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Au terme de quatre ans d’investigations des juges du pôle santé publique du parquet de Marseille, deux scientifiques sont renvoyés en correctionnelle pour une filière d’import-export de sources radioactives de Carbone 14 en provenance de Russie entre 2004 et 2007. Les  destinataires?  des firmes pharmaceutiques américaines (American Radiolabeled Chemicals dans le Missouri et Moravek Biochemicals en Floride), anglaises (Blychem et Selcia au Royaume-Uni), allemandes, suisses et françaises (L’hôpital Saint-Louis a acheté pour 37 000 euros de C14. Le laboratoire Avogadro de Fontenilles en Haute-Garonne a passé commande de Tritium... mais le colis est resté bloqué sur l’aéroport de Toulouse-Blagnac). Ca fait froid dans le dos!

Des radioéléments comme le carbone 14 (diminution de moitié de radioactivité en 5730 ans) ou le tritium sont dangereux, non par voie d'irradiation, mais par ingestion ou par inhalation, que ce soit de façon directe par pénétration cutanée, ou bien par le biais de la chaîne alimentaire.

C'est début 2007, que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dénonçait au parquet une publicité en anglais interceptée sur le site de la société "Innovation Chimie Fine" (ICF) : Vente d’isotopes radioactifs à « good prices » avec frais de port offerts pour toute commande supérieure à 5 curies !

Plusieurs chefs d'inculpation leur sont reprochés, et non des moindres : exercice d’activité nucléaire sans autorisation (!!) , publicité sur les radioéléments artificiels, abandon de déchets  dangereux, mise en danger de la vie d’autrui. Ont leur reproche aussi d'avoir contaminé un labo de la faculté des sciences de Saint-Jérôme où ils dissimulaient leurs activités.  Eh oui, s'il avaient eu une autorisation ils auraient pu continuer! on appelle cela l'industrie nucléaire!

Des soutiens inattendus...

Vivant à Manosque, non loin du CEA de Cadarache,  l'ingénieur avait déjà été condamné en 2006 par la cour d’appel d’Aix-en-Provence à un an de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende pour avoir abandonné des matières radioactives dans une villa de Ganagobie où sa société Isotopchim se livrait au marquage périlleux d’isotopes radioactifs. Près de 3 millions d'Euros ont été provisionné pour la dépollution/décontamination du site.

2012-02-16_Isotopchim_Ganagobie_depollution.jpgChose moins connue, sa société avait des soutiens officiels depuis 1986 ( http://www.dissident-media.org/infonucleaire/isotopchim.html ). A Oraison, comme à Ganagobie semble-t-il, c'est aux frais du contribuable que la commune construisait l'atelier-relais destiné à Isotopchim. Malgré une opposition quasi unanime de la population et notamment des antinucléaires. Déjà ils craignaient " un détournement de matière radioactives" mais lors de l'enquête publique devenue obligatoire, l'implantation reçue le soutien du commissaire-enquêteur.  A Peyruis, où elle envisageait une installation en zone artisanale qui, selon le maire, serait destinée au conditionnement et à l'expédition de ses fabrications, le Conseil Général a accordé une subvention de 875 000 Frs (plus de 100 000€uros actuels) pour ce bâtiment.

On a pu remarquer par ailleurs une curieuse "publicité" d'Isotopchim dans "Agoralpes", publication sur papier glacé consacrée à l'environnement bas-alpin par la préfecture de Digne en 1992: publicité sans la moindre information et sans clientèle, donc commercialement inutile... Devant ce mécénat désintéressé, chacun aura compris combien "Isotopchim" doit être bénéfique pour notre environnement.

Et pour qui douterait du souci de l'environnement qui guide les dirigeants de la société, il suffirait de se reporter à leur prose officielle: "Nous ne sommes pas en mesure d'apporter des réponses aux angoisses et aux affirmations gratuites qui reposent sur un amalgame mal digéré des conséquences des bombes atomiques, des essais nucléaires dans l'atmosphère ainsi que des conséquences tragiques de l'accident de Tchernobyl."

« Si j’étais coupable, je regretterais. Mais y a pas grand chose qui tient. Ganagobie, ça n’a rien à voir. Bon, on a fait deux trois petites erreurs. On n’a pas rangé le laboratoire comme il fallait... Ah si je savais d’où les traces de C14 viennent ! », a déclaré M. Frideling, joint par téléphone.

Quoi que puissent en penser certains, l'univers de l'atome et du nucléaire, est loin d'être un monde de bisounours.

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source connexe : http://www.dissident-media.org/infonucleaire/isotopchim.html
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