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Un diaporama très documenté va servir d'introduction à la rencontre : informations sur l'origine de l'uranium et ses descendants radioactifs, les origines militaires de l'exploitation du minerai puis le lancement de l'industrie nucléaire civile, les effets terribles de la radioactivité et les dégâts sur la santé, la nécessité pour les populations de se réapproprier son pouvoir d'intervention afin de contrer les actions criminelles des tenants de la destruction atomique.

L'origine de l'uranium qui rend l'eau de ce forage impropre a tout usage est au centre des débats. D'origine naturelle ou pas les questions sont toujours sans réponses. La proximité des installations nucléaires d'avec le village de Pernes-les-Fontaines et d'une manière générale le département de Vaucluse ne peut évacuer une origine artificielle de la présence d'uranium dans le forage de la chevrière et la contamination possible de l'air, de l'eau et de la terre comme la présence de tritium dans les végétaux.

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L'insuffisance de l'étude conduite sous l'autorité de l'Agence Régionale de Santé et les a-prioris non-scientifique visant à disculper l'industrie nucléaire, toute comme le faible champs de recherches des analyses évacuant les "descendants" de l'uranium tel le gaz radioactif Radon ont illustré l'omerta qui règne sur tout ce qui touche au nucléaire. Les échanges entre le public et les intervenants tel le Dr Bernard Senet (médecin à Velleron et membre du Collectif des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire), Claire Knuffer (Infirmière et chargée de la veille sanitaire au sein du CAN84) ou bien Jean Revest (un des portes-parole du CAN84) ont favorisé en contre-point le partage de connaissances.

Le Dr Senet explique et commente les risques pour la santé tout en soulignant l'immense difficulté à mettre en oeuvre une étude épidémiologique conséquente et réelle sur la recrudescence des cancers (lymphomes, etc ..) dans tout le département et au-delà dans toute la France du fait notamment des blocages des administrations en charge de la santé publique et du refus de prise en charge par le Conseil Général de Vaucluse du financement minima d'une équipe légère de médecins bénévoles qui se propose depuis plusieurs années de réaliser une telle étude.

Cette attitude est à mettre en parallèle au refus du maire de Pernes de répondre positivement à la demande du CAN84 qu'une étude plus approfondie et que des analyses complémentaires sur la présence de radionucléides dans l'eau de Pernes soient effectuées. Les personnes présentes ont donc souligné la nécessité de maintenir la pression pour que ces analyses et la mesure de l' étendue de la contamination soient réalisées. Une action en direction des élus est donc envisagée dans les semaines à venir d'autant que plusieurs personnes se proposent comme volontaires pour faire analyser l'eau de leur propre forage privé.

Car les hypothèses sur l'origine de la contamination par l'uranium sont multiples : un forage de prospection pétrolière conduit dans le secteur dans le courant des années 60 (cette hypothèse parait peu probable car l'exploration était située en aval du forage contaminé), des rejets du site nucléaire du plateau d'Albion situé en amont du forage contaminé qui, au vu des études hydrogéologiques, est relié à la zone incriminée, des  décharges plus ou moins sauvages dans le secteur de la carrière proche ou bien un site de récupérations de métaux qui aurait pu recueillir des matériaux en provenance du démantèlement du site nucléaire militaire d'Albion, sans omettre évidemment les retombées quotidiennes des activités de sites nucléaires du Tricastin, de Marcoule et de Cadarche,...

A l'issue de cette rencontre-débat le CAN 84 a invité les Pernois et Pernoises à s'organiser pour réitérer la demande d'analyse et étude complémentaire, en se proposant de coordonner les actions des habitants sans pour autant ce substituer à eux.

C.K

contact : collectifantinucleaire84@hotmail.fr

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bientôt en ligne : le reportage sonore de cette réunion-débat sur www.netoyens.info