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Plusieurs fois interpellés par courriers et courriels, aucun-e des élu-es départementaux, à une rare exception près de dernière heure, ni aucun-e maire de Vaucluse n’a daigné répondre aux multiples interpellations citoyennes effectuées depuis plus de 2 ans par le Collectif antinucléaire 84.

Trop c'est trop. Déjouant les possibles barrages de sécurité, les antinucléaires ont investit l'hémicycle départemental et, dès l'ouverture de la séance par le Président socialiste Claude Haut, ont pris la parole pour fustiger le silence assourdissant des élus. Silence qui devient complice des criminels de la destruction atomique, des cancers multiples, leucémies, atteintes neuronales et cardiaques, déstructuration de l’ADN, imposés à la population.

Les antinucléaires ont alors déployés une banderole "Nucléaire = cancers"  derrière le bureau de la Présidence ou trônait également le maire socialiste du village de LaPalud , village proche de la centrale nucléaire du Tricastin. Pendant ce temps-là d'autres militants installés au balcon brandissaient les photos des victimes des catastrophes nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima. Plusieurs affichettes stigmatisaient aussi les contaminations du Rhône et des zones agricoles du département.

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Refusant d'en entendre plus et même simplement d'entendre quoi que ce soit, les Conseillers et Conseillères du Département, n'écoutant que leur "courage" ont ... fuit la salle pour se ruer comme un seul homme... à la cafétaria. Confondant victime et criminel, ils s'étaient convaincus certainement d'avoir vu le Diable. Poursuivit sans violence par les antinucléaires, quelques élus ont du accepter, non sans mal, d'entendre s'exprimer un autre son de cloche que celui du lobby nucléaire et la cruelle réalité des effets de la destruction atomique sur le vivant.

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La grande majorité des élus semblait tomber des nues en recueillant les informations du Collectif antinucléaire de Vaucluse, découvrir ce qu'est réellement le nucléaire, n'avoir jamais envisagé de s'informer sur le principe de la destruction atomique civile et militaire, ou même tout simplement comment fonctionnait une centrale nucléaire ou bien d'où venait le minerai d'uranium. Une ignorance et un manque d'intérêt affligeant et révélant la nécessité et l'urgence que les habitants et les travailleurs se réapproprient leur présent et leur avenir.

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Au terme de leur occupation, le Conseiller Général communiste André Castelli acceptait de fixer un rendez-vous la semaine suivante, le Conseiller Général UMP Jean-Baptiste Blanc se disait prêt à en faire de même tandis que le Directeur-Adjoint du cabinet du Président socialiste s'engageait à transmettre la demande de rendez-vous. Chaque Conseiller Général s'est vu remettre un dossier d'information " Nucléaire = Urgence sanitaire".

Sans se faire trop d'illusion sur la volonté réelle d"élu-e-s départementaux restés sourds aux multiples courriers qui leur ont été adressés par le passé, les militants antinucléaires ont mis un terme à leur action en décidant de rester plus que vigilants vis à vis des engagements pris, bien décidés à maintenir la pression populaire sur des élus bien trop proches des intérêts du lobby nucléaire et trop soucieux de ne pas déplaire à l'idéologie dominante au sein des "élites". Mais les lignes bougent, alors tout espoir n'est peut-être pas perdu et, qui sait, peut-être en viendront-ils à prendre en compte le projet de délibération proposé par le CAN84 (voir ci-dessous)...

Photo : Chris et WolaKota

La Presse en Parle :

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La Marseillaise  2012-01-20_Conseil-General-Vaucluse_Occupation_Presse_LaMarseillaise-01.jpg La Marseillaise 2012-01-20_Conseil-General-Vaucluse_Occupation_Presse_LaMarseillaise-02.jpg 

La Provence 2012-01-20_Conseil-General-Vaucluse_Occupation_Presse_LaProvence-01.jpg  2012-01-20_Conseil-General-Vaucluse_Occupation_Presse_LaProvence-02.jpg    

Le Dauphiné-VaucluseMatin 2012-01-20_Conseil-General-Vaucluse_Occupation_Presse_LeDauphine-01.jpg    

FranceBleu-Vaucluse audio  mast_logo_RF_1_.jpg  internet 2012-01-20_Conseil-General-Vaucluse_Occupation_France-Bleu-Vaucluse.jpg      Le Ravi  logo-LeRavi.jpg

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La déclaration du CAN84 lors de l'occupation du Conseil Général

Désolé-e-s de troubler le déroulement des travaux de votre Assemblée. Mais si la vie réelle, concrète fait irruption dans cette enceinte c’est que la mort rôde à l’extérieur.

Nous sommes des habitant-e-s et salarié-e-s, citoyen-e-s de Vaucluse, regroupé-e-s dans le Collectif antinucléaire de Vaucluse.

Nous sommes porteurs et porteuses d’une pétition signée par plus de 7500 vauclusien-e-s et nous vous disons : assez !

Il est grand temps qu’en tant qu’élus vous vous préoccupiez enfin de la santé publique et de la mise en danger de la population et des territoires par les installations nucléaires du triangle de la mort (Tricastin, Marcoule, Cadarache). Notre Provence est la région la plus nucléarisée de France, vous ne pouvez continuer à l’ignorer.

Nous vous avons interpellés à plusieurs reprises par courriers et courriels depuis plus de 2 ans. Pourtant aucun-e des élu-es de ce département, de cette assemblée, à une rare exception près de dernière heure, ni aucun-e maire de Vaucluse n’a daigné répondre à nos multiples interpellations.

Pourtant, vous ne pouvez ignorer que plus de 250 accidents nucléaires de tous ordres se sont produit en 2010 sur les installations nucléaires de la
vallée Rhône/Durance. Plus de 1000 incidents nucléaires ont été recensés par l’ASN sur le territoire français. Ces accidents à répétitions portent atteinte à la vie et à la santé de la population et des salariés.

Ainsi rien que dans la dernière période nous avons subit :

- la contamination de l’eau du robinet de plusieurs localités du département par du tritium radioactif, suite aux rejets accidentel de 70kg de radiocontaminant dans les rivières de La Gaffière et de l’Auzon par le site nucléaire du Tricastin durant l’été 2008,

- nous avons subit : l’explosion du four de déchets nucléaires de la Centraco à Marcoule il y a quelques mois, à l’automne 2011. Accident
nucléaire qui a fait un mort, un blessé grave toujours entre la vie et la mort, de nombreux traumatisés et qui a répandu un nuage radioactif
sur le Vaucluse, le Gard et l’Hérault (révélé par des mesures indépendantes du CAN84)

- nous subissons aussi : les rejets quotidiens, depuis des dizaines d’années, de radiocontaminants dans l’atmosphère et dans les rivières,

- en 2003 il a été découvert du plutonium dans le Rhône et ce jusqu’en Camargue et ses rizières. Le plutonium étant un radioélément uniquement artificiel et dont la durée de contamination se compte en dizaine de milliers d'années.

Le nucléaire porte atteinte à la chaîne alimentaire, à toutes les activités humaines, à tous les projets individuels et collectifs, aux bien et aux
personnes. Cancers multiples, leucémies, atteintes neuronales et cardiaques, déstructuration de l’ADN, femmes enceintes ayant des foetus malformés se multiplient dans notre département. Le Centre Hospitalier d’Avignon, pour ne citer que lui, enregistre depuis 3 ans une recrudescence de cas de leucémie, de victimes du nucléaire.

L’étude épidémiologique que l’INSERM – organisme officiel peu suspect d’antinucléarisme - a publié la semaine passée montre que les victimes
non-salariées des installations nucléaires sont 2,2 fois plus nombreuses que prévues dans un rayon de 5km autour des centrales nucléaires, notamment les jeunes enfants atteint de leucémie. Cette études sanitaire confirme celles révélées en Allemagne et en Suisse ces dernières années.

Aujourd’hui,

Alors que la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon se poursuit, relâchant jour et nuit de la radioactivité dans l’air et l’eau depuis 10 mois,
Alors que cette catastrophe nipone fait dramatiquement suite à la catastrophe russe de Tchernobyl de 1986 en Ukraine qui a fait, à ce jour selon l’Académie des Sciences de New-York 1 millions de victimes,

Alors que cette catastrophe russe fait suite elle-même à la catastrophe états-unienne de Three Miles Island 10ans plus tôt : l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et l’Institut de Radioprotection et de Sécurité Nucléaire (IRSN) affirment qu’un accident nucléaire ne peut plus être exclu en France.

Le récent rapport « Evaluations Complémentaires de Sûreté » de l’ASN met en lumière l’état de délabrement des installations du Tricastin, la dangerosité de celles de Marcoule et de Cadarache, de Cruas aucune de ses installations nucléaires situées sur des failles sismiques n’est
en état de résister à un séisme ou à une inondation, aucun Plan de Secours ne peut prévenir du drame.

Nous sommes porteurs et porteuses d’une pétition signée par plus de 7500 vauclusien-e-s qui entendent que les Conseiller-e-s Généraux :

- cessent de se soumettre au diktat du lobby nucléaire, et de se rendre complices du dogmatisme scientiste de la destruction atomique,

- brisent cette insupportable loi du silence, cette Omerta digne d’un groupe criminel organisé,

- assument leurs responsabilités en matière de protection de la santé publique et de la Provence, de sécurité sanitaire,

Nous vous demandons de :

- faire procéder à des analyses systématiques de radioactivité dans toutes les villes et villages du département , cela ne coûte pas plus cher que quelques réceptions officielles et coupages de rubans,

- nous vous demandons de vous prononcez par une résolution pour la mise à l’arrêt immédiat des installations nucléaires de la vallée Rhône-
Durance : les sites de Tricastin, Marcoule, Cadarache, Cruas,

- nous vous demandons de vous prononcez, pour des raisons de santé publique et en application des lois sur l’environnement, pour l’arrêt
immédiat définitif et inconditionnel du nucléaire, pas dans 10 ans, pas dans 20 ans, pas dans 30 ans.

Il n’est plus temps de tergiverser. Cessez d’être complice du crime nucléaire. Chacun, chacune de vous est collectivement et individuellement
responsable. Nous ne quitterrons cette salle qu’après une réponse, un engagement concret de votre part.

Contact : Collectif antinucléaire de Vaucluse / CAN84
S/c MAS, 50bis rue Guillaume Puy 84000 Avignon / 06 60 76 04 03 / collectifantinucleaire84@hotmail.fr
www.coordination-antinucleaire-sudest.org

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Le projet de délibération soumis au Conseiller-e-s Généraux de Vaucluse

Délibération pour l’Arrêt immédiat des installations et sites nucléaires de Provence, dans un rayon de 20km minimum, et partout en France

- Vu les centaines de milliers de morts provoquées par les accidents nucléaires majeurs américain, russe et japonais,

- Vu que depuis les accidents de Three Mile Island (USA 1976), de Tchernobyl (Ukraine 1986) et de Fukushima (Japon 2011), plus personne ne nie la probabilité d’un accident nucléaire majeur en France,

- Vu la densité du parc nucléaire français, qui fait qu’un accident atomique est inéluctable en France comme l’affirme la Direction de l’IRSN et la Présidence de l’Autorité de Sûreté Nucléaire)

- Vu qu’un accident nucléaire majeur toucherait tout le monde, la radioactivité se moquant bien des frontières administratives et politiques,

- Vu les atteintes avérées que le nucléaire fait peser au quotidien sur la santé publique et sur l’environnement (seul garant de la sécurité alimentaire),

- Vu la récente enquête épidémiologique de l’INSERM mettant en évidence une augmentation des leucémie, notamment chez l’enfant, du fait des activités nucléaires en France,

- Vu les contaminations engendrées par les installations nucléaires de la vallée du Rhône et notamment de l’eau du robinet dans plusieurs communes de Vaucluse ainsi que dans les rivières, fleuves et nappes phréatiques,

- Vu que c’est l’avenir de nos enfants et des générations futures qui est menacé et atteint,

- Vu qu’aucune compagnie d’assurance au monde ne veut garantir le risque nucléaire , laissant aux contribuables et aux institutions tel le Conseil Général les coûts de dédommagement,

- Vu que depuis cet été, 90 % des centrales sont arrêtées au Japon sans pour autant que ce pays ne soit “revenu à la bougie”,

- Vu que le problème du traitement des déchets n’est toujours pas résolu, après plus de soixante ans de recherches et de pourra pas l'être pour des milliers d'années,

- Vu que les risques de prolifération de l'arme nucléaire augmentent tous les jours,

- Vu que sur les 58 réacteurs en service en France, 21 ont déjà dépassé 30 ans d’âge et augmente les risques de contamination, d'irradiation et de catastrophe nucléaire,

- Vu que la France est complètement dépendante de l’uranium étranger pour alimenter ses réacteurs et que parler "d’indépendance énergétique" est un mensonge éhonté,

- Vu que le nucléaire ne fournit que 3% de l’énergie finale dans le monde,

- Vu que de nombreux pays ont fait le choix d’abandonner cette énergie mortifère et développent une expertise en démantèlement et en énergie renouvelable,

- Vu le coût pharamineux envisagé par la Commission Nationale pour le démantèlement des centrales françaises (de l’ordre de 750 milliards d’euros),

- Vu le coût pharamineux pour maintenir en état de fonctionnement le parc nucléaire français (plusieurs centaines de milliards d’euros),

- Vu les risques et coût pharamineux (déjà largement en dépassement de budget initial) des projets titanesques et illusoires comme ITER, EPR, Atmea,

- Vu les rejets quotidiens de radiocontaminants des installations nucléaires civiles et militaires du Tricastin, de Marcoule et de Cadarache,

- Vu les rejets quotidiens de Gaz à effet de serre sous forme de vapeur d’eau des installations nucléaires du Tricastin, de Marcoule et de Cadarache qui mettent en danger la planète,

- Vu que notre région est la plus nucléarisée de France et d’Europe,

- Vu que tous les sites nucléaires de la vallée du Rhône/Durance sont situés sur des failles sismiques et menacent la Provence,

- Vu le nombre important d’incidents nucléaires dans les installations nucléaires de France (plus de 1000 en 2010) recensés par l’ASN,

- Vu le nombre important d’incidents nucléaires dans les installations nucléaires de Provence (plus de 250 en 2010 qui ont fait des morts, des blessés, des irradiés) recensés par l’ASN,

- Vu le rapport de l’ASN portant Evaluations Complémentaires de Sûreté en date de décembre 2011 , notamment qu’aucune installation de Provence ne résisterait à un séisme,

- Vu la Constitution Française relatif à l’environnement, le Conseil Général

. se prononce pour l’Arrêt Immédiat du nucléaire,

. demande instamment au ministre de la Santé, au ministre en charge de la consommation, au ministre en charge de la construction, aux députés et sénateurs de notre circonscription et au Président de la République

l'arrêt immédiat du nucléaire, la fermeture des sites nucléaires et la réorientation des investissement dans les énergies renouvelables génératrices d’emplois.

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Cette action du Collectif antinucléaire a coûté quelques euros pour sa préparation et son déroulement (tracts, dossiers, photographies de victimes, banderoles,...) pour un total de 110€. Vous pouvez aider à financer cette action citoyenne de terrain en apportant votre contribution même minime adressée à CAN84, s/c Mas, 50bis rue G.Puy 84000 Avignon ou bien par CB via le lien. Merci.