sol, 1,2 à un mètre... Un niveau à comparer aux 0,04  µSv/h mesurés avant la catastrophe chez un agriculteur vivant sur la commune de Fukushima-city... "Ce n'est pas une catastrophe naturelle, mais celle de la civilisation par laquelle nous sommes tous connectés !", rappelle-t-on en tribune. La célèbre Tokiko Kato acclame Le Temps des Cerises, suivie du Prix Nobel de littérature Kenzaburô Oé. Après avoir rappelé le "mythe de la sûreté nucléaire" dans lequel le Japon est entré simultanément au boom économique des années 80, il invite le public à faire de son rêve une réalité : "Un jour, dans les écoles, il sera annoncé aux enfants : le Japon arrête le nucléaire".

Un agriculteur - biologique de surcroit - vient témoigner de sa grande inquiétude : "Ces terres retiennent plus le césium que les autres, tout est contaminé, nous ne pouvons plus continuer à produire". La majeur partie de la production nationale du fameux champignon Shiitaké est menacée par le bois nécessaire à sa croissance provenant de forêts maintenant contaminées. "La foresterie, l'agriculture et la pêcherie sont le fruit du travail de nos parents. Pour nos enfants, nous devons continuer jusqu'à ce que la radioactivité arrive à zéro ; et cesser de séparer agriculteurs et consommateurs", s'exclame-t-il.Tous se lèvent alors, pour une minute de silence.

Puis, les témoignages reprennent. La femme d'un pêcheur de Soma-city rappelle qu'en septembre dernier, malgré les ravages du tsunami, ils étaient prêts à reprendre leur activité. Mais ils n'ont pas pu, à cause d'houshano. En pleurs, elle demande qu'"ils nettoient l'océan pour revoir sur le marché les délicieux poissons de la côte de Fukushima". Un agriculteur d'Iwate parle de sa vie misérable depuis qu'il a perdu sa terre, et de ces nouveaux arrivants à Futaba-city qui ne parlent plus que décontamination, sans écouter les demandes des populations qui vivaient là....

Reportage photo : Chris et WolaKota

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Soutien à la lutte antinucléaire pour aider le CAN84 à publier des tracts et affichettes, des notes d'informations, organiser des actions contre le lobby, réaliser des banderoles, interpeller les élus et les exploitants nucléaires,...).

Vous pouvez vous procurer ces supports directement auprès des membres du CAN84 ou bien par courrier (paiement par chèque) adressé à : Collectif antinucléaire 84  / CAN84 - 180 Chemin de la Parisienne 84740  Velleron - France

dons libres : ici


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Vous procurer la brochure "Faits et Arguments pour l'arrêt immédiat du nucléaire" (3 exemplaires : 15€)


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Vous procurer des badges auto-collants  "Arrêt immédiat du nucléaire" (10 exemplaires : 10€):


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